kabilaLe Conseil d’Ad­ministration du FMI (Fonds Mo­nétaire International) se réunit ce vendredi 11 décembre à Washington. Il s’agira, pour la circonstance, de confirmer ou de reconsi­dérer l’option de conclure un programme formel de partenariat avec la RDC, déjà levée à deux repri­ses, d’abord le 18 novem­bre 2009 au sein du Club de Paris avec comme unique grain de sable l’opposition du Canada, ensuite le 27 novembre au sein du même groupe avec cette fois l’accord de tous ses membres, le Canada compris.

Selon les milieux proches de cette institution de Bretton Woods, rien ne ­serait joué à l’avance. D’où, la République Démocratique du Congo se trouve dans une situation fort délicate de quitte ou double.


Mais les Congolais, le Chef de l’Etat Joseph Kabila et le Premier ministre Muzito en tête, se veulent positifs et croisent les doigts pour que rien de fâcheux ne compromette les sacrifices multiples con­sentis pour s’ouvrir le che­min du bonheur. A en croire des sources crédibles, le Conseil d’Administration du FMI devrait entériner les conclusions du Club de Pa­ris. En conséquence, Kinshasa n’aurait aucun souci à se faire.
 
L’un des dividendes immédiats attendus du pro­gramme triennal de colla­boration avec le FMI serait la mise à disposition de la RDC d’un financement de l’ordre de 560 millions de dollars américains. Hormis ce montant serait mobilisé, à titre additionnel, un bonus de 70 millions USD à cha­que revue. L’accès du pays aux financements extérieurs supplémentaires serait aussi largement garanti.

L’enjeu crucial de la rencontre de Washington est la décision fort désirée de voir le FMI conclure formellement un partenariat avec notre pays, lequel aurait comme retombées principales l’entamé du pro­cessus de l’effacement de la dette extérieure d’Etat à Etat, à hauteur de 90 %, ce qui, en termes de chiffres, équivaudrait à environ 12 milliards de dollars améri­cains. Le processus de ré­duction sensible de la dette devrait se poursuivre jus­qu’au Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE. A ce stade, la RDC n’aurait plus à traîner la lourde ardoise annuelle de 745 millions USD.

Ainsi, le gouverne­ment pourrait se concentrer davantage sur la lutte contre la pauvreté, conformément à l’agenda du Premier mi­nistre Muzito pour l’année 2010. Une plus grande visi­bilité pourrait aussi être im­primée aux cinq chantiers de la République, telle que soulignée par le Chef de l’Etat dans son discours à la Nation, le lundi 07 septem­bre.

Cependant, une éventuelle remise en cause de la dé­cision de signer un pro­gramme triennal de colla­boration avec notre pays-perspective pessimiste que refusent d’imaginer les experts congolais- serait lourde de conséquences, notamment en ce qu’elle signifierait le maintien de la dette extérieure publique à son niveau actuel de 13, 1 milliards de dollars améri­caines, et du service de la dette à hauteur de 745 millions de dollars américains pour l’exercice 2009, ce qui représente une enveloppe mensuelle d’environ 60 mil­lions de dollars.

Ce serait aussi l’effondrement de tous les espoirs d’atteinte de l’ini­tiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). En gros, le coup serait si dur que les festivités du cinquantième anniversaire de l’Indépen­dance seraient vidées de toute leur solennité et de leur saveur. On ose croire que les espoirs du peuple congolais ne vont pas être déçus à l’issue du rendez­-vous de Washington.

Kimp/Le Phare


(TN/TH/GW/Yes)