kimbutaDans le domaine de la crimina­lité, tout est incertain. Rien ne peut rassurer si les bandits vont agresser ou non des citoyens par-ci, et braquer des popula­tions par-là. Tout est imprévisible, tant il est vrai que les mal­faiteurs attaquent quand ils veulent et où ils veulent. Sans se référer à qui que ce soit. Mais sur base de quelques indicateurs, on peut toutefois connaître l’évolution du climat de sécurité qui règne dans la ville de Kins­hasa, ainsi que les mœurs des malfai­teurs ?

Voilà pourquoi, à la suite d’un certain nombre des cas des braquages et des vols à main armée, statistiques crimi­nelles faisant foi, on peut prévoir de quoi sera fait demain. Ce dernier trimes­tre qui constitue la der­nière saison, criminelle de 2009, est abondamment marqué par de nombreux actes de banditisme qui font déjà craindre une pire période des festivités de fin d’année.

La filature organisée à partir des guichets de l’agence de Soficom

Le pasteur Jules Mud­jambi de l’église Fepaco Nzambe Malamu, vient d’en faire une triste ex­périence. Lundi dernier, il s’est rendu à 10 heures à l’agence de la société Soficom du pont Kasa­-Vubu, pour y opérer un retrait des fonds. Pendant qu’il se faisait servir à la caisse n°4, des yeux sui­vaient ses faits et gestes. ­Et dès qu’il est ressorti, Jules Mudjambi sera pris en chasse par une bande des malfaiteurs armés en tenue civile qui l’a braqué. Le pasteur de Fepaco a été embarqué dans le mini-bus de ces truands de marque Toyota.

A bord, on lui a ar­raché de ses biens dont notamment 950 dollars, 13.000 FC, trois appareils de téléphone portable de marques Nokia et Moto­rola, ainsi que sa belle paire des chaussures. Auparavant, ils l’avaient scotché les yeux pour qu’il ne puisse pas regarder dehors. Au terme des rondes dans les rues de Kinshasa, les bandits se sont résolus d’abandon­ner leur victime ; ils le feront à 16 heures, au niveau des plantations situées non loin de Soco­pao à Limete.

Dès que les piétons ont vu les malfaiteurs basculer du mini-bus, ils ont crié. Un motard qui se trouvait dans les para­ges, a pris les risques de pourchasser les bandits. Ces derniers ont alors menacé de l’abattre en lui braquant leurs armes. Dans sa plainte à la police criminelle, Ju­les Mudjambi se rappelle qu’il avait été filé par un gaillard qui était brun, mince et de taille moyen­ne, portant un pantalon jeans, tandis que le chef de cette bande portant une bedaine, des lunettes fumées Ray Ban, détenait un appareil walkie-talkie de la police. Sur base de ces portraits-robots de ces truands, le commandant Sara Lubaki chargé de cette enquête serait cer­tainement sur les traces de ces bandits qui procu­rent des insomnies aux Kinois depuis des mois.

Une escroquerie avec des sacs de graines sé­chées de plantes sauvages

Pendant que d’un côté, ce sont les braqueurs qui sèment la désolation, de l’autre côté, il y a des escrocs qui dépouillent les victimes de grosses sommes d’argent. En ef­fet, ces malfaiteurs répar­tis en plusieurs groupes et sous-groupes opèrent principalement dans les communes de Ngaliema, Bandalungwa, Lemba et Masina.

Le tout part d’une communication télépho­nique. De ce coup de fil, les escrocs vantent les qualités humaines de leurs victimes, avant de leur proposer une belle affaire. Elle consiste en une vente des matières précieuses qui sont soit des granulés de matières plastiques, soit des grai­nes séchées de plantes sauvages. Un autre appel d’un membre de la bande va vous rassurer que ces colis sont très recherchés. D’ailleurs, un correspondant à la voix d’un expatrié blanc, va com­mander 10 sacs de ces fameux produits, alors que les escrocs vous ont proposé d’acheter quatre sacs entre 4.000 et 8.000 dollars.

Maman Dimbu ha­bitant Bandal, l’une de nombreuses victimes, avait été contacté au téléphone, samedi der­nier par ces malfaiteurs. Elle s’est alors confiée à son avocat qui a vite fait d’alerter la police. Un tra­quenard tendu, avec la contribution de la dame, les escrocs sont tombés dans la nasse des policiers.

Ricky, Tony Mun­dabi et Bosunza alias Constant seront appré­hendés, l’un au quartier Debonhomme et les deux autres à Mikonga où ils entendaient procéder à la livraison de quatre sacs de graines séchées contre une enveloppe de 4.000 dollars. Une autre bande utilisant les mêmes mé­thodes a escroqué également un ancien offi­cier supérieur qu’ils ont délesté de la somme de 7.000 dollars que ce dernier a empruntée, croyant réaliser une belle affaire. C’est en proposant un échantillon dans les dif­férents comptoirs d’achat de diamants de la com­mune de la Gombe qu’il s’est rendu à l’évidence d’avoir été victime d’es­croquerie. Des enquêtes sont en cours pour re­chercher ces malfaiteurs.

Voilà de quoi ren­forcer les sentiments de méfiance à l’égard des in­connus qui vous abordent au coin de rue ou au té­léphone pour des affaires dont vous ne maîtrisez ni les cours des produits, ni ne mesurez les risques éventuels d’être roulés dans la farine.

J.R.T./Le Phare


(TN/TH/GW/Yes)