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Jean-Baptiste Tati-Loutard est né en 1938 à Ngoyo au Congo Brazzaville. Il est décédé le 04 juillet 2009. Vaut mieux tard que jamais, il mérite hommage. Il a achevé ses études supérieures à Bordeaux, où il obtint un doctorat en Lettres.

De retour au Congo, il est devient enseignant, puis doyen de l’Université de Brazzaville. À partir de 1975, il est devenu Ministre de l’Enseignement Supérieur, puis de la Culture, en 1997, Ministre des Hydrocarbures, selon le Sudplanete Culture.

Cette vie de grand commis de l’État ne l’a jamais empêché d’assumer ses cours à l’Université ni d’écrire des poèmes et nouvelles.

Derrière lui, Il laisse un héritage fertile et riche en littérature ; deux romans, trois recueils de nouvelles, une anthologie, un essai et dix recueils de poèmes. Son empreinte sur la littérature congolaise est colossale. Avec son Anthologie de la littérature congolaise, il a initié l’histoire des littératures nationales.

Dans l’esprit de Tati-Loutard, cette idée de littérature nationale ne pouvait être comprise que dans le cadre de la critique de la Négritude. Au fond, cette anthologie complète sa postface aux « Poèmes de la mer », publié dans les annales de l’Université de Brazzaville. En voici quelques-uns récoltés au fil des lectures.

"Il faut charger les mots d’une énergie telle que le taux de déperdition ne dépasse pas 50 % sur un siècle" ; "La marche solitaire stimule l’intuition poétique. Le pied est un excellent instrument de musique" ; "Le mot vient au monde comme un animal qui sort du terrier. Au moindre bruit, il rebrousse chemin" ; "La poésie ressemble à la mort : elle vous atteint n’importe où et n’importe quand ; elle frappe souvent au lit et sur la route : lieux où guette aussi la mort" ; "La poésie engagée ne doit pas emprunter le ton de la harangue ; autrement dit, elle ne doit pas uniquement créer l’action mais la susciter subtilement chez le lecteur. Il importe qu’elle soit plus engageante qu’engagée".

Enfin, voici la pensée à l’origine de cette vie poétique : "Au XXème siècle, le poète est très conscient d’être poète et le poème atteint un âge critique.D’où l’importance de l’aphorisme poétique.

Pour la première fois, semble-t-il, l’art progresse en se regardant sans cesse dans un miroir." En Afrique, seuls Senghor et lui ont été très tôt sensibles à cet aspect de la poésie moderne, qui consiste à se regarder dans le miroir et à dialoguer avec les arts.

Voilà autant de facettes d’un honnête homme, que Jacques Rabemanajara présentait en 2001 comme « un gentleman paisible, amateur d’ordre, peu de goût pour l’éclat, plutôt tourné vers le pastel, cursus universitaire complet et brillant, plusieurs langues étrangères en prime ».

Onassis Mutombo/L’Avenir


(Tkm/BT/PKF)



Last edited: 03/12/2009 14:37:31

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