La très attendue Conférence internationale de Copenhague sur le changement climatique s’ouvre lundi prochain et la RDC dont les forêts en représentent le gros enjeu est en droit d’y présenter une pertinente et légitime revendication de soutien mondial à la protection de son précieux écosystème
Tant de mobilisation autour de ce sommet qui s’ouvre le 7 décembre prochain à Copenhague. Le sommet de Copenhague se situe dans l’histoire donc comme l’une des dernières chances, soulignent des experts, si les efforts internationaux consentis pour réduire le rejet de gaz à effet de serre devaient échouer.
La R-dCongo sera représentée à la Conférence internationale de Copenhague sur le changement climatique (7-18 décembre) par le président de la République en personne, qui conduira une task force d’une cinquantaine de personnalités, composée d’officiels (présidence de la République, gouvernement, parlement), mais aussi de représentants de la communauté scientifique et de la société civile.
Cette task force, souligne-t-on, comportera un noyau dur d’une dizaine d’experts nationaux et internationaux sélectionnés avec l’appui des partenaires au développement. La présence de Joseph Kabila Kabange, président en exercice de la SADC, appuiera la position africaine sur un régime international complet de gestion du changement climatique. Des voix critiques se lèvent de plus en plus pour mettre en garde contre les répercussions écologiques imprévisibles.
D’où la question : quelles propositions la R-dCongo ira défendre à cette rencontre planétaire au regard de sa forêt, la deuxième au monde et qui contribue efficacement à la protection du climat ? Préserver le climat n’est pas en contradiction avec les impératifs économiques. C’est bien plutôt une condition à la prospérité future de notre société, pose Gabin Musoni Mundeke, expert en environnement.
La question du changement climatique dû à l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère risque probablement de demeurer beaucoup plus longtemps à l’agenda des grandes négociations internationales. Alors que le risque lui-même, ses causes humaines ainsi que la gravité des conséquences éventuelles paraissent se confirmer. L’importance des mesures à mettre en œuvre et la diversité des intérêts en présence expliquent la lenteur des progrès réalisés, déclare Gabin Musoni Mundeke.
Porteur d’avenir
Qui pense que le président Joseph Kabila devrait plaider à Copenhague pour que les fonds pour le développement durable permettent réellement de transférer une part significative de son capital dans ce secteur novateur et porteur d’avenir qu’est la lutte contre le réchauffement climatique.
« La répartition inégale des coûts provoqués par les effets de changement climatique est le problème principal. Entre 1750 et 2005, les pays industrialisés ont produit plus de trois quarts des émissions de dioxyde de carbone. Et pourtant, ce ne sont pas eux qui subissent les conséquences les plus graves, mais des personnes au bas niveau de vie comme la population pauvre des pays en développement », dit-il. Et d’ajouter : En raison de leur responsabilité historique, les pays industrialisés doivent aider les pays défavorisés à s’adapter aux conditions nouvelles et leur faciliter l’accès à des technologies économiques et énergétiques efficaces ».
Lors de la 4ème conférence à Buenos Aires en Argentine, en 1998, l’année 2000 a été fixée comme la limite pour le choix des instruments qui permettraient de passer à la mise en œuvre du protocole de Kyoto de 1997. La négociation qui devait franchir une nouvelle étape lors de la 6ème conférence de la Haye aux Pays-Bas, en 2000, n’a pas donné des résultats escomptés. Le risque de changement climatique dû à des activités d’origine humaine est largement lié à l’usage intensif des sources d’énergies fossiles, c’est-à-dire du charbon, pétrole, gaz naturel et autres, explique Gabin Musoni.
La France accompagne déjà le Brésil pour ce qui est des revendicatIons à présenter à Copenhague, tenant compte de sa forêt amazonienne, la première au monde. Si la SADC, tel que souhaité par Joseph Kabila Kabange, lors du sommet de septembre dernier à Kinshasa, ne s’accrochait pas à la R-dCongo ni encore la CEEAC (Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale) avec qui elle partage sa fort, il revient alors à l’exécutif r-dcongolais, toujours dans ce contexte du changement climatique, de s’imaginer que des « incitations économiques à réagir au réchauffement climatique se manifesteront, par exemple, sous la forme d’une augmentation des primes d’assurance pour l’indemnisation des catastrophes naturelles », indique-t-il.
On s’accorde à penser que si les tendances actuelles se prolongeaient, on assisterait à un doublement de la concentration de CO2 à l’horizon 2100, qui entraînerait un réchauffement compris entre +2° et +3,5°. « Les principaux effets de cette augmentation de température serait une perturbation du cycle de l’eau et une augmentation de la fréquence et de l’intensité des catastrophes naturelles. S’ajoutant aux effets directs de la montée des eaux des océans et de la désertification de certaines régions, les conséquences sur les écosystèmes naturels, l’agriculture et la santé coûteraient plusieurs dixièmes de point de pourcentage du PIB mondial par an », poursuit-il.
« Il y a aujourd’hui deux types d’obstacles à l’évaluation du coût des dommages, l’un d’ordre scientifique, l’autre d’ordre politique. Du point de vue scientifique, l’incertitude sur les dégâts demeure très importante. Du point de vue politique, il se pose un problème de comparaison des coûts, aussi bien dans l’espace que dans le temps. Si l’on se base sur le consentement à payer, on devrait prendre en compte une valeur statistique de la vie variant considérablement d’un pays à l’autre, ce qui est difficilement affichable par la communauté internationale », fait savoir Musoni Mundeke.
Ainsi, il pose: pour la R-dCongo, ne pas agir maintenant, c’est faire preuve d’une négligence grave. « Il n’y a pas qu’à solliciter des fonds pour la protection de sa forêt naturelle, mais il y a aussi à créer des fonts artificielles surtout dans l’axe Sud du pays (Katanga, les deux Kasaï, Bandundu, Bas-Congo, Nord et Sud-Kivu), à l’image de celle du Projet d’agroforesterie de Mampu au plateau de Bateke, un moyen de combattre les érosions et aussi une disposition pour fertiliser le sol », souligne-t-il. Selon les experts, il faudra que la R-dC souligne son importance dans cette lutte.
Forte mobilisation des Francophones pour le Sommet de Copenhague
Les pays en développement sont appelés plus que jamais à s’impliquer activement dans les négociations sur les changements climatiques dans le cadre de la conférence de Copenhague, organisée par les Nations Unies du 7 au 18 décembre. Comment ces pays se préparent-ils à ce grand rendez-vous international ? Comment réussiront-ils à faire entendre leur voix et détendre leurs intérêts ?
La francophonie, qui réunit des pays allant des plus riches aux plus pauvres de la planète, s’est mobilisée pour la pleine participation des pays francophones du Sud aux négociations sur les principaux enjeux de la conférence : l’adoption de nouvelles mesures visant à accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le monde et la promotion du développement durable dans les pays en développement.
A Copenhague, durant quinze jours, plus de cinquante délégations des Etats et gouvernements membres et observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie (ministres et chefs de délégation, experts, représentants des organisations territoriales et régionales, membres de la, société civile et de la communauté scientifique) bénéficieront d’outils de compréhension et d’argumentation, de tribunes et de plates-formes d’échanges et d’information mis en place par l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie (IEPF), organe subsidiaire de l’OIF.
Un atelier sur le thème : « Les agricultures africaines face aux changements climatiques » se tiendra le 7 décembre. Un autre, le 9 décembre, portant sur les approches sectorielles d’adaptation au changement climatique, présentera notamment les études réalisées dans le cadre du projet NECTAR (Négociations climat pour toute l’Afrique réussies), destinées à accompagner les équipes africaines à faire prendre en compte leurs besoins de développement durable après 2012, dans des secteurs aussi cruciaux que l’agriculture, l’urbanisme, le transport ou la lutte contre la déforestation.
Le 16 décembre une concertation ministérielle en présence de Clément Duhaime, administrateur de l’OIF, présidée par l’Honorable Jim Prentice, ministre de l’Environnement est organisée sur les lieux de la conférence. A cette occasion Monique Barbut, présidente et directrice générale du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), fera une intervention ainsi que d’autres experts et acteurs nationaux et multilatéraux.
Des organisations de jeunes de plus de vingt pays ont été mobilisées par l’OIF pour prendre part au dialogue avec les experts grâce à des visioconférences en direct de Copenhague. L’objectif: démocratiser la conférence pour la rapprocher principalement des jeunes. Ces échanges pourront être suivis en ligne sur www.mediaterre.org et associeront les campus numériques de 1’Agence universitaire de la Francophonie.
Le Soft/Le Potentiel
(DN/Tkm/GW/Yes)