En 2011, une nouvelle méthode de gestion budgétaire devrait être mise en œuvre au niveau des provinces pour plus de visibilité dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (ODM).
Le ministère du Plan, avec le concours des partenaires extérieurs, et s’appuyant sur les ministères sectoriels, a mobilisé ses services pour la réalisation de ce projet. Au Centre catholique Ngandu, un atelier se penche sur le cadre des dépenses à moyen terme en provinces pour les secteurs de la santé et de l’éducation.
Des responsables des divisions provinciales de la Santé et de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP) ainsi que des médecins directeurs et inspecteurs provinciaux de la santé sont, depuis hier jeudi, en séminaire au centre catholique Nganda.
Et ce, pour mieux comprendre le nouveau modèle de gestion budgétaire défini autour du Cadre des dépenses à moyen terme en provinces (CDMT) pour les secteurs de la santé et de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel.
Cet atelier s’inscrit dans la vision du gouvernement de « renforcer la mise en œuvre de son Document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP) et accélérer les progrès vers la réalisation des ODM ».
C’est dans cette optique que le gouvernement s’est engagé à introduire à l’horizon 2011 les principes de programmation budgétaire au niveau provincial sur la base d’un cadrage des dépenses à moyen terme. Des secteurs prioritaires pilotes ont été identifiés comme champ expérimental, à savoir la santé, l’éducation et l’agriculture, pour un premier exercice qui devra s’étendre progressivement à d’autres secteurs.
Entre jeudi et vendredi, des cadres provinciaux de l’administration de la Santé et de l’EPSP sont à l’école d’un nouveau module de gestion budgétaire. Pour le coordonnateur de l’UPPE-SCRP, unité de mise en œuvre du DSCRP, partenaire à ce projet, le professeur André Shikayi, cet atelier, qui succède à celui organisé dans le même cadre du Centre Nganda du lundi 7 au mercredi 9 décembre sur le cadrage macro-économique, vise au renforcement des capacités des structures provinciales de la santé et de l’EPSP pour asseoir le cadre des dépenses à moyen terme comme méthode de gestion budgétaire en provinces.
Ce nouveau modèle de gestion, a-t-il dit, met également en vedette la notion de redévabilité pour justifier les moyens mis à leur disposition. C’est sur la base des résultats que l’on attend désormais juger de l’efficacité des actions menées en provinces.
Le CMDT, qui a fait l’objet de deux jours de discussions au centre Nganda, identifie les besoins nécessaires pour avancer vers les OMD en partant du plan d’actions prioritaires de mise en œuvre du DSCRP.
Le CDMT traduit donc ces plans d’actions prioritaires en programmes de dépenses pluriannuelles.
Pour arriver à un CDMT provincial réalisable et appuyer de manière effective la préparation d’un budget axé sur les résultats, le gouvernement est également en train d’introduire un cadrage macro-économique au niveau de chaque province.
Suivant un chronogramme qui s’étend jusqu’en 2011, le cadrage macro-économique permettra de déterminer et projeter à moyen terme l’enveloppe des ressources provinciales potentiellement disponibles en fonction de l’activité économique réelle.
Garantir la réalisation de l’Omd
La RDC a souscrit en 2006 à la Déclaration de Paris en vue de l’augmentation et de l’efficacité de l’aide par l’application des cinq critères que sont l’appropriation, l’alignement, la gestion axée sur les résultats (GAR), la responsabilité mutuelle et le monitoring.
La RDC a également adopté son DSCRP en 2006, dans lequel les secteurs prioritaires d’investissement ont été identifiés et repris dans les cinq chantiers de la République.
Depuis juin 2009, elle a commencé les activités préparatoires pour l’élaboration du DSCRP de deuxième génération dont la mise en œuvre couvrira la période 2011- 2015; coïncidant ainsi avec l’année butoir théorique pour l’atteinte des OMD dans tous les pays ayant souscrit à la déclaration du millénaire.
Cependant, les leçons tirées de la mise en œuvre du premier DSCRP 2006-2008 montrent qu’il existe une absence de lien entre les priorités inscrites dans le document stratégique sus-évoqué et le budget de l’Etat. Il persiste également un écart important entre les prévisions budgétaires et les réalisations au niveau des recettes et des dépenses.
Ainsi, dans le but de moderniser et d’améliorer ses pratiques et ses outils de gestion des finances publiques, d’une part, et d’autre part, de combler la faiblesse au niveau provincial, l’administration publique a opté pour le principe de la gestion axée sur les résultats ainsi que ceux de la budgétisation par programme avec l’objectif général qui est celui d’améliorer la qualité de la programmation de la dépense publique.
C’est dans cette optique que le gouvernement central, avec l’appui de la Banque mondiale et du PNUD, a lancé le processus d’élaboration de Cadre des dépenses à moyen terme (CDMT) depuis le mois de juin 2008.
Le séminaire-atelier du Centre Nganda, s’inscrit, comme bien d’autres, dans la continuité de cette démarche et en perspectives du processus de décentralisation en cours dans notre pays.
Le Potentiel
(CL/GW/Yes)