oliveLes rideaux sont tombés, jeudi 3 décembre à la Cité de l’Union Africaine au Mont Ngaliema, sur les assises du 3ème Congrès de la femme noire, dont les travaux ont été lancés deux jours auparavant, soit le mardi 1er décem­bre, par Mme Olive Lembe Kabila, première dame de la RDC.

Trois journées ont été nécessaires pour passer au crible les conditions de vie de la femme noire par les différentes délégations venue du monde entier pour participer à ce forum.

Plus ou moins deux mille femmes ont, au cours de ces travaux, posé un diagnostic sans complaisance avant d’envisager des pistes de solutions à l’épineuse question de la femme à travers le monde.

Pour plus d’efficacité, les participantes ont procédé en premier lieu par l’examen de la con­dition de la femme par le passé. Ensuite, elles ont analysé les réa­lités actuelles avant de poser, enfin, un diagnostic sur tous les pro­blèmes qui entravent le dévelop­pement, mieux l’épanouissement de la femme.

La stratégie arrêtée tout au long de ce Congrès avait pour but de permettre à la femme de scruter ses responsabilités d’aujourd’hui en vue de mieux affûter ses moyens de combat.

Cette volonté des femmes d’aspirer à leur mieux-être et ce, en comptant sur leurs propres for­ces, peut se lire à travers les dif­férentes résolutions et autres re­commandations qui ont sanction­nées la fin des travaux de Kins­hasa.

Notamment, « l’obligation pour la femme africaine à se lever et à se prendre en charge; la création d’un réseau  devant assurer le suivi des travaux de Kinshasa ; que la femme noire venue de par le monde prenne l’engagement de travailler en synergie avec la femme noire du continent pour le développement durable de l’Afrique ; la nécessité de continuer à explorer les pistes pour consolider la visibilité directe des actions des premières dames dans l’initiative de soutenir des femmes porteuses de projets de développement durable ; développer l’initiative micro-finance pour aider la femme à lutter contre la pauvreté, le VIH/Sida.

La drépanocytose, le paludisme ; l’obligation pour les femmes primées à aller à la rencontre des femmes de la base pour les aider et les encourager à aller plus loin ; la mise en place des structures économiques favorisant le développement de la femme noire ; que les responsables des institutions de micro-finance allègent les conditions d’obtention des micro-crédits et revoir le taux d’intérêt selon les conditions sociales des bénéficiaires ; que les femmes leaders fassent un plaidoyer pour la mise en application concrète de la parité homme-femme dans tous les secteurs d’activités ; et enfin qu’il soit favorisé la création des cellules d’encadrement et de prise en charge des femmes violées ».

Satisfaction de Mme Olive Lembe

Dans son mot de clôture, Mme Olive Lembe Kabila s’est réjouie du succès des travaux de Kinshasa. Cet avant de se dire combler de partager une riche expérience avec les femmes noires de la diaspora, laquelle expérience pourra aider les femmes à mieux structurer la coordination de leurs efforts. Et la première dame de la RDC a rappelé aux participantes qu’elles ont un devoir à remplir : celui de concrétiser leur participation assidue à la renaissance africaine.

Mme Olive Lembe qui croit à la performance de la femme et l’invite à plus d’efficacité : « L’efficacité dont il est question ici, concerne d’abord et en premier lieu l’éthique. La femme noire, la femme africaine n’aura rien apporté à l’Afrique renaissante et au monde si son action ne s’inscrit pas dans le retour aux valeurs éthiques…. C’est là la condition première de la construction d’une Afrique harmonieuse qui avance vers le progrès tout en se réconciliant avec elle-même ».

Cérémonie de clôture riches en couleurs dans une ambiance bon enfant, des femmes ont, par des chants et danses, célébré cet événement. Signalons par ailleurs que la journée de mercredi a connu l’inauguration du village Genre où étaient étalés des produits manufacturés, vivriers, des vêtements et œuvres d’art, fruit de l’imagination et de créativité des femmes dans divers domaines.

Dans la soirée, les femmes qui se sont distinguées dans différents domaines ont été primées par le chef de l’Etat Joseph Kabila, entouré pour la circonstance de Mmes Marie-Antoinette Sassou du Congo-Brazzaville, Banda de la Zambie et Olive Lembe Kabila de la RDC.

Première Dame hyper-politique !

En près de cinquante ans d’histoire, la RDC aura connu quatre présidents de la République. Par voie de conséquence autant de premières dames. De madame Kasa-Vubu, on ne connaît pas grand chose, tant cette vénérable first lady, façon années soixante, vivait dans l’ombre de son illustre mari. Avec l’avènement de Joseph Désiré Mobutu, s’installe une première dame au grand coeur et extravertie: Marie-Antoinette. Des oeuvres sociales à impact visible ont suffi pour faire la renommée de « mama Mobutu ». Celle-ci arrachée brutalement à l’affection de Zaïrois d’alors, vint « mama » Bobi Ladawa. Si cette first lady a remplacé la distinguée Marie-Antoinette dans le coeur du Maréchal-président, elle n’a pu faire oublier sa devancière aux Zaïrois.

A la faveur de la révolution signée Afdl, les Congolais connurent enfin la première alternance depuis trois décennies. Mais, le légendaire rebelle qui prend le pouvoir à Kinshasa entretient un hallo de mystère autour de sa vie conjugale. A une question sur quand les Congolais connaîtront la nouvelle First lady, le vieux maquisard rompu à la dialectique botte en touche. La vénérable mama Sifa vivra presque dans l’anonymat jusqu’à la disparition de son président de mari. A la mort de M’zée, les Congolais découvriront une dame pétrie de vertus africaines.

Enfin, apparaît Olive Lembe Kabila. Révélée à  la faveur du mariage, la nouvelle First lady étonne par sa combativité. Elle se jette sans complexe dans l’arène politique au plus fort de la campagne en vue de l’élection présidentielle. Plus qu’un auxiliaire de son mari, cette yombe imbibée de culture swahili assortie de réflexe kinois surprend par son bagou qui déborde largement du registre social, terrain de prédilection des premières dames.

Depuis, l’étoile « mama possible » n’a cessé de briller dans le firmament de la kabilie. Pas au point de faire ombrage à l’aura de son tendre époux, mais pour l’épauler. Le troisième congrès de la femme noire vient d’administrer la confirmation que l’actuelle First lady n’entend pas seulement se contenter du terrain social. Alors, question à un franc symbolique: les Kabila pourront-ils nous jouer le coup du couple présidentiel argentin? A Buenos Aires, Nestor, le mari, a passé la main, via le suffrage universel, à Cristina, l’épouse. Un Kirchner cachait une Kirchner. Trêve de fiction. Une certitude tout de même: des quatre premières dames de l’histoire de la RDC, Olive Lembe Kabila est la plus politique.   

Forum des As/Le Potentiel


(DN/TH/GW/Yes)