Après avoir appris l’heureuse nouvelle de la construction d’un nouveau pavillon présidentiel à l’aéroport international de N’Djili, les architectes et artistes de la République démocratique du Congo sont montés au créneau pour s’en féliciter et exiger en même temps leur participation. Ils réclament donc que leur soit octroyé une bonne place aux côtés de la société française qui en est chargée, tant l’apport des autochtones reste nécessaire dans ce genre d’entreprises.

Cependant, la Régie des voies aériennes, RVA a confié les travaux à l’entreprise ESG. En effet, d’après les informations fournies par l’Adg de cette régie, il sera érigé un bâtiment de 7 mètres de haut, 37 mètres diamètre.

« C’est un édifice emblématique, unique, où seront intégrés la plupart des symboles des régions comme le bouclier et l’Okapi. Il permettra enfin à ce pays de revenir à la hauteur d’un grand pays avec un grand aéroport », avait indiqué Jean Assice, Adg de la RVA.

Selon la source, les travaux doivent se terminer d’ici juin 2010 et permettront au Président de la République d’y recevoir ses hôtes de marque, lors de la célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance de la République démocratique du Congo.

« Après Kinshasa, ce sera le tour des aéroports de Kisangani, de Lubumbashi, de Goma et de tout le reste du pays », a indiqué Emile Bongeli, vice-premier ministre en charge de la reconstruction. Le gouvernement s’engage donc à apporter tout le soutien qu’il faut pour un aboutissement heureux, dans les temps prévus.

Architectes et artistes congolais oubliés ?

C’est là, la plainte des architectes et artistes congolais, suivant un communiqué de presse parvenu à notre rédaction. « Comment peut-on envisager des travaux de si grande envergure, à la veille d’un événement comme le cinquantenaire de notre indépendance, sans pour autant y associer ni architectes, ni artistes sculpteurs, peintres,…autochtones ? »

Dans la même lancée, c’est « (…) dans le passé, que ce genre de marchés nous échappaient parce que ce n’était pas le moment de ‘’Tolérance zéro’’. Certaines gens se permettaient de collaborer avec une main d’œuvre extérieure, jouissant ainsi des frais de mission et autres avantages en rapport avec l’ouvrage. Ce qui coûtait énormément au pays alors que nous sommes là, très qualifiés pourtant pour toutes ces réalisations, mais pratiquement au chômage », a déclaré Maître Liyolo, rapporteur de ce regroupement.

Pour rappel, le Président de la République Joseph Kabila, était à l’aéroport international de N’Djili au mois de mai dernier, afin d’en inaugurer les travaux de modernisation. Ceux-ci comptaient trois volets, notamment la réhabilitation de la piste, la construction d’un pavillon présidentiel et celle d’une nouvelle tour de contrôle.

La réforme n’est pas contre les Congolais

C’est la Régie des voies aériennes (RVA), entreprise publique, qui avait été responsabilisée pour chapeauter ces importantes réalisations, dans l’esprit de la réforme des entreprises publiques. La réforme n’est pas contre les Congolais mais plutôt pour l’amélioration de leurs conditions de vie », a indiqué Jeannnine Mabunda, ministre du Portefeuille.

Elle a aussi ajouté que c’est à cette tâche que s’attelle la RVA, avec les différents projets en cours. Soulignons toutefois qu’après la piste, c’est à présent le tour du pavillon présidentiel, le terminal présidentiel dont on vient de lancer les travaux. « Ça va continuer avec l’aérogare et se terminer avec la tour de contrôle », explique-t-elle.

Tous ces travaux sont censés terminés au plus tard fin 2010. Ce qui explique le fait qu’il soit un pari ambitieux. « Voilà pourquoi nous continuons à dire que les cinq chantiers ne sont pas un slogan, pas plus que la réforme », a noté la patronne du portefeuille.

A ce jour, la question à laquelle les entreprises comme la Rva essaye de répondre est celle de savoir : à quoi sert une entreprise publique pour les Congolais aujourd’hui dans le cadre de la réforme ? Celle-ci sert à rendre des services de meilleure qualité pour que les Congolais puissent se déplacer dans tout le Congo. Toutefois, le congolais devra se retrouver à chaque niveau de réalisation.

L’Avenir


(CL/PKF)