La Première Dame, Mme Olive Lembe Kabila, lance mardi à Kinshasa, sous les auspices du ministère de la santé et du PNSR, une conférence nationale pour le repositionnement de la planification familiale en vue de réduire le taux de mortalité infantile et maternelle en RDC
Le calendrier de la première Dame du Congo est fort chargé ces derniers temps. Après avoir présidé la cérémonie de la conférence nationale sur la femme africaine, Olive Lemba Kabila va patronner les travaux de la Conférence nationale sur le repositionnement de la planification familiale (PF) en République démocratique du Congo. Et là, c’est le mardi 8 décembre 2009, dans la salles des conférences internationales du ministère des Affaires étrangères, que la première Dame du Congo va donner le coup d’envoi desdits travaux. Tout est mis en oeuvre par le gouvernement ainsi que ses partenaires dont le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), l’USAID et C-change pour que cette conférence en soit une.
Une panoplie des décideurs congolais, d’experts tant nationaux qu’internationaux, des représentants des ONG et des médias, des partenaires tant nationaux qu’internationaux vont, pendant deux jours, réfléchir sur des stratégies à mettre en place pour relancer la PF à travers diverses activités notamment en plaidoyer.
Il s’agira aussi de sensibiliser les leaders et décideurs influents aux niveaux national et local, et les bailleurs de fonds en vue d’obtenir un soutien en faveur des politiques, programmes, législation appuyant la relance de la PF en RDC. Cette révélation a été faite par le professeur Aloïs Nguma, président du comité technique d’organisation de ladite conférence. C’était au cours d’un briefing organisé, vendredi 4 décembre 2009 au siège du PNSR en faveur de la presse.
En effet, la planification familiale est un ensemble de mesures permettant de favoriser les naissances, d’agir sur l’intervalle entre celle-ci, d’éviter les naissances non désirées et de donner à chaque couple les moyens de déterminer le nombre d’enfants qu’il désire. Selon le professeur Aloïs Nguma, en Afrique, il y a beaucoup de problèmes en relation avec le bien-être de la population. L’état du bien-être préoccupe le monde. C’est pourquoi, lors de la conférence du Caire (Egypte) en 1994, les Objectifs pour le développement (OMD) ont mis en place des stratégies.
Chez nous en RDC, a précisé le professeur Aloïs Nguma, l’étude EDS menée en 2007 indique que les besoins non satisfaisants en PF s’élèvent à 37 %. En d’autres termes, près de 4 femmes sur 10 qui cherchent à espacer leurs naissances ne savent où obtenir les services PF. Pourtant, la satisfaction de ce besoin serait une des solutions à la baisse de la mortalité maternelle et de l’atteinte des Objectifs pour le développement (OMD).
Sensibiliser les décideurs influents aux niveaux national et local
« Pour contribuer à inverser la tendance en ce qui concerne la mortalité maternelle et infantile, en particulier et plus globalement à progresser vers l’atteinte des OMD, le gouvernement de la RDC, en collaboration avec ses partenaires, plus précisément l’USAID et l’UNFPA, ont convenu de relancer la PF à travers diverses activités notamment en plaidoyer. Il s’agit de sensibiliser les leaders et décideurs influents aux niveaux national et local et les bailleurs de fonds en vue d’obtenir un soutien en faveur des politiques, programmes, législation appuyant la relance de la PF en RDC, a insisté le président du comité technique d’organisation de ladite conférence.
Le professeur Aloïs Nguma a, par ailleurs, insisté sur le fait que les OMD ont mis en place des stratégies et échéances avec des indicateurs sociaux, économiques et sanitaires. Les indicateurs ont privilégié la santé de la femme comme mère et de l’enfant. Partant, les indicateurs de toute la famille. La santé de la mère et de l’enfant se retrouve dans la santé de la reproduction (SR). Ainsi, « il faut tout faire pour réduire la situation scandaleuse de mortalité des femmes et des enfants, mieux la mortalité maternelle qui est l’objectif 5 des OMD ».
Mais pourquoi repositionner la PF ? S’est-on interrogé. A cette question, Aloïs Nguma a insisté sur le fait que la PF a été arrêtée comme stratégie. Celle-ci a fait ses preuves mais chez nous, elle n’est pas appliquée. « Les indicateurs sont claires avec la détérioration de la santé de la mère. Le taux élevé de la mortalité maternelle est le plus scandaleux du monde : non application de la PF. C’est ainsi que la conférence veut que la population prenne conscience, à tous les niveaux, à utiliser les services des prestataires de qualité afin d’avoir les OMD », a insisté le président du comité technique d’organisation de ladite conférence.
Il a appelé à la mobilisation des médias congolais pour une large couverture et diffusion des travaux de la conférence dont les conclusions seront un tremplin pour le repositionnement de la politique congolaise en faveur de la planification familiale. Il sied de préciser que la planification familiale est une arme efficace dans la lutte contre la pauvreté. Elle est essentielle pour assurer l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes. Quand une femme planifie sa famille, elle peut planifier le reste de la vie. Que les décideurs congolais en prennent conscience.
Willy Kilapi/L’Observateur
(DN/TH/Yes)