monsengwoDeux religieux ont été assassinés en 48 heures à Bukavu qui est devenu une destination noire pour les voyageurs en  raison de la multiplication des meurtres qui s’y perpètrent. On pouvait s’y attendre : le clergé catholique ne pouvait pas rester indifférent.

Raison pour laquelle l’Archevêque de Kisangani est monté au créneau pour protester contre ces tueries presque en série. Monsengwo Pasinya a, en effet, condamné mercredi ces attaques et autres agressions commises ces derniers temps sur les religieux catholiques dans la province du Sud-Kivu.

Dans une déclaration faite à la presse dans l’avant midi de mercredi au Centre Lindonge, il estimait que la situation à Bukavu est plus que préoccupante. Plus incisif, l’ancien Président de la Conférence nationale souveraine et du Parlement issu de ce forum affirme que ces cas de violences sont intentionnellement dirigés contre l’Eglise catholique dans sa mission de paix et de réconciliation.

« Nous stigmatisons ces actes de violence, susceptibles d’envenimer la situation sécuritaire au Sud-Kivu. Nous demandons à l’Etat congolais et à la Monuc, chacun en ce qui le concerne, de prendre des mesures vraiment efficaces pour arrêter l’escalade de la violence, identifier les coupables, les juger en toute justice et assurer la protection des biens et des personnes », a déclaré l’archevêque de Kinshasa qui a également invité « toutes les personnes de bonne volonté à ne pas se décourager, mais à œuvrer pour l’avènement de la paix ».

En 48 heures, un prêtre et une religieuse catholiques ont été assassinés au Sud Kivu. Le premier, l’abbé Daniel Cizimia, a été abattu dans la nuit de samedi à dimanche dans sa chambre du couvent de la paroisse de Kabare par des hommes armés. La seconde, la soeur Denise Kahambo Murahirwa, a été tuée lundi soir au monastère Notre Dame de la Clarté de Muhresa, à 20 kilomètres de Bukavu, toujours en territoire de Kabare. Un autre couvent des prêtres a été également victime d’une attaque à main armée le même jour et dans la même ville. Mardi, la société civile de Bukavu a organisé une vaste marche de protestation contre ces tueries en série. Pour l’occasion, commerces, écoles et autres activités étaient paralysés.

Le gouvernement provincial renforce la sécurité

Suite à cette recrudescence de l’insécurité, le Vice­-gouverneur du Sud-Kivu a annoncé, au cours d’une conférence de presse tenue hier, le renforcement de la sécurité dans la ville de Bukavu et ses environs. Jean Claude Kibala a, à cette occasion, expliqué que la soeur Denise Kahambo Murahirwa a été attaquée vers 19h 30 par un groupe d’environ 8 personnes armées et en tenues militaires qui s’étaient introduites dans le monastère où ils se sont emparées d’elle et l’ont abattue à bout portant dans un couloir devant des visiteurs. Les assaillants sont, ensuite, repartis sans rien demander.

Pour le Vice-gouverneur, cet acte, comme tant d’autres, vise à opposer la population aux militaires, à la police et aux autorités. « Nous allons renforcer la sécurité. Comme nous ne connaissons pas l’agenda de l’ennemi, la seule chose qu’on peut demander à la population, villages et que ce sont des nouveaux venus militaires ou civils, il faut aller voir le chef de quartier, le chef de groupement à la commune. Il n’y a pas de guérilla qui peut résister à une population qui n’accepte pas cette guérilla là », a recommandé le Vice-gouverneur.

JEK/Forum des As


(DN/TH/GW/Yes)