Le tenue des élections locales, municipales et urbaines bute au problème de financement obligeant leur report en 2011 où sont prévues également les scrutins générales pour un coût total estimé à ce jour à quelque 400 millions de dollars américains
Le Président de la République a déclaré lors de son dernier discours du 6 décembre 2009 à la nation que l’organisation des élections locales, municipales et urbaines auront lieu en 2011 ; en 2010, avait dit quelques jours plus tôt le président de la Commission électorale indépendante, l’abbé Apollinaire Malu Malu. Une zizanie qui inquiète l’opposition institutionnelle.
Le chef de l’Etat Joseph Kabila l’a dit la semaine dernière devant les parlementaires réunis en congrès dans lequel il a annoncé la tenue de ces élections en 2011, et non en 2010 comme précédemment dit par la CEI.
En réaction à cette inquiétude de l’opposition, l’Alliance de la majorité présidentielle lance quant à elle un appel à l’apaisement. C’est ce qu’on retient des propos de Louis Koyagialo, secrétaire exécutif adjoint de l’AMP qui estime qu’il vaut mieux attendre 2011 pour voir si, oui ou non, le président de la République aura tenu parole.
De son côté, l’abbé Apollinaire Malu Malu annonce qu’il va publier au courant de la semaine le calendrier de ces élections qui font partie du processus électoral de 2006. Les premières évaluations, établies une année plus tôt, avaient chiffré à 131 millions de dollars le financement de ces scrutins. En septembre dernier, le Premier ministre Adolphe Muzito s’était concerté avec la CEI en vue d’établir les priorités devant déboucher sur l’organisation, non seulement de ces élections, mais aussi de celles, générales, de 2011.
Le coût total a été estimé à, au moins 400 millions de dollars américains. Au nombre de priorités arrêtées, le Premier ministre devrait établir le décret d’application de la loi sur les entités décentralisées et planifier également le financement des futures échéances électorales. Un comité technique financier a été mis en place réunissant les experts de la primature, des ministères des Finances et de Budget ainsi que ceux de la CEI.
Le gouvernement s’était engagé pour dégager 31 millions de dollars, et, côté appui extérieur, en dehors de la logistique de la Monuc, 100 millions de dollars étaient attendus des partenaires du pays. Par ailleurs, autre préalable de ces futures élections était la révision du fichier électoral. Les opérations avaient commencé par la ville de Kinshasa, et suivant le programme initial de la CEI, elles devaient se poursuivre dans d’autres provinces, par le Bas-Congo. Mais par la suite, la Commission électorale indépendante a suspendu ces opérations, en attendant que le gouvernement lui fournisse les listes des entités décentralisées. Depuis lors, on en est resté là, et en dehors de Kinshasa où le fichier électoral a été révisé, les autres provinces attendent.
L’Avenir
(DN/Tkm/GW/Yes)