L’épouse du Chef de l’Etat qui lançait mardi à Kinshasa les travaux de la conférence nationale sur le repositionnement de la planification familiale a averti que cette dernière constituait un enjeu de taille très déterminant du développement de la RDC
La planification familiale est tout un enjeu de taille pour la République Démocratique du Congo et son avenir, a estimé Mme Marie-Olive Lembe Kabila, épouse du Chef de l’Etat, en lançant mardi, en la salle des conférences du ministère des Affaires étrangères, les travaux de la conférence nationale sur le repositionnement de cette planification en RDC. Mme Lembe Kabila a indiqué qu’avec un taux de mortalité maternelle à 549/100.000 et 92 décès/100 en 2007 de mortalité infantile, tout le monde, en particulier l’homme (chef de ménage), doit être interpellé.
« Cette interpellation nous concerne tous car », selon la première Dame de la République Démocratique du Congo, « personne, parmi nous, ne voudra pas aimer perdre un enfant, être cher, qu’on a attendu neuf mois durant et aucun homme ne voudra pas voir sa femme rester sur la table d’accouchement ».
La clé de la planification familiale est à l’éducation, à la base et dans les formations chaque fois que l’occasion nous est donnée de véhiculer des messages utiles en faveur d’une parenté responsable, a-t-elle expliqué, avant de mettre l’accent sur la régulation des naissances qui consiste notamment à décider du nombre d’enfants et de l’espacement de naissances et d’éviter des avortements. Mme Lembe Kabila a dit qu’il n’est pas ainsi bon que les femmes continuent à mourir en donnant la vie, lançant à cet effet, un appel au gouvernement afin d’intensifier ses efforts pour améliorer les services de repositionnement de la planification familiale.
Importance du sujet de la conférence
L’ambassadeur des Etats-Unis en RDC, Gaverlink, a déclaré, de son côté, que le problème abordé à cette conférence est important pour le monde, en général, et la RDC, en particulier. Pour le diplomate américain, toutes les unes minutes, il y a 500.000 décès quelque part dans le monde, dont la moitié est en Afrique, surtout en RDC où la santé de reproduction est en baisse. Le taux d’utilisation de méthode contraceptive s’élevait à 15% en 1997, alors qu’en 2007, 10 ans après, il était à 7,7%, a-t-il rappelé.
L’ambassadeur américain a ajouté que 37% de femmes mariées en âge de procréer ne connaissent aucune méthode de planification familiale et qu’une étude récente estime satisfaire ces besoins car, elle conclut que, jusqu’à 6 ans, soit en 2015, si on utilise des méthodes contraceptives, on pourra épargner 18.000 décès des mères et 850.000 des enfants.
Plus de 100.000.000 d’habitants probablement en 2025
Pour le ministre de la Santé publique, Mwami Mopipi Mukulumanya, représenté par son collègue en charge de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale, Ferdinand Kambere, en 2025, la RDC pourra avoir une population de plus de 100.000.000 d’habitants. Cet accroissement en nombre de population va demander une augmentation des ressources financières pour le secteur de la santé.
Cela est loin de suivre et d’exécuter au ministère de la Santé publique qui, en 2009, n’avait bénéficié que de 2 % du budget de l’Etat, a-t-il dit, avant de rappeler que les « Accords d’Abuja » prévoient que chaque gouvernement alloue 15 % de budget à la santé nationale.
La ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Marie-Ange Lukiana, a, pour sa part, indiqué que la problématique de la planification familiale se pose avec acuité en République Démocratique du Congo, eu égard au laxisme de la communauté. Cette planification, a-t-elle dit, est très capitale car, elle sauve, non seulement la vie de la mère et de l’enfant, mais améliore également la vie de toute la communauté. La pratique du repositionnement de la planification familiale, selon Mme Lukiana, permet aux femmes de disposer pour se regénérer physiquement, de se former, de scolariser leurs enfants, de les éduquer convenablement et de disposer de temps de loisir pour leurs enfants et pour elle-même.
15 ans de la CIPD
Le représentant du Fonds des Nations Unies en matière de population (UNFPA) en RDC, Richard Dackam Ngatchou, a déclaré, à son tour, que cette année (2009) a été marquée par des manifestations commémoratives des 15 ans de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), tenue au Caire en 1994. Quinze ans après au Caire, a-t-il dit, il s’agissait, cette année, de faire le point sur l’état de mise en œuvre du programme d’action auquel avaient souscrit les différents pays représentés à cette conférence.
En effet, 179 pays avaient souscrit au programme d’action, selon lequel toute personne a le droit de jouir du niveau le plus élevé de santé physique et mentale qui soit réalisable et le droit de décider librement et de façon responsable du nombre, de l’espacement et du moment de naissance des ses enfants, et de disposer des informations et des moyens lui permettant d’y parvenir. M. Dackam Ngatchou a, par ailleurs, souligné que le programme d’action de la CIPD demande instamment aux Etats de prendre toutes les mesures appropriées pour assurer une base d’égalité entre les hommes et les femmes. La conférence se clôture mercredi.
ACP
(DN/TH/GW/Yes)