Début d’audition et d’examen ce vendredi au Sénat du rapport de la Commission de contrôle de la gestion des fonds publics envoyés par le gouvernement central au gouvernorat de province qui avait, on le sait, boudé et bloqué la dite mission sénatoriale
La Commission d’enquête sénatoriale dépêchée au mois d’août dernier à Mbandaka pour s’enquérir de la gestion des fonds que le gouvernement central envoie à la province de l’Equateur, présentera son rapport aujourd’hui vendredi à la plénière du Sénat. Faute de quorum fixé à 55 sénateurs sur les 108 que compte le Sénat (45 seulement présents dans la salle), la plénière qui devait siéger sur ce point inscrit à l’ordre du jour du jeudi 26 novembre 2009, a été reportée à ce vendredi à 10heures, dans la salle des conférences internationales du Palais du peuple.
C’est le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo qui a informé les sénateurs que le quorum n’était pas atteint, après l’appel nominal fait par le rapporteur du Sénat, Modeste Mutinga Mutuishayi. Pour Léon Kengo wa Dondo, les sénateurs absents savent pourquoi ils ne sont pas venus et ils l’expliqueront. Après la suspension de la séance, on a entendu dans la salle quelques sénateurs crier : corruption, corruption, corruption. Mais personne n’a voulu dire qui est corrompu, qui a corrompu et pourquoi on a corrompu.
Une mission difficile
Dans les couloirs de la Chambre haute, l’on a entendu dire que ce sont les sénateurs de la majorité qui se seraient absentés de la séance plénière pour empêcher le déballage contenu dans le rapport. Conformément au Règlement intérieur du Sénat, même si le quorum n’est pas atteint aujourd’hui, la plénière sur le même sujet doit avoir lieu, a rappelé le président du Sénat.
La commission d’enquête du Sénat était conduite par le sénateur Vincent de Paul Lunda Bululu. On se souviendra que le ministre provincial de l’Intérieur de l’Equateur avait menacé de ne pas coopérer avec cette commission dans la mesure où, selon lui, le Sénat n’a pas le droit de contrôler la gestion financière d’une province. Mais, pour le Sénat, les fonds appartiennent au gouvernement central et le contrôle du gouvernement est reconnu au Parlement par la Constitution. Malgré la menace du gouvernement provincial de l’Equateur, la commission est tout de même arrivée sur place. L’on croit savoir qu’elle a accompli sa mission dont le compte-rendu sera connu à la plénière de ce matin.
On se souviendra que suite aux accusations de détournement de ces fonds du gouvernement central, l’ancien gouverneur de l’Equateur, José Makila a perdu son poste sur un arrêt de la Cour suprême de justice. Aujourd’hui, c’est son ancien vice-gouverneur Baende qui vient de le remplacer à la tête de la province après les élections organisées par la Commission électorale indépendante. Les résultats de cette élection du gouverneur et du vice-gouverneur ont été validés cette semaine par la Cour d’appel de Mbandaka parce qu’il n’y avait aucune réclamation de la part des candidats malheureux.
Stéphane Etinga/Le Potentiel
(DN/TH/GW/Yes)