banki-moonLe dernier Rapport des experts des Nations unies sur les pilleurs des ressources naturelles de la RDC a mis le gouvernement tanzanien dans tous ses états. Celui-ci n’accepte pas que la Tanzanie soit associée au réseau de 25 pays cités dans ce document et qui apportent leur appui aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Il exige, pour cela, des excuses de la part des Nations unies.

Le gouvernement tanzanien s’insurge contre le Rapport des experts des Nations unies dans lequel la Tanzanie est citée parmi les vingt-cinq pays qui soutiennent les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Il nie apporter ce soutien visant à continuer d’entretenir l’insécurité dans l’Est de la RDC pour permettre la poursuite du pillage des ressources naturelles du Congo. Le ministre Tanzanien des Affaires étrangères, Bernard Membe, l’a fait remarquer au cours d’une conférence de presse tenue mardi à Dar-Es Salaam, signale l’agence de presse catholique Misna.

«Les parties à l’origine de ce mensonge doivent présenter leurs excuses à la Tanzanie car ce pays n’armera jamais aucun groupe qui terrorise de bons voisins comme le Rwanda et la République Démocratique du Congo», a-t-il déclaré. Avant de souligner que c’est une allégation qui «n’est pas acceptable». Aussi, le gouvernement tanzanien exige-t-il des excuses parce qu’il mérite d’être bien traité, a fait valoir le chef de la diplomatie tanzanienne: «Nous méritons et exigeons des excuses», rapporte la source. Qui renseigne qu’il a défini le Rapport de l’Onu comme «un mélange de mauvaises intentions». Pour lui, il s’agit d’«un acte d’hostilité que le gouvernement tanzanien peut difficilement passer sous silence.
 
La réaction de la Tanzanie est légitime. Toutefois, il est curieux qu’elle soit le premier et le seul pays, parmi les vingt-cinq qui constitueraient un réseau de soutien au mouvement rebelle des Forces démocratiques de libération du Rwanda, à contester ce Rapport produit par des experts des Nations unies.
 
Cette déculpabilisation «verbale» ne voudrait-elle pas confirmer l’adage selon lequel « qui se sent morveux, se mouche ? ».
 
Certes, il est vrai que reconnaître d’emblée une accusation, pour un pays, ne fait pas partie de mœurs diplomatiques. D’ailleurs, pour le cas d’espèce, si la Tanzanie se retrouve quelque part, financièrement s’entend, elle ne peut que jouer à ce vilain jeu. L’amitié entre les Etats n’existant pas, seuls les intérêts comptent. Et cela quels que soient les moyens utilisés.
 
L’occasion ici de demander au gouvernement de chercher à obtenir des preuves des pilleurs de la RDC pour ester en justice tous les pays incriminés et toutes les multinationales qui se cachent derrière eux. Et, surtout, de faire le suivi de différents dossiers afin d’essayer d’obtenir réparation.
 
Silence coupable
 
Il est malheureusement constaté que ce n’est pas la première fois que l’exécutif congolais soit au courant d’un tel Rapport. Il ne s’en sert jamais. C’est comme s’il attendait que les instances judiciaires internationales ou des pays non impliqués dans le pillage des richesses congolaises fassent le travail à sa place. Des cas sont légion, surtout depuis le déclenchement de la guerre du 2 août 1998.
 
Tel celui du Rwanda, de l’Ouganda et de plusieurs multinationales cités dans plusieurs Rapports de l’Onu et des ONG de défense et de protection des droits de l’Homme et dans lesquels sont repris aussi les noms des personnalités congolaises. Jusqu’à présent, silence radio, côté gouvernemental. Ce silence ne peut être que coupable.
 
Aussi, comment ne pas croire que des ennemis du peuple congolais se cachent derrière ceux qui dirigent le pays. Et que les pilleurs, tant nationaux qu’internationaux, des richesses de la RDC ne bénéficient pas de la complicité intérieure. Car, comme on le voit, à Kinshasa, par exemple, on dirait que tous les dirigeants, jusqu’à un certain niveau, sont à l’abri du besoin. Ils roulent carrosse et vivent dans une opulence insolente.
 
Si la Tanzanie crie au Ponce Pilate, l’heure a sonné pour aider à découvrir la vérité.

Diosso Olivier/Le Potentiel


(TN/Ern./GW/Yes)