Tout ce qui est caché sera révélé, enseignent les saintes écritures. Cela se confirme aussi s’agissant de la scandaleuse insécurité permanente à l’Est de la RDC dont les tireurs des ficelles ne parviennent plus à se dissimuler et se font dénoncer par leurs propres organisations !
L’insécurité permanence à l’Est de la Rdc nourrit un réseau international d’affaires maffieuses ayant son point d’ancrage à Paris, Londres, Washington et Bruxelles. En France vivent plusieurs cadres Fdlr qui ont un contact régulier et décisif avec leurs troupes combattantes à l’Est du Congo. Mais, Paris n’a jamais voulu transmettre aux enquêteurs la moindre information sur les Fdlr vivant sur son sol. C’est le cas notamment, du Secrétaire exécutif de ce mouvement, Callixte Mbarushimana, qui habite la France. Même lorsque les enquêteurs internationaux de l’Onu ont cherché à identifier les numéros de téléphone utilisés par les cadres Fdlr, les autorités françaises ont refusé de coopérer.
De leur côté, les Etats-Unis continuent de faire obstruction lorsqu’il s’agit de livrer les comptes bancaires du Cndp. Pourtant, Washington s’est dernièrement illustré dans le dossier Bosco Ntangada. Non signataire du statut de Rome, le pays de l’oncle Sam a néanmoins eu le culot d’exiger le transfert inconditionnel du chef rebelle à La Haye.
Les pays occidentaux étonnent tous par leur comportement ou transparaît une hypocrisie manifestement criminelle. Le rapport des experts de l’Onu sur l’implication de plusieurs pays dans l’instabilité qui sévit au Congo, n’a toujours pas été rendu public. Plusieurs obstructions empêchent sa publication. Déposé pourtant début novembre, il continue de moisir dans les tiroirs du Conseil de sécurité.
Londres accepte mal de voir des hommes d’affaires britanniques impliqués dans des trafics de minerais publiquement indexés. Or, le rapport des experts de l’Onu est formel : des compagnies britanniques, malaisiennes ou thaïlandaises achètent des pierres issues des mines contrôlées par les rebelles hutus. A Bruxelles, personne non plus n’ose lever son petit doigt pour court-circuiter, puis livrer les cadres Fdlr qui logent en Belgique.
La Chine est aussi citée comme actrice principale violant l’embargo sur les armes en Rdc. Mais à la décharge du Dragon jaune, Pékin n’a jamais levé le ton pour s’immiscer dans les affaires politiques du Congo. Il est par conséquent plus excusable, par rapport à l’opinion publique congolaise, que tous ces pays officiels.
En outre, loin de prendre part à la maffia internationale ayant cours à l’Est du Congo, Pékin a levé la courageuse option de traiter officiellement avec les autorités congolaises. Cela à travers la signature d’une série de contrats réguliers dans le secteur des mines.
Rien à voir en tout cas avec la magouille de Paris, Londres, Washington et Bruxelles. Et pourtant, les experts de l’Onu restent convaincus que le mouvement Fdlr sera considérablement affaibli s’il était coupé de tout contact avec la diaspora vivant en Europe. Malheureusement, aucun pays occidental ne daigne coopérer sur la question.
Il devient donc clair que l’équation Fdlr constitue un vaste fond de commerce politique. Cette nébuleuse terroriste devient en réalité le carrefour de plusieurs agendas d’affaires. Il ne faut surtout pas croire que la Rdc va en finir un jour avec les Fdlr. Le complot contre Kinshasa est énorme et fait sérieusement réfléchir. Surtout que les congolais eux-mêmes ont pris goût à l’asphyxie qui menace de paralyser leur pays.
En effet, le rapport des experts onusiens stigmatise, nommément, des officiers supérieurs des Fardc dans le trafic d’armes et des munitions au profit des rebelles hutus.
L’Afrique dans la danse
A vrai dire, la Rdc devient le carrefour d’une maffia internationale sans visage. Même les pays voisins qui, logiquement, devaient voler au secours de Kinshasa, s’illustrent par une complicité agissante au profit des Fdlr.
Kampala devient la plaque tournante du trafic frauduleux des minerais exploités par les Fdlr. Le Burundi leur sert de base arrière solide. Grâce à des complicités au sommet de l’appareil étatique burundais, les rebelles hutus savent désormais recruter et former de nouvelles unités. Adolphe Nshimurimana, chef des services de renseignement du Burundi, leur apporte tout le soutien nécessaire dans leur entreprise criminelle.
Le plus navrant, c’est que même la très respectable Tanzanie de Julius Nyerere se trouve indexée dans le rapport des experts de l’Onu. C’est à tomber à la renverse. Tout le monde est compromis. On pensait que le Rwanda, dont l’intérêt à voir les Fdlr disparaître est indiscutable, serait le seul à faire patte blanche dans cette vaste entreprise criminelle. Rien à faire. Le rapport de l’Onu en souffrance accuse aussi Kigali.
La normalisation des relations avec la Rdc n’entrent que dans le cadre d’une gourmandise d’affaires. Par sa rébellion interposée (le Cndp), Kigali pourchasse les Fdlr juste pour les exproprier des sites miniers qu’ils contrôlent. Une fois entre les mains des officiers du Cndp, les différentes mines sont aussitôt privatisées et le fruit de l’exploitation échappe au gouvernement congolais.
Le piège est énorme. Kinshasa se trouve pris dans un engrenage presque inextricable. A moins de faire preuve d’un leadership intransigeant, rigoureux et clairvoyant, le Congo court lentement, mais sûrement, à sa perte.
Le Palmarès
(DN/Milor/Yes)