Dans le cadre des récompenses annuelles aux artistes musiciens méritants, il vient d’être décerné, à Brazzaville, le prix « Tam ­Tam D’Or » à Lutumba Simaro, Jossart Nyoka Longo et Mbilia Bel.

Le « Poète » Simaro Masiya est primé pour l’ensemble de son œuvre au sein du T.P. OK Jazz, a précisé le journaliste Médard Milandu du Congo­ Brazzaville.

Faut-il le rappeler, Lutumba Ndornanueno a évolué 32 ans durant dans l’orchestre précité, soit de 1961 à 1993. Il a passé 28 ans aux côtés du Grand Maître Luambo Makiadi, de 1961 à 1989, année de la mort du patron du TP OK Jazz, et 4 ans en qualité de président du groupe laissé par Franco. Soit de 1989 à 1993.

Aux côtés de Franco, Simaro Masiya s’est très vite révélé comme un auteur­ compositeur d’exception. C’est un parolier qui est parvenu à créer une école, celle du « verbe » pour reprendre le mot de Félix Wazekwa.


Ecole qui se caractérise par l’usage, dans les chansons, de proverbes et autres traits de sagesse qui soient de l’auteur même de la chanson.

Face à Luambo Makiadi, Lutumba a créé aussi son propre style dit « Lolaka », qui voit une chanson être interprétée par un seul chanteur.

Sam Mangwana a brillé dans cette optique dans l’anthologique « Mabele » autant que dans « Ebale ya Zaïre » et autres « Faute ya commerçant », tandis que Djo Mpoy Kanyinda a crevé l’écran avec « Kadima » et « Mandola ».

Lassa Carlyto s’est révélé au grand public grâce à l’inusable « Maya » et à « Affaire Kitikwala » pour ne citer que ces titres. Il y a eu aussi Madilu System interprète inoubliable de « Daty Pétrole », « Melesi bapesa na mbwa », « Eau bénite »... Malage De Lugendo, avec « Testament ya Bowule ».

Dans l’ensemble de l’œuvre de Simaro Masiya, la quantité rime avec la qualité. A juste titre, l’actuel patron de Bana Ok, auteur d’œuvres anthologiques, est considéré comme un baobab, un monument vivant de la musique sur les deux rives du fleuve Congo.

Pour sa part, Jossart Nyoka Longo s’est vu décerner le «  Tam-Tam D’Or » dans le cadre de la génération Zaïko.

On le sait, le groupe Zaïko Langa Langa a révolutionné la scène musicale congolaise et porte haut l’étendard de la musique de la Rdc jusqu’au Japon, aux Antilles, voire au delà.

S’ils n’ont pas été eux- ­mêmes influencés par Zaïko, moult orchestres en Rdc ont pour ancêtre, de manière directe ou indirecte, le groupe aujourd’hui dirigé par Jossart Nyoka Longo sous le nom de Zaïko Nkolo Mboka.

L’une des toutes meilleures voix féminines du continent, Mbilia Bel est récompensée pour l’ensemble de sa carrière.

Une carrière entamée comme danseuse et choriste chez Abeti Masikini puis, aux côtés de Sam Mangwana pour devenir aussi éclatante que fulgurante sous la direction du Seigneur Rochereau (Tabu Ley) au sein de l’Afrisa International.

Tant aux côtés de Rochereau que du guitariste Rigo Star Bamundele (album « Phénomène »), du maestro Souzy Kaseya, le compositeur et arrangeur bien connu, que Simaro Masiya (« Mama Kulutu », « Mobali ya Bébé »), Mbilia Bel s’est révélée une chanteuse d’exception, à la voix exquise, douée d’un talent d’interprète hors du commun. Une véritable perle, en somme, pour la musique congolaise.

C’est donc le travail bien fait et des carrières exemplaires que le « Tam­ Tam D’or » met en valeur à travers le Poète Lutumba Simaro, Jossart Nyoka Longo et Mbilia Bel alias la Cléopâtre de la musique africaine. Gloire aux artistes !

Kale Ntondo/Visa


(Ern/BT/PKF)