Le ministre belge de la Coopération Charles Michel a annoncé depuis Bruxelles le soutien de l’ordre d’1 million d’euros que la Belgique compte débloquer pour appuyer un projet de l’UNICEF dénommé « Système de protection de l’enfant en urgence dans l’Est de la RDC »
Le ministre belge de la Coopération au développement, Charles Michel, a décidé de soutenir le projet de l’UNICEF « Système de protection de l’enfant en urgence dans l’Est de la RDC » à concurrence d’un million d’euros, indique le ministère dans un communiqué rendu public vendredi à Bruxelles.
« Le conflit armé permanent en RDC continue d’avoir des conséquences dramatiques pour les enfants ; l’éclatement des familles et la destruction des structures sociales de base ont poussé des centaines de milliers d’enfants à l’exil », explique notamment le texte. Avec ses partenaires, poursuit le document, l'UNICEF lutte pour éviter les violations des droits de l’enfant et apporter une réponse adéquate à cette problématique, en mettant en place des mécanismes de protection à différents niveaux.
L’objectif de ces mécanismes est plus spécifiquement d’empêcher que des enfants soient enrôlées dans les forces armées, faire en sorte que les abus dont sont victimes les enfants soient rapportés et garantir que les enfants enrôlés dans les conflits armés puissent être réintégrés dans la société.
« Depuis 2005, les droits de l’enfant constituent l’un des quatre thèmes transversaux de notre coopération. En soutenant ce projet j’entends faire en sorte que les droits de l’enfant ne demeurent pas un simple idéal, mais qu’ils deviennent un véritable outil de développement à part entière. C’est tout simplement notre avenir à tous qui en dépend », a déclaré le ministre belge de la Coopération au développement.
Bruxelles n’a point de projet d’envoi des troupes en RDC !
La Belgique a démenti jeudi « avec la plus grande fermeté » les affirmations d'un mouvement congolais, les « Patriotes Résistants de Dongo » – une localité de la province de l'Equateur, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) en proie à des troubles ethniques – indiquant que Bruxelles préparerait l'envoi de troupes belges en RDC pour venir au secours du Président Joseph Kabila.
Un communiqué des Patriotes Résistants de Dongo, intitulé « Mise en garde au gouvernement belge : Bruxelles préparerait l'envoi des troupes belges en RDC au secours de Kabila », circule depuis mardi, notamment sur Internet. Mais, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere (CD&V), et son collègue de la Défense, Pieter De Crem, « tiennent à démentir avec la plus grande fermeté toutes les affirmations reprises dans ce texte » pour « couper court à toute rumeur malvenue », ont-ils indiqué dans un bref communiqué diffusé par les deux ministères.
Le texte des « Patriotes Résistants de Dongo » affirme que "l'attaché militaire belge à Kinshasa aurait été instruit de baliser le terrain pour l'arrivée aux environs de mi-décembre à Kisangani (le chef-lieu de la province Orientale, dans le Nord-Est de la RDC), d'un détachement des paras belges pour mater la rébellion des ex-FAZ (Forces armées zaïroises) et ex-MLC (Mouvement de Libération du Congo, un parti d'opposition) dans la province de l'Équateur" à la demande de M. Kabila. Pour camoufler son intervention devant l'opinion internationale, Bruxelles prévoit de faire intervenir ses hommes sur le terrain des opérations sous l'uniforme de la MONUC (la Mission des Nations Unies en RDC), ajoute ce mystérieux mouvement, qui cite « des sources militaires congolaises et diplomatiques proches de l'ambassade de Belgique à Kinshasa ».
Les « Patriotes Résistants de Dongo » ont revendiqué vendredi dernier les tirs de la veille contre un hélicoptère de l'ONU dans cette localité du Nord-Ouest de la RDC, et menacé de « renverser le pouvoir fantoche en place à Kinshasa ».
L'hélicoptère de la MONUC qui venait y ravitailler des Casques bleus avait essuyé des tirs au sol avant de redécoller en urgence se poser au Congo-Bazzaville voisin. Cinq personnes, sur la trentaine à bord, ont été blessées par les tirs. « Nous prenons l'engagement devant Dieu et devant tous les Congolais, de renverser le pouvoir fantoche actuellement en place à Kinshasa », affirme le mouvement qui dit « connaître une affluence massive » d'anciens militaires.
Dongo a été attaqué les 29 et 30 octobre par un groupe de la communauté Lobala (aussi appelée Enyele), qui s'en est pris à la communauté des Bamboma (ou Boba). Ces deux groupes sont en conflit depuis de nombreuses années au sujet de la gestion d'étangs piscicoles.
Les violences, qui ont depuis touché d'autres villages, ont fait au moins une centaine de tués, essentiellement à Dongo, à coups de machettes et par armes à feu, ou bien sont mortes noyées en traversant le fleuve Oubangi, marquant la frontière avec le Congo-Brazzaville.
Au moins 92.000 personnes ont fui ces violences: 54.000 personnes se sont réfugiées au Congo voisin, auxquelles s'ajoutent 38.000 déplacés internes, selon le Haut commissariat de l'ONU aux Réfugiés.
Acp
(TN/Milor/GW/Yes)