fardcL’opinion tant nationale qu’internationale suit la tentative de reprendre les armes par certains groupes armés signataires de l’accord de Goma. Cette décision est à la base de la division au sein du mouvement Maï-Maï dénommé Pareco.

Les membres fondateurs de ce parti politique, ex-groupe armé, n’apprécient pas la décision de leur président de faire alliance avec les groupes qui veulent reprendre les armes. C’est pourquoi ils ont pris la décision de le désavouer et surtout de le décharger de ses fonctions de président de ce parti politique en gestation. Il est remplacé par le deuxième vice-président jusqu’à la tenue du congrès du parti en vue d’élire la nouvelle direction du parti.

Tout en faisant siennes les revendications relatives à l’intégration de leurs dirigeants politiques, les membres fondateurs de Pareco fidèles aux accords de Goma, pensent qu’il faille tourner définitivement la page de la guerre.

Déclaration politique de la Pareco

Nous, Membres fondateurs et Initiateurs de la « Paréco », fidèle à notre idéologie de la paix, de la cohabitation pacifique des peuples, de la sécurité des personnes et de leurs biens, de l’unité, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale ; Soucieux de voir, la paix chèrement acquise être instaurée dans notre pays principalement à l’Est, dans le but de mettre un terme aux monstrueuses actions ignobles caractérisées par des guerres interminables récurrentes, injustifiées et irresponsables ; Confiant et toujours attachés au processus de paix entre le Gouvernement et les Groupes armés ; Fustigeant la lenteur du Gouvernement dans l’application des Accords de paix signés à Goma, en ce qu’après l’intégration de nos forces armées au sein des Forces armées congolaises « Fardc », notre Gouvernement les a quasi pratiquement abandonnés à leur triste sort, privilégiant ainsi certains groupes au détriment des autres ;

Considérant que contrairement aux autres groupes armés la « Paréco » s’est toujours évertuée à freiner l’ennemi du peuple congolais et de la République par sa farouche résistance aux agresseurs et leurs complices congolais ; Que ce comportement des patriotes devrait être encouragé par le Gouvernement par une récompense juste et méritée en intégrant les cadres politiques de notre parti conformément aux Accords de paix ; Attendu que le processus d’agreement des partis politiques issus des groupes armés poursuit lentement son cours normal, mais notre parti traîne le pas non seulement à cause de la lenteur du Gouvernement dans l’application des Accords, mais aussi à cause de l’incompétence de notre président Monsieur Sendugu Museveni Hakizimana ; Soucieux de sauvegarder l’unité du parti entamée par le comportement divisionniste de notre président, mais aussi soucieux de redorer l’image de notre parti ;

Considérant que notre président n’a jamais eu d’égard pour les Initiateurs du parti qui l’ont hissé à ce poste et n’a jamais fourni d’efforts pour son organisation, mais il s’est malencontreusement évertué à prendre en otage tous les autres Membres du parti en dirigeant à sa guise le parti sans concertation avec ses collaborateurs et Membres du parti ; Que son comportement ne plaît pas aux Membres fondateurs ainsi qu’aux Initiateurs du parti ;
Attendu qu’à titre d’illustration de son comportement tyrannique ce dernier n’hésite pas d’engager sans concertation, par moment et par endroit le parti et ne privilégie pas l’unité des tous les résistants compatriotes congolais au profit de la division pour des intérêts égoïstes inavoués ;

Attendu que les Membres fondateurs et Initiateurs du parti s’insurgent contre l’alliance inopinée de notre président avec l’ennemi de la paix qui a toujours semé mort et désolation dans notre pays ;

Que cette alliance sans concertation préalable n’engage que sa personne et non notre parti politique la « Paréco » au motif qu’il s’agit d’une haute trahison ; Considérant l’invitation adressée aux chefs des Groupes armées par la haute hiérarchie de notre pays à Kinshasa ;
Vu l’obstruction des nos représentants à accéder dans la commission d’avancement des grades et les difficultés auxquelles ils sont confrontés présentement à Kinshasa ; Vu la nécessité et l’urgence de réorganiser notre cher parti. Déclarons que :

I. Au Gouvernement de la République

Article 1er : Nous voulons l’accélération du processus d’intégration politique de nos cadres conformément aux Accords de paix de Goma ainsi que la prise en charge de nos militaires « Fardc » et « Paréco », sous peine de consacrer les violations des accords comme en font certaines parties aux accords privilégiées par le Gouvernement dans les territoires de Masisi et des Rutshuru avec l’administration parallèle ;
Article 2 : Nous vous prions d’agréer la « Paréco » comme un seul parti politique et non consacrer la division des compatriotes résistant pour mieux régner ;

II. A la Communauté internationale

Article 3 : Nous vous demandons de renforcer les mécanismes de suivi de l’application des Accords de paix de Goma par le Gouvernement et les autres partis réfracteurs au processus de paix étant donné que la « Paréco » s’est déjà acquittée de ses obligations de bonne foi ;
Article 4 : La « Paréco » prend à témoin la Communauté internationale et tient le Gouvernement et ses complices parti préféré pour responsable de tout désagrément qui découlera du non respect des Accords de paix ;

III. Aux Membres de la « Pareco »

Article 5 : Nous voulons la réunion de tous les Membres de la « Paréco » pour faire un parti fort, un et indivisible comme par le passé et pour continuer utilement à l’agrément sans faille de notre parti politique afin de faire face à l’ennemi de la paix et de la démocratie ;
Article 6 : Nous vous invitons de vous abstenir de toute adhésion dans les mouvements insurrectionnels et d’éviter toute manipulation politique vous invitant à la haine tribale ou ethnique et de tout autres antivaleurs susceptible de ternir l’image de notre parti ;
En conséquence nous décidons ce qui suit : Article 7 : Nous désavouons le président national de la « Paréco », Monsieur Sendugu Museveni Hakizimana pour les motifs sus évoqués et nous le relevons de ses fonctions de président national pour haute trahison, megestion et incompétence ;
Article 8 : De ce fait nous l’interdisons d’engager notre parti devant les entités tant nationales qu’internationales.

Article 9 : Nous instituons un Comité de crise présidé provisoirement par le deuxième vice-président Mbula Malamu Christophe avec le concours des autres Membres du Comité national en attendant la tenue du Congrès national qui élira définitivement le nouveau président dans sa session extraordinaire qui sera convoquée par le Comité de crise dans un bref délai. Ainsi fait à Goma, en réunion extraordinaire des Membres fondateurs avec les Initiateurs de la « Paréco » en ce jour du six décembre 2009.

L’Avenir


(DN/Milor/GW/Yes)