Kinshasa, ville-­province de la République démocratique du Congo, où de milliers des personnes meurent chaque année du paludisme, reste confrontée à cette menace permanente : les moustiques vecteurs de la maladie résistent de plus en plus aux insecticides et profitent du réchauffement climatique.

Or, le paludisme est une des maladies les plus en vue et qui fait l’objet d’études à travers le monde. Un colloque a réuni il y a peu des scientifiques, des responsables politiques et des experts étrangers pour étudier ce phénomène inquiétant.


Les chiffres sont effrayants : selon des statistiques, le pays représente à lui seul plus du quart du million de décès dus à la maladie chaque année en Afrique. Et la moitié de sa population, soit environ 75 millions de personnes, est affectée chaque année au moins une fois. Quant aux enfants de moins de 5 ans, qui sont environ 24 millions, ils font en moyenne quatre crises par an. A cet effet, environ, 97%, de la population est exposée au risque du fait de la pauvreté, de l’ignorance et de structures médicales peu viables.

D’après l’OMS (Organisation mondiale de la santé), le paludisme représente un tiers des hospitalisations et engloutit environ    18% des ressources annuelles d’une famille pour les traitements.

La résistance aux insecticides n’est pas une découverte récente, mais selon des experts, des signes indiquent que le phénomène risque de s’aggraver, en raison notamment du réchauffement climatique.

« Nous sommes préoccupés par le fait que les moustiques porteurs du paludisme deviennent résistants à tous les insecticides approuvés par l’OMS, indique-t-on.

Bref, le moustique s’adapte au changement climatique et à tous les produits chimiques utilisés pour le combattre. En cas de résistance élevée, les gens utilisent alors des pesticides agricoles toxiques, a souligné un chercheur en ce domaine.

Les changements climatiques ont de leur côté brouillé les prévisions : « il y a 25 ans, on pouvait établir des tendances, ce n’est plus possible désormais » affirme un responsable du domaine de la santé. Pour lui, des températures plus élevées, une diminution de la pluviométrie et l’avancée du désert compliquent encore plus la lutte contre le fléau. Ces changements climatiques, concernent aussi bien les moustiques que les êtres humains. Quand il fait trop chaud la nuit à l’intérieur des maisons, les gens dorment dehors. Les moustiques suivent. Face à cette résistance, l’autorité urbaine devrait prendre des mesures pour être certains que les quelques insecticides à la disposition de la communauté seront efficaces en vue de lutter efficacement contre les moustiques à Kinshasa et ses environs. Pour aggraver encore la situation, des chercheurs soulignent que la résistance de l’anophèle femelle, le vecteur de la maladie, pourrait encore augmenter à cause de moustiquaires bon marché et de mauvaise qualité, voire des contrefaçons qui rentrent au République démocratique du Congo clandestinement.

Au lieu d’être imprégnées à 100%, ces moustiquaires ne le sont qu’à moitié, ce qui fait que le moustique ne reçoit que 50% du produit, survit, et passe le gène de résistance à la génération suivante, expliquent des spécialistes.

Tum, un habitant de Bibwa habitué du palu, combat à sa façon chez lui. Il change d’insecticide régulièrement parce qu’au bout d’un certain temps, les moustiques ne meurent plus après une pulvérisation.

Le Palmarès


(Tkm/GM/PKF)