Beaucoup gagnent de l’argent et leur vie en utilisant abusivement le nom du Christ mais moi, je sers mon Dieu. Dans ce monde qu’est la musique religieuse, ils se connaissent, ils partagent leur argent dans un circuit. La meilleure église, c’est l’église Catholique.
Après plus de 20 ans passés en Europe, Give Djo Nolo dit le « Grand Prophète » est de retour au pays. Arrivé vers début mai dernier, Djo est déjà dans le bain de la nouvelle configuration de la musique congolaise. Aussitôt venu à Kinshasa, le « Grand Prophète » de la musique congolaise a préféré monter son propre groupe musical dénommé « Djo 7 ».
Pour en savoir plus sur le retour au bercail de ce grand auteur-compositeur, nous l’avons rencontré en sa résidence dans la commune de Kalamu où il tient d’intenses séances de répétition avec son groupe « Djo 7 ».
Au cours de notre entretien, le chanteur poète nous a parlé de son séjour prolongé en Europe, de son retour au pays, de son ancien protecteur Grand Père Bozi, de la musique religieuse, des fétiches au sein de la musque congolaise et de son nouveau groupe Djo 7 ».
Visa : Bonjour, Give Djo Nolo?
GDN : Bonjour. Je suis très content de votre présence chez moi, car la presse, surtout écrite, n’est pas au courant de ma présence à Kinshasa.
Visa : Après un long séjour en Europe, Djo de retour au pays, est ce pour un temps ou définitif ?
GDN : La RD Congo est mon pays ; même si je le quitte, c’est pour une mission de service dans le cadre de ma profession et je finirai par rentrer. Je suis revenu me ressourcer et m’installer pour entretenir mon groupe « Djo 7 ».
Visa : Puisque vous parlez du groupe « Djo 7 », Choc Musica serait-il planté au jardin des souvenirs?
GDN : Ceux qui croyaient que seules mes vieilles gloires pouvaient me réconforter se sont trompés car, je suis un artiste voué à un bel avenir. C’est pour dire qu’après mes galons remportés au sein de l’Anti Choc de Grand Père Bozi et au sein de Choc Musica que j’ai créé avec mes amis Boulith, Cartouche, Kalume et les autres, Djo est le bon auteur compositeur inspiré par Dieu. Je dois mettre les points sur les « i » en disant que Choc Musica étant une œuvre collective, je ne peux pas le faire ressusciter. C’est pourquoi, je me suis décidé de créer « Djo 7 » qui deviendra « Djo end Ca International », qui signifie tout simplement, « Djo et Cartouche International ». Parce qu’il sera aussi tête d’affiche, comme moi, au sein du groupe. Nous allons évoluer ensemble avec les musiciens que je suis en train de recruter. Donc, Choc Musica, c’est le passé car les gens avec qui on était ensemble ne sont plus avec moi.
Visa : Pouvons-nous connaître l’évolution et le programme du groupe?
GDN : Durant les 5 mois de sa création, le groupe a un bilan positif. Nous avons eu à nous produire sur scène le 16 juin dernier au Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa, à l’occasion de la Journée Mondiale des personnes vivant avec handicap; le 21 juin à la Place des artistes pour le lancement officiel de l’éclairage public sur l’avenue de la Victoire par le Gouverneur de la ville, André Kimbuta que je remercie en passant ; du 24 juillet au 13 août 2009, nous avions effectué une tournée dans la province du Bas Congo où le groupe s’était produit à l’ouverture de la Foire Culturelle organisée à Matadi, par le Gouverneur Simon Mbatshi et le 20 août, nous avons clôturé nos concerts par notre représentation à la Fikin au village Gandour. Ce concert était en direct sur Tvs1. Bref, je suis rentré au bercail pour me ressourcer avant d’être l’hôte, en décembre prochain, des salles prestigieuses de Paris. La tournée pourra nous conduire jusqu’en Amérique.
Visa : Etes-vous sûr de réussir encore à Kinshasa comme vers les années 88 jusqu’à 90?
GDN : On dit souvent que nul n’est prophète chez soi et, Djo Nolo en est un. Je suis le prophète qui a enfin gravi les collines sacrées et qui fait vibrer ses temps mais la magie du lieu n’ébranle en rien une vocation chevillée aux doigts. C’est donc la conscience tranquille qui accomplira désormais chaque année son pèlerinage.
Visa : Djo Nolo est trop biblique et prophétique, est-ce pour cela on parlait de votre conversion en Jésus Christ?
GDN : Je suis croyant pratiquant, je continue ma carrière. Beaucoup gagnent de l’argent et leur vie en utilisant abusivement le nom du Christ mais moi, je sers mon Dieu. Dans ce monde qu’est la musique religieuse, ils se connaissent, ils partagent leur argent dans un circuit fermé et on ne sent même plus le besoin matériel et financier que dans le camp de la musique universelle. On ne demande pas à Dieu de nous donner la bonne conduite, on se base sur la demande de l’opulence. On ne demande pas le franc congolais à Dieu mais les devises, on ne lui demande pas de pardonner les pécheurs que d’avoir une villa, une voiture de luxe, un man, le visa de voyage, un poste travail de haut niveau, etc.
Je me suis retrouvé dans cette musique par l’inspiration divine parce que j’ai failli mourir, certaines personnes étaient derrière moi pour me tuer et par sa grâce, Dieu m’a protégé, c’est pourquoi, je me suis retrouvé de ce côté-la. Pour moi, la meilleure église, c’est l’église Catholique et tous sont venus de là, c’est l’unique ancêtre des églises à travers le monde.
Visa : Djo confirme qu’il faisait aussi la musique chrétienne en Europe?
GDN : J’ai toujours chanté pour la gloire du Seigneur mais ceux qui se disent « engagés » ne veulent pas croire les autres lorsqu’ils haussent le ton pour parler de cette musique qui n’a pas de différence, dans certaines chansons et danses, avec ce que tout le monde fait. J’ai passé 7 ans dans la musique religieuse, mais les pasteurs ne me croyaient pas. Le jour où la convention de Jérusalem est venue à Paris pour sélectionner les vrais musiciens qui chantent pour la gloire de Dieu, ils étaient étonnés de voir mon nom sur la liste des 40 invités. A Jérusalem, j’ai chanté le Psaume 57 et c’était le délire dans la salle.
Cela m’étonne lorsque je vois les musiciens chrétiens s’entretuer entre eux. Où sont alors leur croyance et leur foi, pour ne pas dire leur sainteté ?
Visa : Un groupe sans disque sur le marché a souvent de difficultés pour s’épanouir. Que dites vous ?
GDN : En Europe, j’ai largué un album sur le marché intitulé « Masanga Makoko » dont l’arrivée à Kinshasa a nécessité la promotion. Présentement, j’enregistre avec mon groupe un nouvel album « Madame ya poto » qui sortira l’année prochaine. De ce côté-là, je demande au public de rester calme car certains connaissent mon talent en matière de composition.
Visa : pourquoi votre énième manage avec Grand Père Bozi n’avait-il pas marché?
GDN : Il est le seul responsable de l’échec de ces nouvelles noces. Il est mieux placé pour répondre à cette question. D’ailleurs, j’ai bien encadré les jeunes qu’on avait recrutés et tout commençait à marcher comme sur des roulettes. Aujourd’hui, c’est fini et cela appartient au passé.
Visa : Le mot de la fin?
GDN : J’appelle à la conscience du public que Djo Nolo est revenu avec son arsenal musical et au cours de l’année prochaine, le discours sur ce point ne sera plus le même dans les rues, avenues et quartiers de la capitale.
B.G./Visa
(Tkm/BT/PKF)