L’ambassadeur de la RDC nommé au mois de juillet pour le poste de Kigali au Rwanda vient de présenter ses lettres de créance au président rwandais Paul Kagame, concrétisant ainsi le rapprochement irréversible entre les deux pays récemment en conflit
Le nouvel ambassadeur de la République démocratique du Congo à Kigali, Norbert Nkulu Kilombo a présenté le lundi 16 novembre 2009 ses lettres de créances au président Paul Kagame. Ce rapprochement entre Kinshasa et Kigali doit offrir l’occasion aux dirigeants et populations de deux pays de réaliser que leurs destins sont liés par les contraintes géographiques.
Le nouvel ambassadeur de la RDC à Kigali a été nommé à ce poste en juillet dernier. Norbert Nkulu Kilombo a présenté le lundi 16 novembre 2009 ses lettres de créances au président Paul Kagame à Kigali, rapporte radiookapi.net
Cet acte marque effectivement son entrée en fonction et la jouissance des immunités et privilèges diplomatiques sur le territoire rwandais conformément à la Convention de Vienne de 1961 régissant les relations diplomatiques.
L’ambassadeur Norbert Nkulu Kilombo a indiqué que sa mission est double. La première consiste à rendre effectives les relations diplomatiques entre les deux pays. La deuxième, relancer certaines activités, notamment la CEPGL (Communauté économique des pays des Grands Lacs).
A noter que le Rwanda avait nommé en mai 2009 son ambassadeur à Kinshasa. Il s’agit de l’ambassadeur Amandin Rugera et sa nomination avait été acceptée par Kinshasa. La normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays avait été formellement décidée en mars dernier lors d’une rencontre à Kinshasa entre le ministre congolais des Affaires étrangères, Alexis Tambwe Mwamba et son homologue rwandais, Rosemary Museminari.
Pour le ministre congolais Alexis Tambwe, l’accréditation de l’ambassadeur Nkulu est la concrétisation du processus de la normalisation des relations diplomatiques entre la RDC et les autres pays des Grands Lacs.
Contraintes géographiques
Ce rapprochement entre Kinshasa et Kigali doit offrir l’occasion aux dirigeants et populations de deux pays de réaliser que leurs destins sont liés par les contraintes géographiques.
Concrètement, la proximité dictée par la nature devra amener Congolais et Rwandais à tourner la page ensanglantée d’un passé douloureux pour regarder vers l’avenir. Et même si les Etats sont différents selon leur géographie, économie, puissance militaire et leur taille démographique, les expériences des uns peuvent servir d’exemple aux autres.
C’est dans ce contexte que les relations en dents de scie dans l’histoire de la France et de l’Allemagne peuvent inspirer Rwandais et Congolais pour bâtir un avenir plus meilleur.
Ces deux Etats européens s’étaient battus plusieurs années et avaient signé maintes fois les armistices dans le palais de Versailles. Mais aujourd’hui les hostilités de l’ancienne époque n’ont qu’un intérêt théorique parce qu’elles ont cédé la place aux relations franco-germaniques excellentes qui ont un impact considérable sur le développement socio-économique de deux pays.
Et, dans le cas d’espèce, il y a lieu de constater qu’il est plus qu’urgent que les Congolais et les Rwandais travaillent de concert pour réaliser les projets d’intérêts communs susceptibles de promouvoir le développement socio-économique.
Ce qui nécessite la relance des activités de la CEPGL afin de favoriser l’intégration économique régionale et rapprocher davantage les pays membres qui pourront désormais jouer un majeur dans le concert des Nations. Ce nouveau dynamisme dans la région des Grands Lacs pourra, si les régimes rwandais et congolais tiennent au respect mutuel de leur souveraineté nationale, donner un coup de pousse à la stabilité et la prospérité de l’Afrique centrale.
Pierre Emangongo/Le Potentiel
(DN/PKF/GW/Yes)