Les femmes congolaises venues des différentes provinces du pays ont présenté officiellement, mercredi à Kinshasa, le document de stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre en RDC, lors du lancement de la campagne internationale sur les 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, en son édition 2009.

La ministre du Genre, de la famille et de l’enfant, Marie­-Ange Lukiana Mufuankoto a, à cette occasion, souligné l’objectif de ce document qui vise à contribuer à la prévention et à la réduction des violences sexuelles liées au genre ainsi qu’à l’amélioration de la prise en charge des victimes.

La femme, la jeune et petite fille, notamment en ce qui concerne leur corps et leur statut dans la société étaient considérées comme sacrées et donc inaccessibles, a rappelé la ministre du Genre qui a cependant regretté qu’elles soient revenues aujourd’hui victimes de diverses formes de violences qui atrophient leur potentiel humain et leur contribution efficiente au développement durable de la nation congolaise.

Les guerres et les conflits armés successifs qui ont émaillé l’histoire du pays, n’ont pas eu seulement comme conséquence les massacres à grande échelle des Congolaises et des Congolais avec plus de cinq millions de vies humaines perdues.

Mme Lukiana a noté que des milliers de femmes, jeunes et petites filles ont été victimes des violences de toutes sortes dont en particulier celles sexuelles et deux millions de personnes déplacées internes sans compter de millions de réfugiés parmi lesquels les femmes et les enfants sont majoritaires.

Elle a rappelé les causes de ces tristes faits dus au corridor humanitaire demandé en 1994 par la communauté internationale à la RDC qui a ouvert ses frontières à l’Est du pays pour sauver la vie des populations voisines qui fuyaient leur pays mis à feu et à sang par des troubles endogènes. Ces derniers ont entraîné la pénétration massive et en bloc sur le territoire congolais de près d’un million de réfugiés de surcroît armés.

Les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre pour humilier la population congolaise, notamment au cours des guerres menées à l’Est de la RDC sont décriées par cette population, les institutions démocratiques du pays et la communauté internationale, a souligné Marie­-Ange Lukiana, précisant que les femmes congolaises ainsi que celles de la Région des Grands Lacs et de toute l’Afrique, ont renforcé ce cri par leur campagne « Je dénonce et je dis non ».

Elle a cité quelques actions menées par le gouvernement de la RDC pour réduire sensiblement toutes les formes  des violences et des discriminations à l’égard de la femme, de la jeune et petite fille, s’agissant notamment de la politique nationale genre, la mise en oeuvre de la parité homme et femme en RDC, la redynamisation des conseils, nationaux et provinciaux de la femme, de l’enfant et de la famille et la création des comités locaux à la base des femmes, des enfants et des familles.

Le vice-Premier ministre en charge de la reconstruction nationale et représentant personnel du Premier ministre empêché, le Prof. Emile Bongeli qui a ouvert les travaux, a appelé l’homme au respect strict du corps de la femme à considérer comme sa compagne, avant d’inviter les parents à envoyer leurs filles à l’école pour qu’elles soient sur le même pied d’égalité que l’homme.

ACP


(DN/TH/GW/Yes)