etudiantsLes étudiants de l’Uni­versité Pé­dagogique Nationale sont sortis lundi de leurs homes et audi­toires, pour protester bruyamment contre l’information - qui va finalement s’avérer comme étant une fausse rumeur- fai­sant état tantôt de sa fermeture imminente, tantôt de son retour à son format original, celui d’institut Pé­dagogique National, avec comme consé­quence la suppres­sion de toutes les filières nouvelles qui y sont organisées. Cette manifestation estudiantine ayant débordé, la police a été poussée d’intervenir avec des balles tirées en l’air pour calmer les esprits et rétablir l’or­dre.

Vérification faite, le Phare a appris que l’origine de la colère de la communauté estu­diantine de l’UPN était à chercher dans une liste présentement en circula­tion ici comme dans plusieurs établissements de l’enseignement supérieur de Kinshasa et de l’ar­rière-pays. Ce document que l’on attribue au Ca­binet du ministre de l’En­seignement Supérieur et Universitaire, porte une signature qui apparaît comme celle du profes­seur Bibomba Mwamba, que l’on présente comme étant le Directeur de Ca­binet de Léonard Mashako Mamba.

Et, pourtant, le pré­cité, qui fut effectivement Directeur de Cabinet au ministère précité, avait quitté ses fonctions il y a longtemps. Par consé­quent, il ne pouvait pas si­gner une liste comportant des instituts supérieurs et universités frappés de fermeture à la suite d’une décision ministérielle. Manifestement, l’on a affaire à un « faux » grossier. Mais, dans quel objectif se permet-on d’intoxiquer les milieux estudiantins et particulièrement ceux de l’UPN pour le cas d’es­pèce ?

La grande artillerie des ennemis de l’assainis­sement

L’on sait avec certi­tude une chose : la vague d’assainissement du sec­teur de l’enseignement supérieur et universitaire déclenchée par le minis­tre Mashako Mamba crée beaucoup de mécontents, surtout dans la sphère des autorités académiques et promoteurs qui ont trans­formé les étudiants en fonds de commerce. Sa campagne, que d’aucuns saluent comme celle de « salubrité publique », est systématiquement tor­pillée par ceux qui veulent voir persister des instituts supérieurs et universités « ligablos », pour des rai­sons liées davantage aux sollicitations de leurs tu­bes digestifs qu’aux exi­gences d’une formation élitiste de qualité.

Conscients de ne pouvoir décourager l’homme par des moyens légaux, les ennemis du progrès de l’universitaire congolais ont choisi de déclencher la grande artillerie de l’intoxication. On se souvient qu’il y a deux semaines, ils ont failli mettre à feu et à sang les instituts Supérieurs Pédagogiques de Kananga et de Bukavu, ainsi que l’Université de Lubum­bashi, en imputant au ministre Mashako Mamba une fausse grille de taux de minerval réajustés à la hausse, soit de 250 dollars américains à 400 dollars USD l’an, alors que dans les directives qu’il venait de communi­quer à toutes les autorités académiques de son secteur, il était clairement dit que ces taux étaient de 80 dollars Usd pour les classes montantes et de 100 dollars pour celles de recrutement.

 Le ministre de l’ESU y apportait aussi une précision de taille les taux de 80 et 100 dol­lars fixés depuis l’année académique 2005-2006 n’ont jamais subi la moin­dre modification jusqu’à ce jour. Dieu merci, la vé­rité a rapidement éclaté, épargnant au pays une « rébellion » estudiantine aux conséquences diffici­les à imaginer. Hélas, ce « coup monté et manqué » ne  semble pas avoir entamé la hargne des fossoyeurs de l’ESU, vi­siblement décidés à nuire à une « institution » à la recherche de ses lettres de noblesse.

Le cabinet Mashako dans l’étonnement

Au cabinet du mi­nistre de l’Enseignement Supérieur et Universi­taire, sur l’avenue Haut Commandement (ex­-Prince de Liège), dans la commune de la Gombe, l’on était étonné d’ap­prendre que tout le tohubohu enregistré lundi à l’UPN était causé par un document signé par un prétendu proche colla­borateur de Mashako. Tout ce que l’on recon­naît, à ce niveau, est que la question de la fermeture des instituts supérieurs et universités ne répondant pas aux normes avait été abordée en son temps au Conseil des ministres. Mais le dossier n’est pas encore clos.

A ce jour, le gou­vernement n’a ni adopté, ni publié une liste définitive de « grandes écoles » à fermer. On sait toutefois qu’un travail préliminaire a été fait sur le terrain. Du point de vue des experts, il existe effectivement des instituts supérieurs et uni­versités qui ne répondent pas aux critères de viabi­lité et qui, en toute logi­que, devraient débarras­ser le palier, après bien entendu la prise des me­sures d’encadrement de leurs étudiants, person­nels académiques, scien­tifiques et administratifs.

Il y a aussi, dans le lot, des instituts supé­rieurs et universités dits « intermédiaires », c’est-à-­dire ceux répondant partiellement aux normes et auxquels a été accordé un moratoire d’une année pour remplir les condi­tions exigées.

Mais, il est précisé que toute option à lever en la matière doit recevoir le quitus du Conseil des ministres. Or, à ce jour, rien n’a été décidé dans un sens ou dans un autre. D’ou, au cabinet de Léonard Mashako, on veut savoir qui cherche à allumer l’incendie dans la « maison ESU » et pour­quoi.

Calme revenu après l’agitation à l’UPN

Le calme est revenu mardi à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) après l’intervention de la police qui a encadré les étudiants descendus dans la rue pour protester contre la décision du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, de supprimer certaines facultés qui existent depuis déjà cinq ans, selon certains professeurs contactés par l’ACP.

Il s’agit notamment des facultés d’Agronomie, de médecine vétérinaire, des sciences politiques, administratives et sociales ainsi que des départements de    l’Information     et Communication et des sciences de la santé.

Pour manifester leur colère, les étudiants ont brûlé des pneus et bloqué la circulation sur la route de Matadi empêchant de nombreux usagers de cette route de se rendre à leur lieu de travail.

En réaction à cette manifestation estudiantine, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, le Pr. Mashako Mamba, a indiqué qu’aucun arrêté ministériel donnant la liste des établissements et facultés supprimés approuvée en Conseil des ministres n’est pas encore rendue publique, il a invité les étudiants au calme.

Le Phare/Acp


(DN/Milor/GW/Yes)