Le rejet à l’Assemblée nationale de la motion de défiance du député national Ngoma Abdul contre le ministre des Transports dans la controverse créée autour de l’achat du navire Ngole Iliki de la RVM se révèle un échec de sale coup tordu de fils maison de l’entreprise contre la bonne foi des gestionnaires de cette dernière.
Triste dénouement comme commencé du feuilleton de la motion de défiance boutiquée par le député Ngoma Kosi Abdul contre le ministre des Transports et Voies de Communications autour du dossier achat bateau Ngole Iliki de la Régie des voies maritimes, RVM. L’Assemblée nationale a, en effet, rejeté par un vote à une écrasante majorité des voix la dite motion avérée visiblement mal ficelée lors des débats qui se sont déroulés autour de la question. Il se serait agi d’une fable que le fabuliste n’aurait pas eu de la peine à présenter l’auteur de la motion rentrant dans sa peau la queue entre les pates pour avoir raté son coup.
La leçon de cet échec de culbutage du ministre des transports après le tout récent cas d’une autre motion du genre déboutée à l’Assemblée nationale commence à désillusionner le public sur la mission des élus à la représentation nationale où ils donnent de plus en plus l’impression de n’être que des agresseurs campés dans l’institution parlementaire pour aller y régler simplement des comptes à des adversaires plutôt que pour y aider à résoudre les vrais problèmes qui se posent au pays.
Fortuit casus belli de tolérance zéro !
L’affaire de la motion de défiance contre le ministre Mpita est un exemple de plus qui corrobore ce constat. Quand le député Ngoma Kosi a initié son action, tout paraissait lui donner raison, d’autant qu’il était suivi par un respectable groupe de ses pairs députés. La cause qu’il affichait défendre avait des raisons d’être juste. S’il se vérifiait, en effet, que le ministre des Transports avait influencé un mauvais achat de navire pour la RVM, il aurait bien mérité les foudres de la Nation.
La démarche du député Ngoma Kosi Abdul avait de quoi convaincre du fait que le concerné est un ancien agent de l’entreprise donnée abusée par la manœuvre vite décriée du ministre. Parce que l’honorable député est sensé connaître et maîtriser le dossier, on pouvait aisément lui faire confiance dans le rôle qu’il pouvait ainsi jouer d’indéniable avocat de la RVM à la représentation nationale, raison d’ailleurs pour laquelle le personnel de l’entreprise était en droit de se réjouir de sa propulsion à la haute institution de la Chambre basse du Parlement national.
Bien défendre la cause de sa base est évidemment louable et l’électorat ne peut que l’applaudir. C’est un gage de crédit auprès dudit électorat. Le précoce contexte préélectoral dans lequel la classe politique donne l’impression de s’engager déjà se prête fort à propos. Cela a certainement donné un plus à l’intérêt entourant le débat sur la motion qui semblait être appelée à éventrer le boa d’une mégestion à sévir dans le cadre actuel de la tolérance zéro qui fait trembler pas mal des responsables aux affaires.
Or à voir de près, cette embellie était loin de la réalité et vérité des faits. Le ministre vite mis en cause, à moins de lui appliquer le principe de la continuité pour faire assumer l’actif et le passif d’une responsabilité politique de son prédécesseur, n’avait pas géré le dossier débattu. Bien plus que cela, la direction de la RVM qui s’est senti indirectement visée détenait le plus de preuves de clarification de la situation. D’après les éléments constitutifs du dossier, les remarques du député Ngoma ont paru s’écarter de la réalité des faits.
La RV M en porte-à-faux des contre-vérités de la motion !
Il est évident que la direction de l’entreprise ne pouvait laisser admettre des faussetés sur le dossier auprès d’une institution nationale ne pouvant saisir le fond du problème sans en connaître les tenants et aboutissants. L’Adg de la RVM, ci-devant Prof. Mbwinga Bila Robert ne pouvait qu’assumer ses responsabilités en dénonçant et s’insurgeant contre la supercherie cachée dans la démarche du député Ngoma Kosi.
L’Adg s’est effectivement insurgé contre ce qu’il a qualifié « d’affirmations mensongères délibérément insérées par l’Honorable Ngoma Kosi Abdul dans la motion de défiance à l’encontre du ministre, « dans le but d’obtenir l’adhésion des honorables députés à sa démarche. » L’Adg indiquera, par exemple, qu’à « la page 2 du texte de la motion, l’initiateur de celle-ci, agent mécanicien au Chantier naval de la RVM et qui à ce titre connaît la nature de différentes activités de l’entreprise, accuse le ministre d’avoir inclus l’activité de dragage parmi les fonctions du navire Ngole Iliki ».
Et l’Adg de renseigner qu’à aucun moment, depuis les négociations pour l’achat dudit bateau jusqu’à sa réception officielle et même dans les interventions ultérieures pour sa présentation, il n’a été question d’une fonction de dragage pour ce bateau, ni de notre part, ni encore moins de la part de Son Excellence Monsieur le ministre des Transports et Voies de Communication ». Sic. La suite de l’indication donnée par le responsable de la RVM tranche net : « L’Honorable Ngoma Kosi a volontairement et malhonnêtement ajouté cette fonction qui est la seule que (le navire) Ngole Iliki ne peut pas remplir, puisqu’il n’est pas équipé pour ce faire, en vue de faire accréditer sa version d’inopérationnalité du bateau ».
Par ailleurs l’Adg considère que l’assertion du député selon laquelle « maintenir la drague Banana en état opérationnel à ce jour a été possible grâce à une enveloppe de 4,028 millions USD de financement additionnel de PMURR est une affirmation gratuite et mensongère, parce que l’ancien président de la délégation syndicale (de l’entreprise) qu’il est, participait aux réunions du Comité de gestion et qu’il sait que ce montant n’a jamais été mis à la disposition de la RVM par la Banque Mondiale dont les services peuvent être consultés pour apporter la preuve ».
Une contre-vérité de plus est relevée dans une autre affirmation du député indiquant « qu’il n’y a pas d’espace pour contenir une bouée dans ce navire », ce à quoi est aisément rétorqué par l’Adg que, « encore une fois, il s’agit non pas d’un avis, mais d’un mensonge parce qu’il suffit de lui demander de donner les dimensions d’une bouée par rapport aux espaces avant et derrière la timonerie pour se convaincre du caractère complètement fallacieux et mensonger d’une telle affirmation ».
Il en serait de même de la remarque signalant que le navire ne dispose pas « de matériels appropriés pour la bathymétrie, le balisage et la pêche ». La direction de la RVM considère à ce sujet qu’il y a refus délibéré de la part du député « de s’appuyer sur le rapport de l’état du bateau tel qu’il fut établi par les services de la RVM en date du 14 avril 2009 et dont il (député) détient un exemplaire, et qui décrit les équipements dont est doté Ngole Iliki, grâce auxquels il peut justement faire les sondages (2 sondeurs, 2 radars, 2 GPS, 2 ordinateurs), le balisage (2 mâts d’une capacité de charge de 20 T chacune) et la pêche (2 mâts pour l’attachement des filets, dispositif de nettoyage des poissons, 2 supports de filets, une chambre froide).
Il y a enfin le coût mis en relief de l’achat du navire, de même que des frais de transport. La direction de la RVM fait d’abord remarquer que ce bateau a navigué seul de Ostende en Belgique jusqu’à Boma. Quant aux frais de dédouanement dont fait aussi cas le député, il ne pouvait en être question puisque le bateau a été exonéré du paiement des droits de douane, s’agissant d’un investissement en rapport avec l’objet social de la RVM, tandis que les dépenses auxquelles est aussi faite allusion de réception, le député « omet volontairement d’en donner ou d’en demander les montants, cherchant seulement à produire un effet auprès de la représentation nationale, effet d’indignation qu’il cherche également à produire lorsqu’il dit que pour mieux utiliser le navire, il faut des travaux supplémentaires et coûteux ! ».
Frondeurs mal venus à la représentation nationale
La suprême contre-vérité aura été celle d’affirmer que le ministre des Transports mis en cause a « apporté sa caution en présidant les cérémonies ». Et l’Adg de pousser presque une exclamation d’indignation en s’interrogeant : « Comment et pourquoi l’Honorable député qui est en contact permanent avec ses informateurs de Boma et de la RVM peut-il continuer de ne pas savoir en décembre 2009, c’est-à-dire 8 mois après la réception officielle de Ngole Iliki que cette cérémonie a été présidée par Son Excellence Monsieur le Vice-Premier ministre en charge de la Reconstruction ? »
La litanie des contre-vérités des assertions constituant les griefs de la motion de défiance démontre tellement leurs incohérences que la représentation nationale, même dans les rangs des députés qui avaient voulu suivre l’arnaque de leur pair, a dû admettre un mauvais sinon carrément piètre ficelage du dossier. D’où le spectaculaire rejet de cette motion par une écrasante majorité des voix contre. Si le ridicule pouvait tuer, on ne parlerait plus du pétitionnaire enfant maison RVM qui a pu s’affubler d’une turpitude unanimement décriée. La leçon vaut la chandelle ! Désormais l’opinion risque de croire que la représentation nationale abuse de la fronde pour régler des comptes aux personnes à détester ou qu’on jalouse et envie. Et c’est triste !
D.Nz/ MMC
(DN/PKF)