Kananga, Tshikapa et Mbuji Mayi sérieusement menacés par des érosions
Kinshasa, 27/11/2009 / Société
Les voyageurs en provenance de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Occidental, de la ville de Tshikapa dans la même province, ainsi que de la ville de Mbuji-Mayi, capitale diamantifère et chef-lieu de la province sœur du Kasaï Oriental, sont catégorique : « Ces villes sont sérieusement menacées par des érosions à travers toutes les communes ».
En ce qui concerne Mbuji-Mayi et Tshikapa, d’aucuns se souviennent qu’il s’agit ici des cités où l’on exploite le diamant. Un peu partout, les exploitants de cette pierre précieuse ont creusé des puits profonds pour la recherche des pierres précieuses. Aucun quartier n’a été épargné. Conséquence de ces puits qui se sont davantage approfondis à la faveur des pluies. Ces érosions sont tellement menaçantes que tout le monde en parle mais personne ne les empêche d’avancer.
Quant à la ville de Kananga où l’on n’exploite pas le diamant, ses érosions naturelles sont favorisées par des constructions anarchiques. A l’époque coloniale, cette ville considérée comme la plus coquette du Congo belge après Likasi au Katanga, n’avait pas de problèmes d’érosions. Car l’autorité coloniale avait une politique d’habitat qui, d’ailleurs, était appliquée rigoureusement. Il y avait des lotissements officiels sur lesquels on pouvait construire, mais de façon ordonnée. Après l’indépendance et surtout depuis les deux dernières décennies la situation a empiré. On a construit partout et n’importe comment, ce qui a favorisé le service érosif à la faveur des eaux de pluies.
La ville de Mbuji-Mayi qui vient de connaître une catastrophe avec la destruction de plusieurs maisons et la mort d’hommes suite à une pluie orageuse, est en permanence confrontée à plusieurs têtes d’érosions. Parce que les creuseurs artisanaux emboîtant les pas à la Minière de Bakwanga (MIBA) ont laissé des puits par-ci par-là. Petit à petit ces puits sont devenus des érosions et dangereux pour la ville et pour ses habitants.
Les élus du peuple de ces deux provinces ont déjà lancé un cri d’alarme en direction du gouvernement central afin que soient combattues ces érosions. Mais en attendant la réponse du gouvernement de Kinshasa, des efforts locaux mêlés à la mobilisation et la sensibilisation de la population à la menace des érosions, constituent un moyen pour pallier tant soit peu cette menace.
Stéphane Etinga/Le Potentiel
(Milor/GM/PKF)
Last edited: 27/11/2009 10:54:05