Le Conseil de sécurité de l’Onu est appelé à lever l’embargo sur les armes imposé à la Rdc, pour lui permettre de lutter efficacement contre toutes les forces négatives qui infestent l’Est du pays.
La presse internationale annonçait mercredi la tenue d’une importante réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour évoquer la problématique du maintien ou pas de l’embargo sur les armes, imposé à la République démocratique du Congo.
« Pour se faire une idée de la situation, les diplomates disposent du dernier rapport du groupe d’experts de l’Onu chargé de surveiller cet embargo », indique Rfi, qui ajoute que ce rapport encore confidentiel est principalement consacré au Nord et au Sud Kivu. Il est étonnant de constater que ce rapport intervient au moment où le gouvernement congolais a demandé à la Monuc de lui présenter un calendrier pour son retrait de la Rdc d’ici l’année prochaine. N’est-ce pas pour maintenir le suspens ?
En effet, dans ces deux pays, les enquêteurs des Nations Unies ont constaté que les opérations militaires contre les FDLR n’ont pas permis de démanteler la rébellion hutu rwandaise. Bien au contraire, pour se venger, les rebelles ont multiplié ces derniers mois des crimes contre les populations de l’Est congolais.
Déjà des contestations
Malmenée il y a peu par Human Right Watch à travers ses différents rapports, la République démocratique du Congo doit à nouveau faire face à un rapport encore secret des experts de l’Onu. En attendant que le gouvernement congolais en puisse se prononcer, déjà certains pays partenaires ou voisins de la Rdc sont montés au créneau pour contester ledit rapport. Le premier pays à être monté au front, c’est l’Ouganda. Kampala qui siège en ce moment au Conseil de sécurité n’apprécie pas du tout d’être désigné comme l’un des hauts lieux de transit de l’or exploité illégalement par les FDLR dans l’Est de la Rdc. Selon des informations recueillies par Rfi, la Chine est également pointée du doigt pour des ventes d’armes à Kinshasa.
« Le rapport gêne également la France, les États-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne », note Rfi qui donne l’exemple de Paris qui jusque-là, n’a jamais voulu transmettre aux enquêteurs la moindre information sur les FDLR vivant en France, Washington bloque toujours lorsqu’il s’agit de coopérer sur les comptes bancaires américains du CNDP et Londres accepte mal de voir des hommes d’affaires britanniques impliqués dans des trafics de minerais publiquement indexés.
Les FDLR ont un soutien interne et externe
D’après les enquêteurs des Nations Unies, les FDLR ont pu s’approvisionner en armes et en munitions grâce à des contacts avec des officiers de l’armée congolaise, mais surtout ils bénéficient d’appuis très hauts placés au Burundi et en Tanzanie.
« Le Burundi leur sert de base arrière et leur permet avec l’Ouganda de faire transiter sans difficulté l’or qu’ils exploitent dans le Kivu », note Rfi, qui constate en citant le panel des Nations Unies, le rôle des leaders en exil des FDLR récemment arrêtés, qu’Ignace Murwanashyaka et Straton Musoni sont impliqués dans des transferts et blanchiment d’argent issus des ventes illégales de minerais.
Les experts indiquent que les opérations menées en janvier-février par Kigali et Kinshasa, et depuis par l’armée congolaise seule, avec le soutien de la Mission de l’Onu en Rdc (Monuc), ont « aggravé la crise humanitaire » au Nord et Sud-Kivu. « Plusieurs centaines » de civils ont été tués, des villages pillés et incendiés, et des « centaines de milliers de personnes » ont fui les violences, notent les experts.
Les FDLR sont estimés à environ 5.000 dans l’Est de l’ex-Zaïre où ils se sont installés après le génocide de 1994 qui visait essentiellement la minorité tutsi au Rwanda. Certains ont activement participé au génocide. Malgré les offensives contre eux, les rebelles se sont réinstallés dans de nombreuses zones d’où ils avaient été chassés début 2009.
Toujours sur la situation dans l’Est de la Rdc, les enquêteurs de l’Onu estiment que l’intégration du CNDP dans l’armée n’est pas encore effective. L’ex-rébellion continue de prélever des taxes et conserve des caches d’armes. Pourtant, son nouveau chef Bosco Ntaganda est dans les faits le commandant en second de l’opération anti-FDLR au Sud Kivu.
Jean-Marie Nkambua/L’Avenir
(TN/Ern./GW/Yes)