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Gare aux nostalgiques semeurs en eaux troubles qui croient que l’aventure des armes et autres actes de désordre de tous genres resteront impunis en RDC, a avertit clairement le Chef de l’Etat en conviant son peuple à ne plus se laisser distraire pour ne se consacrer qu’à la reconstruction du pays

kabilaMise en garde contre les agitateurs qui veulent recourir aux armes ; dénonciation de l’immobilisme du gouvernement ; parfaire les réformes pour garantir la qualité des institutions et ne pas faire de la RDC un paradis pour criminels ; pas de révision de la Constitution ; prise de conscience du phénomène du changement climatique… tels sont les points importants contenus dans le discours du chef de l’Etat sur l’état de la Nation.

La tradition a donc été respectée. Le président de la République a prononcé son discours sur l’état de la Nation devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis, hier lundi 7 décembre, en Congrès. Il vient de rendre compte au peuple souverain en faisant le bilan des actions des institutions pour voir comment envisager les perspectives d’avenir avec plus de détermination et de responsabilité.

Ton ferme. Mots tranchants. Visage sévère pour conférer au rendez-vous son caractère crucial. Telle est l’attitude observée du président de la République, Joseph Kabila Kabange, pour marquer ce rendez-vous important et historique de son troisième anniversaire au pouvoir en sa qualité de président démocratiquement élu. Il s’exprimait ainsi hier lundi 7 décembre au Palais du peuple devant l’Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès. Et ce conformément à l’article 77 de la Constitution pour permettre au président de la République de s’adresser au peuple congolais en se prononçant son discours sur l’état de la Nation.

La tradition a donc été respectée, permettant ainsi au président de la République de rendre compte au souverain primaire des actions des institutions nationales. Son discours sur l’état de la Nation a porté sur la sécurité, l’économie, le social, la poursuite de la mise en œuvre de grandes réformes, les conflits de compétences entre le pouvoir central et les provinces, la révision constitutionnelle, les efforts diplomatiques, le sommet de Copenhague sur le changement climatique.

1 heure 5 minutes, soit de 10h40 à 11h 45, le président de la République, Joseph Kabila Kabange, a brossé le tableau de la situation générale du pays. Si certains efforts ont été accomplis, il a invité tout le monde à l’unisson, à la responsabilité pour relever les défis de la paix, de la reconstruction nationale, de la consolidation de la démocratie et du développement pour faire de la RDC, promue à un bel avenir, a-t-il souligné, la locomotive du continent.

Mise en garde contre les agitateurs

Dans le chapitre consacré à la sécurité et à la paix, le président de la République a relevé qu’il y a de cela un an, la situation sécuritaire était préoccupante. Surtout avec la guerre du Nord-Kivu. Goma était assiégé par des personnes qui étaient en rupture avec l’ordre institutionnel. Grâce aux FARDC et à la communauté internationale, la paix revient progressivement au Nord-Kivu. Pour preuve, le drapeau congolais flotte sur toute l’étendue du pays et que les postes frontaliers sont désormais sous le contrôle de l’autorité de l’Etat. Il s’agit là de bonnes novelles et que la RDC s’est résolument engagée dans la voie de la normalisation.

Il a saisi cette opportunité pour dénoncer des faits regrettables dans la province de l’Equateur avec les incidents de DONGO. Il a affirmé que tout est mis en oeuvre pour que l’ordre soit rapidement rétabli. Dans le même ordre d’idées, il a mis en garde contre tous ces agitateurs, tant internes qu’externes, qui vivent de la rente de la guerre et tiennent à imposer un état de «ni guerre, ni paix » qui n’ont aucune chance de réussir.

Ce qui a poussé le chef de l’Etat à faire allusion à une autre situation liée aux accords du 23/03/09 entre le gouvernement et le CNDP. Sans citer les acteurs de ce mouvement qui ont bénéficié de l’amnistie, le pardon du peuple congolais, qu’il reste ouvert au dialogue. Mais il y a un temps pour dialoguer, un temps pour appliquer la loi avant de souligner qu’ il ne trahira jamais son serment constitutionnel.

Ni paradis des criminels, ni terre de l’impunité

Au plan économique, le président Kabila a reconnu que l’année 2009 a été une année difficile, caractérisée par cette crise violente qui a secoué toutes les économies du monde. Et ce, avec une ampleur sans précédent et dont la portée géographique a franchi toutes les frontières. Aussi, au plan national, le « chantier Emploi » n’a pas démarré et plusieurs projets de développement ont été revus à la baisse, annulés, retardés, suspendus ou ont connu un début timide d’exécution. Néanmoins, avec cette lueur d’espoir, il y a lieu de se préparer à la relance économique. C’est dans ce cadre qu’il a annoncé l’arrivée imminente de 1.000 tracteurs pour la campagne agricole.

Fort de ce vent d’espoir et pour donner une nouvelle impulsion au secteur économique, le président de la République s’est engagé personnellement à améliorer le climat des affaires. Aussi, n’a-t-il pas hésité à dénoncer l’immobilisme du gouvernement qui se perd en conjectures en multipliant des « cabinets d’étude, des Conseils des experts en conseil d’experts » afin de se donner bonne conscience et trouver excuse pour justifier justement cet immobilisme qu’il ne fait rien. Il a appelé le gouvernement à plus de transparence et lui a confié des tâches bien précises à accomplir au plus tard le 31 mars 2009. Il s’agit de la sécurité des hommes d’affaires, de la modification de la législation sur les sociétés, de la fiscalité, de la réduction des droits proportionnels sur les impôts immobiliers. Tout a l’allure d’un véritable ultimatum, d’un sursis, diraient les autres.

Bien sûr que le président de la République n’a pas manqué de saluer la signature prochaine d’un nouveau programme économique entre le gouvernement et le FMI. Dans le même élan et pour assurer le succès de toutes ces initiatives, le président de la République a insisté sur la poursuite des processus de grandes réformes en vue de les parfaire. Mais aussi dans le but d’assurer la qualité des institutions nationales. L’objectif est d’effacer, une fois pour toutes, cette image hideuse que l’on se fait de notre pays. « La RDC n’est pas un paradis pour criminels, une terre d’impunité », a dit le chef de l’Etat.

Il venait d’explorer des obstacles qui découragent les investisseurs tant nationaux qu’étrangers, lesquels obstacles se traduisent en termes de tracasseries administratives, à la pression fiscale donnant à la RDC l’image d’un Etat policier, aux rumeurs sur le blanchiment d’argent, et nous en passons.

Révision de la constitution : non, mais…

C’est dans cet ordre d’idées de la poursuite de grandes réformes que le président de la République a reconnu la qualité du travail abattu par les députés et sénateurs pour doter les institutions d’un arsenal juridique approprié. Il a saisi cette opportunité pour les inciter à poursuivre dans cet élan en usant de leurs prérogatives constitutionnelles afin d’exercer le contrôle sur l’Exécutif.

Mais, en ce qui concerne la Constitution, le chef de l’Etat a réitéré son point de vue de ne pas procéder à la révision constitutionnelle. Néanmoins, après quatre ans d’existence, certains articles peuvent être révisés. A titre d’exemple, il a cité le point lié à la création de 25 provinces, mais qui ne pourrait se réaliser dans le délai imparti par la Constitution. Il faut par conséquent être en adéquation avec les textes réglementaires.

Enfin, au plan de la politique internationale, le président de la République a reconnu que des efforts importants ont été accomplis. Aujourd’hui, la RDC cohabite pacifiquement avec tous ce neuf voisins. En plus, les sommets de la SADC, de la CEEAC et dernièrement le 3è Congrès de la Femme noire qui se sont déroulés à Kinshasa constituent des faits palpables du progrès diplomatique. Personne ne l’eût cru, il y a de cela trois ans.

Dans le même ordre d’idées, il a annoncé sa participation prochaine au sommet de Copenhague sur le changement climatique. Il portera haut le point de vue de la RDC au regard des potentialités que renferme la RDC pour préserver l’écosystème mondial. Mais face à la destruction de nos forêts par des pays industrialisés, la pollution par les mêmes grands pollueurs, la RDC est en droit de demander des dommages et intérêts, de solliciter des possibilités qui s’inscrivent dans le contexte général de la protection de l’ environnement international.

C’est sur une note pleine d’espoir - la RDC étant promue à bel avenir - à un appel à l’unisson pour poursuivre la pacification du pays, à accélérer la reconstruction nationale, réunir les conditions optimales d’un développement durable que le chef de l’Etat a clos son discours sur l’état de la Nation.

Le Potentiel


(DN/TH/GW/Yes)



Last edited: 08/12/2009 16:39:50

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