Pendant trois jours, les 400 délégués venant de divers horizons du secteur public, du milieu des affaires et de la société civile vont cogiter pour prévenir la corruption, la combattre et instituer un cadre légal de lutte contre ce fléaux.
Après plusieurs mois d’attente, les travaux du Forum national sur la lutte contre la corruption (FONALC) s’ouvrent ce mercredi 16 décembre 2009 au Palais du peuple dans la commune de Lingwala en vue d’obtenir une compréhension commune de la corruption ; dégager les grandes lignes de la stratégie nationale de lutte contre la corruption faire de l’Intégrité un critère de gestion de la chose publique.
Outre ces trois objectifs globaux, le Forum se propose aussi comme objectifs spécifiques de mobiliser la Société civile, le secteur des affaires, les médias et les secteurs publics dans la lutte contre la corruption ; de mettre à jour et renforcer les mécanismes existants de lutte contre la corruption, de doter le pays des structures efficaces et efficientes de lutte contre la corruption ainsi que d’une Coordination nationale. Placé sous le haut patronage du président de la République, le FONALC se veut une messe d’exorcisme collectif devant débarrasser le peuple congolais des anti-valeurs ayant fait de la RDC l’un des pays les plus corrompus au monde.
Pendant trois jours, soit jusqu’à samedi 19 décembre, les 400 délégués venant des divers horizons : du secteur public, du secteur privé et de la Société civile, notamment les délégués des provinces, députés, sénateurs, ministres, mandataires de l’Etat, chefs d’entreprises, représentants de plate-forme syndicale, chefs des confessions religieuses et hommes des médias, les experts nationaux et internationaux et responsables des agences gouvernementales et non gouvernementales de lutte contre la corruption vont cogiter pour répondre à une triple nécessité, Premièrement de prévenir la corruption en RDC, ensuite combattre ses pratiques et enfin fixer et consolider un cadre légal et institutionnel de pretentaine et de combat contre la corruption et ses pratiques connexes.
Un mal à extirper. « La corruption est aussi une autre forme de criminalité que je combattrai avec la dernière énergie », avait déclaré le chef de l’Etat, le président de la République Joseph Kabila Kabange dans son discours d’investiture, le 6 décembre 2006. Trois ans après cette déclaration de guerre contre la corruption, tous sont unanimes pour reconnaître que comme un cancer, ce fléau a la peau dure et n’est pas prêt à s’extirper du subconscient de bon nombre des Congolais qui en font leur seconde nature. D’où tout l’intérêt du Forum pour offrir l’opportunité de débat sur les bonnes pratiques en matière de lutte contre la corruption; ouvrir un échange d’informations sur la politique, les pratiques et les stratégies appropriées de lutte contre ce fléau.
Il est un secret de Polichinelle que la RDC présente à la face du monde l’image d’un pays malade, gangrène, à tous les échelons de la vie nationale, par la corruption. A travers le FONALC, la RDC entend donc réhabiliter son image. Tout un défi à relever absolument. Il faut souligner que ce Forum, premier du genre organisé en RDC, se tient dans un contexte particulier de l’histoire du pays qui se prépare à fêter son cinquantenaire et au lendemain du lancement de l’opération « tolérance zéro » par le président.
Les participants devront réfléchir sur la mise sur pied des stratégies pouvant amener le pays à extirper la corruption et toutes ses pratiques connexe. Convoqué selon la proposition de la République Sud-africaine, le FONALC est organisé par le gouvernement congolais en partenariat avec les signataires du Protocole d’accord de lutte contre la corruption. Des exposés seront animés par des experts congolais, Sud africaine, de la GTZ (coopération allemande), de la CTB (coopération technique belge), du Madagascar, de Singapour. La cérémonie de clôture interviendra le samedi 19 décembre 2009.
Déo Mulima/La Référence Plus
(TN/TH/GW/Yes)