Selon Bahati, la politisation à outrance de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et l’exclusion de la Société Civile pourraient avoir des effets indésirables et des conséquences imprévisibles et entamer la crédibilité même de cette institution vis-à-vis des partenaires du Pays.
La Société civile est ignorée dans la composition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Le député Bahati Lukwebo, qui l’a dénoncé, lundi, a fait savoir que le Sénat sera saisi pour prendre en compte le souci de la Société civile qui est, en fait, une composante importante en RDC.
« Eglises, mouvements associatifs, syndicats, étudiants et autres en font partie. Nous ne pouvons pas comprendre qu’une telle structure qui a pris part à tout le processus de démocratisation du pays soit écartée de la composition du bureau de la CENI », a indiqué l’ancien questeur de l’Assemblée nationale.
Pour lui, la CENI est une affaire qui concerne tous les congolais. « Nous protestons contre l’exclusion de la Société civile au bureau de la CENI. Pendant qu’on votait le projet de loi portant organisation et fonctionnement de la CENI, d’autres députés étaient en train de discuter en commission mixte sur les matières comme l’adhésion du pays l’OHADA. C’est en ce moment qu’on a procédé à l’adoption de certains articles en plénière. Mais nous sommes déterminés à saisir le Sénat pour qu’il tienne compte des préoccupations de la composante Société civile qui, du reste, fait partie même de la SADC », a souligné le député Modeste Bahati.
Au cours de la séance plénière, le député Tshisumpa a fait une motion pour dénoncer l’absence de la Société civile au sein du bureau de la CENI. « Dans tous les pays du monde, a-t-il dit dans sa motion, la Société civile est toujours associée à tous les processus de démocratisation pour le développement harmonieux de leurs peuples. Car, on ne peut parler de développement sans démocratie. C’est pour cette raison que l’U.E recommande aux pays partenaires de l’ACP d’associer la Société civile à la gestion des projets financés par le Fonds européen au développement. Et cela est une condition sine qua non à l’octroi de l’aide à ces pays. Pour lui, la politisation à outrance de la CENI et l’exclusion de la Société civile pourraient avoir des effets indésirables et des conséquences imprévisibles et entamer la crédibilité même de cette institution vis-à-vis des partenaires du pays.
« Au moment où la RDC assure la présidence tournante de la SADC, dont les standards en matière électorale exigent 7 membres aux bureaux des commissions électorales, la SADC recommande aux Etats membres l’intégration effective et active de la Société civile en leur sein. Il serait aberrant que la SADC puisse ignorer ces résolutions qu’elle est censée garantir et faire respecter. La présence de la Société civile dans les organes de la CENI tant au niveau national, provincial que local sera une garantie de crédibilité pour notre pays vis-à-vis de ses partenaires. C’est pourquoi, je propose que l’article 7 soit reformulé de la manière suivante : la CENI est composée de 7 membres dont 3 désignés par la Majorité, 2 par l’Opposition à l’Assemblée nationale et 2 par la Société civile », a indiqué le député Tshisumpa dans sa motion.
Dorian Kisimba/Forum des As
(HM/Tkm/GW/Yes)