Significatif revirement de position de l’ancien ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gutch qui pourfendait la RDC et qui, devenu à ce jour Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire, proclame que le Congo est sur la bonne foi !
Le succès du gouvernement congolais ferait-il peur à certains Congolais ? Cette question est suspendue sur plus d’une lèvre.
Les observateurs avertis sont surpris et ne se retrouvent pas entre la satisfaction des milieux internationaux jadis très critiques à l’action du gouvernement congolais et une certaine agitation au niveau interne.
Le commissaire européen aux affaires humanitaires, le Belge Karel De Gutch qui n’a jamais fait de cadeau au gouvernement congolais, semble avoir changé de fusil d’épaule. Il s’est dit satisfait des efforts que fournissent les dirigeants congolais notamment pour vaincre l’insécurité à l’Est de la Rdc.
Pour lui donc, et pour l’Union européenne, « La présentation des lettres de créances de l’Ambassadeur de la République Démocratique du Congo au Rwanda, ainsi que l’arrestation d’un chef des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) et de son adjoint en Allemagne sont deux développements positifs de ces derniers jours qui démontrent que tant sur le plan international que sur le plan régional une réelle volonté existe pour œuvrer à la stabilisation dans la région des Grands ».
Rappelons que cette déclaration est du Commissaire européen au Développement et à l’Aide Humanitaire, nous avons cité Karel De Gucht.
Des avancées claires
L’ancien chef de la diplomatie belge qui était à la base du gel des relations diplomatique entre la Rdc et le royaume de Belgique a ajouté : « Les choses avancent dans le bon sens : l’échange des Ambassadeurs facilitera grandement le dialogue entre les deux pays sur des questions sensibles et on ne peut que s’en réjouir. Par ailleurs dans la lutte contre l’impunité j’espère que d’autres pays européens et dans le monde suivront bientôt l’exemple courageux de l’Allemagne ». Il faut être congénitalement négativiste pour ne pas constater que ce qui se fait et se dit aujourd’hui, n’était pas possible hier. Rien n’est du domaine du hasard.
Ce changement a des auteurs. Et la Commission européenne les identifie en déclarant son soutien aux dirigeants congolais notamment dans leur appel aux Fdlr de se rendre pour leur rapatriement pacifique dans leur pays. Comme pour apporter du sien dans la consolidation de ce changement de situation en Rdc, la Commission européenne finance des actions humanitaires dans ce pays, contribue à la réhabilitation de la situation à l’Est du pays et au cofinancement de la restauration de la justice sans oublier l’appui à la relance de la Cepgl (Communauté économique des Pays des Grands Lacs).
Il faut ajouter à cela l’appui de l’Union européenne dans le secteur des infrastructures dans la ville de Kinshasa. Ces efforts vont se poursuivre.
Le club de Paris donne des assurances
Cette semaine, les Congolais étaient toute oreille à la réunion que le club de Paris tenait le mercredi dernier. Selon les informations parvenues au gouvernement et que le cabinet du Premier ministre a rendu publiques dans un communiqué.
Le cabinet du Premier ministre informe qu’au terme « de cette première séance, le Club de Paris a obtenu de la quasi-totalité des créanciers, les assurances de financement. Le Club de Paris annoncera dans un bref délai la décision de confirmation desdites assurances. Celles-ci permettront au Conseil d’administration du Fonds Monétaire International « FMI » de conclure avec notre pays, au plus tôt le 4 décembre 2009, un programme triennal soutenu par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance « FRPC ».
Comme annoncé dans la dernière lettre du Fmi au gouvernement congolais, le point d’achèvement est plus proche aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été. Cela va ouvrir la voie à la réduction de la dette extérieure de la Rdc. Ce n’est pas rien lorsqu’on connaît toute la gymnastique que fait le gouvernement pour honorer le service de la dette alors qu’il pourrait affecter ces fonds aux actions de développement du pays. Il n’y a pas meilleure façon de poser des bases d’une solution durable aux problèmes sociaux que tous ces efforts. L’économie et le social se construisent par des actions et non par des incantations.
Une agitation sans cause
C’est pendant ce temps qu’au niveau interne, un groupe de parlementaires agitent l’opinion dans une distraction inacceptable. Ces députés ne jureraient que sur les départs de certains membres du gouvernement, conclusions hâtivement tirées sur base des éléments que ces députés auraient tirés de l’examen de l’exécution du budget 2009. Au moment où ce travail n’entre pas dans le cadre d’un contrôle parlementaire et les conclusions de ce travail devraient être réservées à la plénière de l’Assemblée nationale, on est étonné qu’on en fasse un usage personnel en vue d’assouvir sa haine et son besoin de repositionnement.
L’opinion se souviendra que c’est le groupe jadis conduit par le même député qui était à la base de la médiatisation de la correspondance du Directeur de cabinet du Chef de l’Etat avec le Premier ministre. Tous les agents des services de l’Etat contrôlés à l’époque par ce groupe s’étaient étonnés de l’avidité avec laquelle ce député photocopiait des documents et devant certains documents, il exultait des joies comme un chien affamé devant un os.
Au sortir de cette mission de contrôle, particulièrement au ministère des Finances, ce député disait à qui voulait l’entendre que des têtes tomberaient. Et les têtes ne sont jamais tombées. Ce qui « étonne plus d’un, c’est que ce député en lui-même n’est pas un modèle de gestion. Sa gestion récente a été au centre de scandales.
Pour avoir été épargné, c’est son tour aujourd’hui de devenir justicier au point de faire circuler une liste qu’il qualifie de noire sur laquelle figurent des personnalités du gouvernement. Ce qui l’intéresse, c’est le secteur économique où il se croit détenir une expertise irremplaçable.
Les dossiers Emaxon-Miba, Banque Congolaise, BCECO, Snel, Gécamines, Tenke Fungurume Mining, Banque Centrale du Congo et Hydrocarbures sont pour ce groupe de députés une aubaine alors qu’ils ne se fondent que sur leur propre son de cloche.
Il y a plus de mégalomanie dans ce dossier que de lumière. Il faut s’attendre à ce que la plénière qui n’est pas dupe déniche quelle est la part de vérité et quelle est la part de vengeance personnelle dans ces affaires.
Dans une certaine opinion, visiblement de mauvaise foi, on attend que le gouvernement améliore le social par miracle et non par le travail. Par conséquent on ne comprend pas la satisfaction des milieux internationaux. Et pourtant si ces milieux avaient émis des critiques négatives sur l’action du gouvernement, on les retiendrait et les répéterait par cœur comme des versets du Coran. A quoi tient la critique en Rdc ? Si ce n’est pas au bas chantage, c’est à la politique de ôte-toi de là que le m’y mette.
Joachim Diana G./L’Avenir
(DN/Tkm/GW/Yes)