La classe politique de Belgique prend toujours prétexte des questions congolaises pour exploser ses propres tiraillements comme vient encore de l’illustrer le cas de la querelle éclatée à Bruxelles et portée devant la justice par deux adversaires politiques belges affichés l’un pro-Kabila et l’autre pro-Bemba
La situation politique en RD.Congo ne manque jamais d’affecter, d’une façon ou d’une autre, la Belgique. On aurait difficilement pensé que les acteurs politiques d’un aussi grand royaume démocratique, puissent recourir aux biceps et autres manières fortes pour résoudre leurs différends.
Marqués par leurs origines congolaises, les principaux bagarreurs n’ont pas tardé d’afficher leurs préférences politiques entre Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba. Le député-échevin bruxellois, Bertin Mampaka (CDH), raconte avoir été victime d’un « guet-apens ». En effet, Bob Kabamba (Ecolo), président du CPAS de Dour, de passage à Bruxelles, J’aurait invité à le rejoindre dans un restaurant de la rue du Luxembourg pour boire un verre. L’échevin CDH se serait senti menacé, après avoir fait l’objet de « blagues à deux balles », et aurait cherché à quitter l’établissement avant d’en être physiquement empêché par le duo Weerts Kabamba et une troisième personne. Dominique Weerts est le secrétaire national du CDH.
Le député aurait même été frappé et poursuivi dans les escaliers avant que le patron n’intervienne. Ce dernier confirme avoir dû intervenir pour séparer les protagonistes, selon lui, fortement éméchés, mais estimait la « séquestration » grotesque et n’avait absolument pas le souvenir d’une blessure dont aurait été victime l’échevin.
Et Kabila et Bemba dans cette bagarre
Bob Kabamba avait évoqué, lui, une confusion née d’une discussion sur le Congo - Mampaka est étiquette bembiste et Kabamba pro-Kabila puis de propos incohérents tenus par Mampaka disant que sa sœur « a été assassinée par l’entourage de Kabila, avec la complicité du CDH ». Dominique Weerts aurait alors menacé d’informer Joëlle Milquet de la teneur de ces propos.
Aujourd’hui, Bob Kabamba enclenche donc une procédure judiciaire pour rétablir « son honneur sali par les propos de Bertin Mampaka je suis président de CPAS à Dour et professeur d’université, explique-t-il. Vous pouvez imaginer la situation dans laquelle je me retrouve, face à des gens ou des élèves qui ont lu ou entendu que j’avais séquestré un homme politique ».
Selon Bob Kabamba, sa fille aurait également souffert des remarques liées à cette affaire à l’école. Bob Kabamba entend aller « jusqu’au bout » dans cette affaire. « J’espère que le juge d’instruction va instruire le dossier et demander la levée d’immunité de Bertin Mampaka, annonce-t-il. Et si le CDH ne prend pas de sanction à son égard, j’attaquerai le parti (de Joëlle Milquet).
A cet égard, alors que le comité de déontologie a entendu les différents protagonistes de l’affaire le samedi suivant l’incident, aucune mesure ne semble avoir encore été prise, ni à l’encontre de Bertin Mampaka ni de Dominique Weerts. Si ce silence devait se prolonger, Dominique Weert pourrait être tenté de suivre les traces de Bob Kabamba. Quant à l’huissier, accusé par Bertin Mampaka de l’avoir « ceinturé », il a, lui provisoirement été mis en congé par le secrétaire communal de la Ville. On ne sait pas si le premier fonctionnaire attend, lui aussi, la réaction du comité de déontologie, dans ce cas pour le remettre au travail.
L’avocat du président du CPAS de Dour, Bob Kabamba (Ecolo) a déposé plainte, depuis mardi, pour calomnie et diffamation, contre le député-échevin bruxellois Bertin Mampaka (CDH) dans le cadre des incidents qui s’étaient déroulés, dans un restaurant du mercredi 25 novembre dernier.
Le Palmarès
(DN/Ern./GW/Yes)
Last edited: 10/12/2009 15:12:38