stationMoins d’un mois après le réajustement des prix des produits pétroliers, les pétroliers reviennent à la charge et veulent un nouveau réajustement des tarifs. Depuis mardi, en effet, les conducteurs ont constaté un nouveau contingentement de la vente du carburant à la pompe. Ce jour-là, plusieurs stations services ont fermé dès 18 heures, tandis qu’hier mercredi, ces stations ont commencé à fermer à 17 heures.

Selon des informations recueillies par Forum des As, la nouvelle demande des pétroliers se justifie par la dépréciation du Franc congolais dont le taux actuel par rapport au dollar ne leur permet plus de réunir les devises nécessaires pour reconstituer leurs stocks. En l’espace de moins d’un mois, en effet, le dollar est parti de 870 à l’achat à plus de 930 aujourd’hui, alors que, sur le marché international, le prix du baril de pétrole continue de se relever. Bref, les pétroliers se disent en difficulté face à ce gap de change qu’ils ne savent pas combler autrement que par des pertes sèches.

Côté Gouvernement, on confirme l’existence de la requête des pétroliers. Cependant, l’Exécutif national, qui est conscient des difficultés des pétroliers, se trouve, lui aussi, devant un feu rouge. En effet, l’on craint qu’un nouveau réajustement du tarif du carburant n’entraîne une nouvelle hausse du prix des courses de transports, mais aussi des prix d’autres produits de consommation courante. Une telle perspective risque d’ouvrir sur une forte contestation sociale en cette période de fin d’année, alors que l’inflation déjà observée, mais surtout la dépréciation galopante du Franc congolais, suffit pour inquiéter les consommateurs.

Tout indique donc que des discussions vont se poursuivre entre les pétroliers et les experts du Gouvernement pour trouver un juste milieu, tout en préservant l’accalmie sociale actuelle.

Obsession de nouvelle hausse du prix du carburant à la pompe jusqu’à paralyser le transport urbain

Piétons et automobilistes de la capitale ont eu du mal à regagner leurs domiciles mercredi soir après la débrouille habituelle. Car, toutes les stations-service, à l’exception de celle de So­nangol (sur la 7ème  rue) avaient subitement cessé de vendre leurs produits. Véri­fication faite, les pétroliers qui ne se retrouvent plus par rapport à la tarification pu­bliée dernièrement par le gouvernement central, au regard de la flambée vertigi­neuse du billet vert sur le marché de change, ont dé­cidé de provoquer la rareté du carburant. Une façon de faire pression sur le gouver­nement, Muzito, pour l’obliger d’accepter une nouvelle majoration de prix du carburant à la pompe.

Les pétroliers qui savent combien leur action fait mal à la population, sont convain­cus que le gouvernement fi­nira par se plier à leurs ca­prices. L’affluence qu’a con­nue hier soir la station So­nangol située sur la 7ème Rue/Limete est à l’image de la panique qui s’est emparée de la capitale. En attendant un compromis, les Kinois pourtant déjà clochardisés ont renoué avec de longues marches à pied, usant ainsi leurs talons. Un spectacle qu’on risque de revivre enco­re ce jeudi si l’exécutif et les pétroliers n’arrivent toujours pas à parler un même lan­gage.

Forum des As/La Tempête des Tropiques


(DN/Tkm/GW/Yes)