La ville de Douala a abrité la 6ème édition des Rencontres internationales de masques et marionnettes du Cameroun (Rimac).

Des troupes venues de six pays d’Afrique et de France ont foulé cette terre africaine afin d’offrir au public des scènes de théâtre à partir de masques et de marion­nettes.


Le Tchad, le Bénin, la Ré­publique du Congo, de la Rca, du Cameroun étaient présent à ce grand rendez-vous culturel. Et, Maître Mwambayi Kalengayi a re­présenté les couleurs nationales de la République démocratique du Congo.

L’objectif de ces rencontres, selon Frédéric Talla, Direc­teur du festival est de favoriser les échanges interculturels: de vulga­riser l’art du masque et de la ma­rionnette et promouvoir a diffusion des marionnettes et de masques au Cameroun.

C’est ainsi que Mwambayi Kalengayi du Centre de recherche d’art du spectacle afri­cain (Crasa) de Kinshasa a pré­senté une exposition des mas­ques et de coffrets à proverbes au Rimac.

Concernant les coffrets à pro­verbes, partant de ta tradition, offrir un coffre a proverbes à une personne revête un sens important dans l’équilibre relationnel.

Comme l’indique son nom « cof­frets à proverbes », ces objets décoratifs renferme en eux des messages « codifier. La forme de l’objet et son fond constitue un symbole fort » décrypter.

Pour la petite histoire, les coffrets sont de petits coffres en bois aux formes variées utilisées dans les circonstances vitales de la société traditionnelle.

Ils appar­tiennent à la classe d’art utilitaire dans les traditions orales Africai­nes, aujourd’hui classifiées dans le patrimoine culturel immatériel par l’Unesco.

Ce cadre d’expression resti­tue au public le secret cachet de la tradition africaine incarné par ses objets.

Ces œuvres exposées sont reparties en quatre catégories compte tenu de leurs renseigne­ments et leurs missions commu­nautaires.

Une manière symbolique d’exprimer son amour... et ses angoisses

La première catégorie des coffrets à proverbes, comme l’explique bien maître Mwambayi Kalengayi, est liée aux tambours d’afflictions.

Ce sont des appartenances qu’on offre à ses proches, à ses intimes, chacun d’eux contenant un message. Dans cette approche de chose, par exemple, un insecte sculpté à l’intérieur du coffret traduit les angoisses, les frustrations chez la femme mariée dans la société traditionnelle. La deuxième catégorie des coffrets est liée aux intentions, aux sou­haits, aux déclarations d’amour à l’exemple du coffret a calebasse lualua (luamba) dans la société traditionnelle Lualua.

Dans la tra­dition, lorsqu’un amoureux offre un coffre sous forme de l’oeuf, cela traduit un oeuf de fécondité. De même que lorsqu’un amoureux offre un calice à sa dulciné, c’est pour solliciter la normalisation de leur relation.

Expression de la sacralité du pouvoir...

La troisième catégorie des coffrets à proverbes est liée aux conseils éducatifs ou à des maxi­mes de la sagesse bantoue. Ce coffret est un cadeau qu’on offrait à des adolescents chez les Bindji (coffret Phulupa).

A l’exemple d’un coffret sculpté sous forme de la tortue, cet objet conseille aux jeu­nes hommes d’avancer dans la vie lentement avec obéissance, sagesse et prudence.

Et enfin, la quatrième catégorie des coffrets est lié aux rites d’initiation tel te coffret à l’oeuf chez les Ashantis (sacred stool) ou celui des ban­tous des Grands lacs (tabouret sacré).

Le siège du tabouret sa­cré est porte par une femme. En effet, la femme est à la servante de la communauté. L’œuf qu’elle transporte, est délicat. Elle a donc cette responsabilité d’assurer la paix. Cette responsabilité est re­présentée par l’œuf qu’elle trans­porte.

L’ensemble de ces oeuvres est le fruit dune recherche prolifi­que pour le public en général, des homme de théâtre, des hommes de la culture, des animateurs cul­turels, chercheurs pédagogiques et autres étudiants en sciences sociales et chroniqueurs et criti­ques d’arts.

Saint Hervé M’buy/Uhuru


(Ern/BT/PKF)