Nouvelle catastrophe aérienne à Goma au Nord-Kivu : un avion de la compagnie CAA à bord duquel se trouvaient le gouverneur de province et son adjoint de même que la dépouille du frère du ministre Matenda a échoué à l’atterrissage dans les larves entassées hors piste
Un avion de la Compagnie africaine d’aviation (CAA) en provenance de Kinshasa, et transportant 117 passagers à bord, a connu un léger crash à l’aéroport de Goma hier jeudi 19 novembre 2009. D’après les premières informations recueillies par la Monuc, l’avion qui atterrissait sous un temps pluvieux aux alentours de 11h50’, a percuté un block de lave. Il s’est apparemment heurté à un problème de frein.
Bilan du crash : une vingtaine de personnes ont subi des blessures et chocs légers et ont été transférées à l’hôpital niveau trois de la Monuc à Goma. Le Gouverneur de la province du Nord Kivu, Julien Paluku, qui était parmi les passagers est sain et sauf. L’unité anti-incendie de la Monuc a pu maîtriser la fumée provenant des moteurs en aspergeant de l’eau. Les casques bleus ont en outre sécurisé le lieu du crash et aidé une cinquantaine de passagers à sortir de l’avion à travers les portes de sortie de secours et maîtrisé la foule.
Soulignons que l’avion, outre les passagers habituels, transportait une forte délégation du ministre des Finances, Athanase Matenda Kyelu, qui partait au Maniema (Kalima), via Goma (Nord-Kivu), pour enterrer son frère Alphonse Matenda, mort à Kinshasa depuis le lundi 16 novembre 2009. C’est ce vendredi que le défunt devra en principe être enterré au cimetière de Kakutya à Kalima, après une messe de suffrage à la paroisse Baganda de Kalima.
D’après les services de communication et presse du ce ministère, le ministre Matenda, ainsi que toute sa délégation sont sain et sauf, en dépit de quelques petites blessures dont le chargé des finances du ministère a été victime. Ce énième accident qui intervient après celui de Hewa Bora, dans le quartier de Birere, à Goma (Nord-Kivu), doit interpeller plus d’une conscience. Aussi, cet accident pose le problème de la sécurité et de l’entretien des avions congolais. Raisons pour laquelle la plupart d’entre eux sont interdits de voler sur le ciel européen.
Toutefois, s’il s’agit des conditions indépendantes à l’avion, les services de la compagnie africaine d’aviation (CAA) auraient consulté ne fut ce que la météo, pour savoir quel temps il fera dans la partie Est du pays, précisément à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu et prendre de mesures adéquates. Cela, parce que pour arriver à Kindu, capitale de la province du Maniema, CAA a toujours fait escale à Goma, pour débarquer une partie de ses passagers.
La CAA et la DAC au banc des accusés !
La piste de l’aéroport de Goma, après avoir endeuillé notre pays en avril 2008, avec la mort de 40 passagers dans le crash d’un avion de Hewa Bora, a failli rééditer son sinistre exploit hier. En effet, un aéronef de la société CAA (Compagnie Africaine d’Aviation), qui venait de Kinshasa, avec à son bord 117 passagers, dont le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a raté son atterrissage, pour sortir de la piste sur une distance d’environ 500 mètres.
A la suite de la défectuosité du système de freinage et de la faible longueur de cette piste, réduite de moitié (2.000 mètres à peine) depuis son invasion par des laves du volcan Nyiragongo en janvier 2002, l’appareil est allé échouer contre un amas de laves solidifiées, transformées depuis en montagne de pierres. Le bilan provisoire fait état d’une vingtaine de personnes blessées, toutes internées pour le moment au bloc sanitaire de la Monuc à Goma.
« Dieu est Congolais…. !
Selon les milieux aéronautiques, ce sont les mauvaises conditions atmosphériques temps pluvieux et brouillard- qui ont compliqué l’étape de l’atterrissage de l’avion de CAA. Les rescapés tremblent terriblement d’émotion en pensant au sort qui allait être le leur, si l’appareil avait percuté de plein fouet le « mur » de laves de la partie Nord de la piste. « Dieu est Congolais... ! », s’est écrié un témoin de la scène convaincu que c’est la main de l’Eternel qui a immobilisé l’avion et évité ainsi une explosion meurtrière pour ses passagers.
Pourtant, signale-t-on, ça ne coûterait rien à l’Etat congolais de permettre aux nombreux « entrepreneurs » à la recherche des moellons et caillasses à Goma de faire évacuer la montagne de pierres nées des laves de 2002. Une telle initiative contribuerait à faire disparaître, sans débourser le moindre sou, le danger permanent qui guette la piste de Goma, en attendant le démarrage des travaux de réhabilitation inscrits dans le cadre des 5 chantiers de la République.
CAA et DAC Interpellées
Selon les informations parvenues au Phare, l’avion accidenté est arrivé à Kinshasa en mars 2009. Conformément à la réglementation en vigueur, la CM aurait présenter à la Direction de l’Aéronautique Civile du ministère des Transports et Voies des Communications, le document attestant qu’il avait subi un « C-Check » avant sa mise en service. Cette formalité est obligatoire pour s’assurer que l’aéronef à subi une révision technique complète et répond aux normes techniques de navigabilité aérienne.
Il semble que, pour des raisons liées à la forte demande qui affecte le réseau domestique congolais, la CAA serait passée outre, avec la complicité de la DAC. Ainsi donc, CM aurait été autorisée à exploiter, pour le transport des personnes et des biens, un appareil non « checké ».
L’Avenir/Le Phare
(DN/Ern./GW/Yes)