Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) a souligné que la démission de son président Désiré Kamanzi n’ouvre aucunement l’option de reprendre la guerre mais plutôt d’interpeller le gouvernement au respect de la totalité des accords de paix signés bientôt 11 mois.
Comme d’aucuns le savent déjà, le successeur du général déchu, Laurent Nkunda, à la tête du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), ex-mouvement politico-militaire mué en parti politique, Désiré Kamanzi avait démissionné. Plusieurs déclarations ont fusé de partout pour commenter sur cette démission volontaire. Qu’à cela ne tienne, l’intéressé avait lui-même justifié son acte par la lenteur, d’après lui, dans la mise en œuvre des accords de paix signés avec le gouvernement depuis plusieurs mois.
Etant entendu que les rumeurs ne cessent de proliférer, le coordonnateur du CNDP ouest-Kin, M. Jean Marie Runiga, a eu à éclairer la lanterne aussi bien de l’opinion que celle des cadres dudit parti politique. C’était vendredi dernier dans la commune de Barumbu,
A Kinshasa.
A en croire M. Runiga, la démission du président n’est qu’un geste démocratique pour dire au gouvernement, qui est leur partenaire, qu’ils ont signé un certain nombre d’accords avec lui et qu’ils vont devoir appliquer. « Ce qu’on s’est attendu n’est pas respecté dans son intégralité. Cette démission était aussi une façon de lui dire de faire en sorte que le respect de signature soit donné », a-t-il laissé entendre.
L’orateur a coupé court aux folles rumeurs selon lesquelles la reprise de guerre allait suivre cette démission, soulignant plutôt que le CNDP continue à s’inscrire dans la voie de paix.
« Il n’y a pas question de faire la guerre. Le CNDP réitère sa détermination à faire en sorte que la paix règne à l’Est et dans toute l’étendue de la République. Il continue à soutenir le chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange, à qui nous demandons de jouer le rôle du père pour que les accords qui avaient été signés soient respectés », a souligné Jean Marie Runiga.
L’on se souviendra que le gouvernement et le CNDP avaient signé des accords le 23 mars dernier à Goma qui prévoyaient, entre autres, la fin des hostilités, la transformation des ex-groupes armés, le CNDP notamment, en partis politiques, ainsi que l’intégration de leurs cadres dans la vie politique nationale.
Au mois de mai dernier à Kinshasa, lors de la première rencontre d'évaluation, les deux parties avaient insisté sur la nécessité du respect par les autorités gouvernementales des engagements pris dans les accords, et cela, dans leur intégralité.
Au regard de ce qui précède, le coordonateur de Ouest-Kin a laissé découvrir que 14 sur une vingtaine d’accords signés n’ont pas été respectés avant de saluer les efforts du gouvernement à propos de l’intégration de militaires du CNDP dans les Fardc malgré que leurs grades ne sont pas reconnus.
J.M. Runiga est revenu sur le plan intégration pour rappeler le gouvernement qu’il avait reconnu le CNDP comme parti politique qui doit participer à la vie politique comme les autres partis.
« Les cadres et les militants du CNDP doivent se retrouver dans certaines entités, entreprise, gouvernement central comme provincial, territoriale…, » a-t-il expliqué, ajoutant que l’application de certains textes traînent par rapport au calendrier.
A ses dires, « ce n’est pas péché de rappeler le gouvernement. Ce dernier s’est engagé à respecter les accords tout comme le CNDP. Que chacun respecte sa signature. Jusque là nous respectons les accords et nous les respecterons. Ils restent valables jusqu’à ce jour ».
Il y a lieu de rappeler que le CNDP va bientôt désigner son nouveau président avant de faire sa sortie officielle à Kinshasa, pour remplacer le président Désiré Kamanzi. Ce dernier avait succédé au général déchu Laurent Nkunda à la tête du mouvement.
Hygin Mandiangu/MMC
(HM/CL/Yes)