Intervenant à la clôture des travaux de la conférence nationale sur le repositionnement de la planification familiale en RDC, l’épouse du Chef de l’Etat, Mme Olive Lembe Kabila, a convié les Congolais, hommes et femmes, à s’impliquer ensemble dans cette planification
Mme Marie-Olive Lembe Kabila, épouse du Chef de l’Etat, a appelé mercredi les hommes et les femmes de la République Démocratique du Congo à s’impliquer ensemble dans le repositionnement de la planification familiale. La première Dame de la RDC s’exprimait lors de la clôture des travaux de la conférence nationale sur ce repositionnement tenue mardi et mercredi à Kinshasa sous le thème « planifier les naissances pour une famille heureuse, un Congo uni, fort et prospère ».
Selon Mme Marie Olive Lembe Kabila, le repositionnement de la planification familiale ne concerne pas seulement les femmes, mais il est l’affaire de tous, surtout des hommes. Ces derniers sont invités à aider les femmes pour une bonne amélioration de la santé maternelle et infantile, a-t-elle dit. Le représentant de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) en RDC, l’un des partenaires a indiqué, pour sa part, que cette conférence a été une initiative noble et louable, mais qui demande un énorme effort du point de vue du travail.
Ceci fait, a-t-il dit, que le gouvernement américain réaffirme tout son engagement à soutenir la RDC dans le domaine de l’alimentation, de la santé maternelle et infantile. Les participants à la conférence ont, quant à eux, demandé à la première Dame de la RDC de mobiliser les femmes, les filles et les jeunes couples de l’arrière pays ayant besoin de la planification familiale à s’informer des différentes recommandations faites dans cette conférence.
Des données sur le repositionnement de la planification familiale en RDC
Au cours de la première journée des travaux de la conférence, mardi, le président du comité organisateur de ces assises, le Pr. Alois Ngumba, avait estimé la réalisation du dernier recensement scientifique de la population pour la RDC en 1984 à 65,8 millions d’habitants. Cette réalisation comptait 65% de la population qui avait moins de 25 ans, selon l’ « Enquête démographique et de santé » (EDS)/2007. Selon M. Ngumba, estimé à 3,5% entre 1990 et 1995, le taux d’accroissement naturel de la population est de 3,5% pour la période 2005-2010 (UINDP,2009).
Ceci s’explique, notamment par le fait que la fécondité des femmes congolaises est restée parmi les plus élevées au monde, soit 6,1 enfants/femmes (EDS, 2007). Cette forte dynamique de la population congolaise contraste avec la politique socio-sanitaire que prône la RDC qui, en réalité, vise l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant.
Une des manières de la matérialisation de cette politique a été la création du Projet des Services des naissances désirables (PSND). Ce projet était implanté dans toutes les provinces et ses activités étaient performantes. En effet, a dit le Pr. Ngumba, la prévalence contraceptive avait atteint 18% dans certains sites de la RDC, comme dans la ville de Matadi (Browm, 1989), alors que le même site est en deçà de 10% aujourd’hui. A titre d’exemple, dans les années 1985, le PSND comptait 53 Unités des Naissances Désirables opérationnelles dans la ville de Kinshasa contre à peine une vingtaine aujourd’hui.
L’adoption de la politique des naissances désirables était basée sur les avantages que la planification familiale procure à la famille et au pays. En effet, cette planification permet aux couples d’éviter les grossesses non désirées, de décider du nombre d’enfants désirés, d’assurer un espacement convenable entre les naissances, d’avoir des naissances en tenant compte de l’âge de la mère. La pratique de la planification familiale permet par ailleurs, aux mères de disposer du temps pour s’occuper de leur propre formation, des activités génératrices de revenus etc.
Alors qu’aucune amélioration n’a été constatée, ni dans l’approvisionnement des structures sanitaires en produits « SR », ni dans le renforcement des capacités des prestataires en planification familiale, en témoigne le faible investissement de l’Etat congolais dans le secteur de la santé publique, d’une part, et la diminution continue de la prévalence contraceptive, d’autre part, certains indicateurs font état de l’amélioration de la santé maternelle et infantile. Estimés respectivement à 1837 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes et 127 décès infantiles en 1898 (état des lieux du secteur de la santé, 1997), ces indicateurs auraient baissé pour atteindre respectivement 549 et 92 en 2007 (EDS).
La baisse de la mortalité maternelle particulièrement serait factuelle, car tributaire des différences des approches analytiques utilisées dans les enquêtes « MICS2 » en 2000 et « EDS » en 2007. Malgré cela, ces indicateurs restent parmi les plus élevés en Afrique et au monde, car le rapport entre le niveau de la RDC et celui des pays développés est de 1 à 200.
Il s’agit là d’une disparité la plus prononcée jamais enregistrée pour un indice de développement humain. Dans tous les cas, « EDS »(2007) indique que les besoins non satisfaits de planification familiale s’élève à 37%. En d’autres termes, près de quatre femmes sur dix qui cherchent à espacer ou à limiter leurs naissances ne savent où obtenir les services de planification familiale.
La satisfaction de ce besoin serait une des solutions à la baisse de mortalité maternelle et de l’atteinte des OMD. Après ces deux décennies de passage à vide, la RDC a besoin de nouvelles opportunités pour renouveler l’intérêt, l’attention et l’appui nécessaire en faveur de la planification familiale. En 2004, une conférence de plaidoyer sur le repositionnement de la planification familiale a été organisée sous l’égide du projet « Advance Africa », avec le financement de l’USAID. Cette conférence avait pour objectif, le réveil des consciences et la reconnaissance que la planification familiale doit être une intervention de santé publique nécessaire et vitale.
ACP
(DN/TH/GW/Yes)
Last edited: 10/12/2009 15:17:33