La série de mesures préconisées à la réunion interinstitutionnelle de Mbuji-Mayi sont saluées pour leur intérêt sociopolitique évident par le parti UDCO de Banza Mukalay qui recommande que les dites mesures soient coulées en décisions exécutoires à prendre par le gouvernement et autres institutions constitutionnelles.
L’opinion congolaise a suivi avec un ravissement que d’aucuns ne se sont pas réservés de manifester le compte-rendu de la réunion interinstitutionnelle présidée par le Chef de l’Etat la semaine dernière à Mbuji-Mayi. Et pour cause. D’importantes mesures y ont été annoncées tant sur le plan politique que sur celui du social. Elles concernent notamment, d’une part, le « financement de l’opération de révision du fichier électoral au moyen des fonds résultant de la vente de la carte d’identité, désormais obligatoire pour tout citoyen congolais ». Dans le même contexte, « Il a été préconisé que la RDC prenne elle-même la charge de l’organisation des élections générales de 2011», ainsi que renseigne le communiqué de presse rendu public au terme de la mémorable réunion.
D’autre part, « En liminaire, la réunion interinstitutionnelle a examiné la situation préoccupante de la province du Kasaï Oriental en général, et celle de la MIBA en particulier, et a formulé des recommandations au gouvernement », en a rapporté le communiqué de presse. Deuxième point inscrit à l’ordre du jour, la situation sécuritaire a été portée à la connaissance de l’interinstitutionnelle.
Le communiqué de presse a présenté d’intéressantes options qui y furent levées. Au point que certains dans le public ont déploré que ce n’eût pas été carrément l’organe exécutif, le gouvernement, qui eût eu l’opportunité de se réunir à Mbuji-Mayi pour décider de la prise de ces mesures. Parce que le gouvernement étant une institution constitutionnelle nantie de pouvoir d’exécution est mieux habilité à concrétiser lesdites mesures, contrairement à la réunion interinstitutionnelle qui reste informelle et n’a pas, constitutionnellement parlant, pouvoir de décision opposable aux tiers.
C’est cette carence d’emprise directe sur l’application concrète de si opportunes mesures importantes à matérialiser qui vient d’être relevé par les dirigeants remarqués très avisés du parti politique Union pour le Développement du Congo (UDCO). Dans une pertinente déclaration de leur leader, le président national de cette formation politique, ci-devant M. Banza Mukalay Nsungu, explique, en effet, l’importance de voir couler en actes les options de la réunion de Mbuji-Mayi. Voici cette déclaration de M. Banza Mukalayi Nsungu.
« 1. L’Union pour le Développement du Congo (UDCO) salue la rencontre interinstitutionnelle tenue le 25 novembre 2009 à Mbuji-Mayi sous la présidence du Chef e l’Etat. Ce qui constitue un acte de solidarité majeure du pouvoir central à l’endroit des compatriotes sinistrés.
2. L’UDCO se félicite également des points abordés à l’ordre du jour de cette importante rencontre.
3. L’UDCO invite les institutions constitutionnelles de la République à traduire dans les actes, chacune en ce qui la concerne, les options levées lors de réunion interinstitutionnelle. Cette structure étant une instance informelle de concertation et d’échange d’informations entre animateurs de différentes institutions de l’Etat. Signé Banza Mukalay Nsungu, Président national ».
Plus question de s’arrêter aux vœux pieux, place aux actes concrets de haute responsabilité politique
Deux faits ont retenu l’attention des observateurs avertis de la politique congolaise. Il s’agit en premier lieu de la décision du gouvernement de gérer, de façon concertée, la fin du mandat de la Monuc. Ensuite, d’organiser les élections de 2011 avec les fonds propres de l’Etat congolais. L’intention des autorités congolaises a donc été bien appréciée. Mais les choses ne doivent pas s’arrêter à mi-chemin, ni être de simples effets d’annonce.
L’heure a sonné, avec ces bonnes intentions, de voir les autorités congolaises faire preuve de haute responsabilité politique par une bonne gouvernance, et une vision large des questions nationales et régionales. Le retrait progressif de la Monuc suppose le renforcement du processus de la réforme de l’Armée et de la Police pour éviter « l’horreur du vide ». car il n’y a pas d’Etat sans armée, sans Police, sans services de renseignements efficaces. Cette période doit absolument permettre le renforcement de toutes ces dispositions afin que les institutions nationales accomplissent leurs devoirs régaliens et constitutionnels.
D’autre part, organiser des élections avec les fonds propres de l’Etat congolais est une décision hautement politique de s’assumer de se mettre à l’abri de toute pression extérieure comme ce fut le cas en 2006. mais là aussi, il faut éviter des déclarations démagogiques. L’Afrique politique a toujours réservé des surprises désagréables tant l’alternance du pouvoir reste un casse tête ou un cauchemar qui hante l’équipe au pouvoir. Car les gouvernements qui organisent les élections refusent d’échouer et non jamais fait preuve de transparence. Les animateurs des institutions nationales actuelles ont-ils déjà démontré cette volonté politique de transparence, d’une organisation crédible pour que les résultats des urnes ne soient jamais contestés ?
Les premiers signaux forts devraient être envoyés dans ce sens dès maintenant. Il revient être envoyés dans ce sens dès maintenant. Il revient de rassurer dans tous les secteurs de la vie nationale d’une organisation crédible. Quel est aujourd’hui l’état des lieux de notre économie et ses perspectives d’avenir, de notre administration, de notre armée, de la Commission électorale nationale indépendante pour ne pas jeter des doutes sur l’organisation effective des élections 2011 ? Il faut commencer par réserver des réponses à cette interrogation pertinente.
Aucun secteur ne rassure jusqu’ici pour accréditer ces déclarations des autorités de la bonne organisation de ces élections. Loin d’être pessimiste, mais il est grand temps de quitter les vieux sentiers des « bonnes intentions » pour s’engager dans la voie des réalisations concrètes contenues dans des programmes examines et adoptés par des institutions nationales. Ce serait faire montre de haute responsabilité politique.
MMC/Le Potentiel
(DN/TH/Yes)