Les fidèles qui se rendaient dans différentes églises paroissiales ont essuyé des jets de pierres. La société civile de cette cité accuse l’évêque du diocèse de Kabinda de mauvaise gestion et lui demande aussi de restituer les fonds et les biens qu’ils accusent d’avoir détourné.
Selon des informations qui nous sont parvenues de Kabinda, chef-lieu du District portant le même nom, et ville située à 150 Km de Mbuji Mayi capitale de la province minière, la société civile de cette ville a décrété une journée « cité sans messe » dimanche 29 novembre 2009, premier dimanche de l’Avent. Depuis très tôt matin, les fidèles qui se rendaient dans différentes églises paroissiales ont essuyé des jets de pierres. La société civile de cette cité accuse l’évêque du diocèse de Kabinda de mauvaise gestion et lui demande aussi de restituer les fonds et les biens qu’ils accusent d’avoir détourné. « La société civile a lancé un message demandant à l’évêque de démissionner. La marche qui a commencé à la cathédrale Saint Martin a été surveillée par la police » a indiqué un responsable de la société civile, interrogé par un correspondant de la Rtga à Kabinda.
Il sied de souligner que cet incident arrive quelques jours après les échanges de correspondances entre les prêtres de ce diocèse. Ceux-ci, au lieu de résoudre leurs problèmes à l’interne, ont préféré les exposer à la place publique. En effet tout a commencé avec la suspension de l’Abbé Kembe, même si celui l’a qualifié d’un règlement de compte. Par la suite, il s’en est suivi une lettre d’explication de circonstances suite auxquelles il a été suspendu. Une autre lettre qui est venue jeter l’huile au feu est celle de l’Abbé Mbuyu, Vicaire épiscopal chargé des biens temporels, datée du 18 novembre 2009. Celui-ci écrit « Scandée d’apostrophe » Père « qui nous ferait penser à l’esprit de la prière sacerdotale en Jn 17, votre lettre et votre pétition sont un sacrilège en cette année du sacerdoce et un scandale reflétant un manque de foi et une vision obscurantiste du ministère sacerdotal » avant de passer en revue tous les prêtres qui sont en dehors du diocèse de Kabinda.
Dans un autre courrier du 17 novembre 2009, le frère Nestor Ntanda Yakuetu a peint le tableau du retour de l’évêque Valentin Masengwo Nkinda de Rome où il était allé participer au synode en ces termes : « à son retour de Synode de Rome, Son Excellence Mgr Masengwo Valentin, évêque de diocèse de Kabinda Rdc, a fait venir du village les membres de sa famille accompagnés d’une milice équipée des armes blanches (couteaux, machettes, lances, haches) pour défendre le prélat qui serait menacé, selon lui, par les chrétiens catholiques du centre de Kabinda, qui ne veulent plus de lui depuis la sortie de courrier des prêtres adressé au Cardinal Préfet de la Congrégation de l’Evangélisation des Peuples », indique-t-il, avant d’ajouter que quelques heures avant l’arrivée de l’évêque à Kabinda, la résidence épiscopale a été quadrillée par la milice tribale, les éléments de la Police Nationale Congolaise (P.N.C.) et de l’Agence Nationale de Renseignements (A.N.R.)…
Au regard de ce qui vient de se produire à Kabinda, plusieurs questions méritent d’être posées, notamment la question de savoir si la décision de la société civile était la selle solution proposée. Etait-il indiqué soit pour une société civile, ou pour une quelconque autre personnalité d’empêcher la population d’accomplir son devoir vis-à-vis de son Dieu? Pourquoi la police locale n’a pas pu protéger la population ?
Pour avoir une réponse nette à toutes ces interrogations, lisons encore quelques lignes de la lettre de Fritz Ntanda Maloba, un laïc engagé du diocèse de Kabinda : « depuis ces six dernières années la politique pastorale de Mgr Valentin Masengo au diocèse de Kabinda (Kasaï Oriental) est décriée tant par les agents pastoraux, les fidèles chrétiens catholiques et non catholiques que par la cité héroïque de Kabinda. Les injustices, le favoritisme, le manque de transparence et d’efficacité même dans la gestion du diocèse - naguère bien côté au niveau provincial et national - dont le renom n’est plus qu’un souvenir lié au temps de Feu Mgr Matthieu Kanyama - qu’il repose en paix.
Le Vatican demeure le seul rempart
Dans le diocèse de Kabinda, au lieu de faire appliquer l’adage d’après lequel le linge sale se lave en famille, les prêtres dans leur majorité et les fidèles estiment que la vraie solution ne viendra que du Vatican. « Nous ne voulons pas nommer les Instituts religieux qu’il a déjà intimidés, afin de les préserver des secondes répressions prévisibles : notre évêque ressemble aujourd’hui à un lion mortellement blessé rougissant en fureur, et capable de dévorer la proie qui s’approcherait imprudemment de lui », indique Christine Nseya, une ex- religieuse du diocèse de Kabinda.
L’Avenir
(Tkm/GM/PKF)