Comme le nerf de la guerre a toujours été l’argent, la crise entre la RDC et l’Angola sent également l’odeur en fait du pétrole du plateau continental congolais que Luanda exploite jusqu’ici à son compte, d’autant que le pactole en cause représente la bagatelle de 4 milliards de barils de pétrole.
Le chef de mission de contrôle des travaux dévoile la nouvelle configuration du Boulevard Lumumba. Plus que 8 mois pour que le Boulevard Lumumba se modernise. La Compagnie nationale chinoise des travaux de ponts et chaussées (CNCTPC), entreprise choisie pour l’exécution de cet ouvrage, passe à la vitesse de croisière pour que les travaux finissent avant le 30 juin 2010, date de la célébration du cinquantenaire de l’accession de la République à la souveraineté nationale et internationale.
Modernisation de la voirie principale, réhabilitation de la rocade, construction des canalisations, construction des passerelles, éclairage public… rien n’est laissé au hasard pour que la seule voie principale menant à l’aéroport international de N’Djili soit vêtue de sa plus belle robe.
Une randonnée de la presse organisée, dimanche le 15 novembre 2009, dans quelques sites des travaux des cinq chantiers dans la ville de Kinshasa et dans la périphérie de la province de Bandundu, a permis à un groupe de 50 journalistes appartenant à une trentaine d’organes non seulement de se rendre compte de l’état d’avancement des cinq chantiers de la République, mais aussi de mesurer les effets induits de ces travaux réalisés dans les domaines social et économique.
Un projet de 53 millions 600 USD
53 millions 600 USD ont été ainsi débloqués par le Gouvernement central pour la modernisation du Boulevard Lumumba. M. Jacques Vuididio, chef de mission de surveillance des travaux et ingénieur à l’Office de voirie et drainage (OVD) a expliqué à la presse que ce projet, dont le délai d’exécution est de 10 mois, consiste en la modernisation du Boulevard et la réhabilitation de deux rocades. Au total, 14,5 km de la route (soit de l’église Béthel jusqu’à l’avenue Djoku au quartier Mikondo à Kimbanseke) doivent subir des modifications. En plus de cela, deux voies parallèles techniquement appelées rocades sont déjà en construction. Pour le chef de mission de surveillance des travaux à Limete, la rocade gauche commence devant l’église Béthel et s’arrête au niveau de la 18è rue, tandis que la rocade droite débute sur l’avenue Sendwe pour prendre fin à la 17è rue. L’OVD, entreprise choisie pour exécuter le projet de la première rue à la Place Echangeur, ajoutera deux autres bandes des 2 côtés de la chaussée déjà existante pour faire un total de 4 bandes.
Dans les explications fournies à la presse, les ingénieurs font savoir que les travaux consistent à refaire totalement la structure de la chaussée qui sera en béton bitumé de 7 cm d’épaisseur, d’une couche de base concassé 0,33 et demi et une couche de fondation de 25 cm. En plus, des caniveaux seront construits dans les extrémités pour faciliter le passage d’eau. Des dispositions ont été prises pour réservé un espace des trottoirs pour les piétons, les cyclistes, et dans la même zone il sera également prévu un espace pour les galeries techniques de manière à poser tout ce qui est câble OCPT et SNEL, l’éclairage public, la signalisation verticale et horizontale. ‘‘Transversalement, nous prévoyons des PVC 110 où les câbles passeront pour traverser la chaussée’’, a ajouté l’ingénieur Jacques Vuidibio.
Une priorité est réservée, dans un premier temps, à la construction des rocades. Achevés, ceux-ci permettront aux entreprises commises pour la modernisation du Boulevard Lumumba de faciliter le trafic pendant les grands travaux sur la chaussée existante en créant des voies de déviation.
Problèmes rencontrés sur terrain
Actuellement, c’est la plate-forme qui est faite avant le corps de la chaussée qui comprendra la couche de fondation, la couche de base et la couche de revêtement. Jusque-là, les travaux se poursuivent non sans problèmes. « Pendant que nous nous attelons à la mise en forme de la plate-forme, on est buté à des problèmes nous obligeant de consolider le pont ». Le chef de mission de contrôle rassure, néanmoins, qu’à certains niveaux, le recours aux moellons est la seule solution avant la plate-forme à certains endroits. ‘‘Sur le plan technique, poursuit-il, on n’est buté à aucune difficulté, excepté quelques surprises que nous rencontrons sur terrain’’. Le souci des ingénieurs s’explique par le fait que dans la partie ovale du pont jeté sur la première rue, la rivière est trop étroite. « C’est une grande difficulté pour nous », a dit un ingénieur travaillant pour le compte du BTC.
Autre problème, c’est la présence d’une grosse conduite d’eau qui passe transversalement sur ce même pont. Les ingénieurs congolais et chinois craignent que les câbles électriques et de conduite d’eau traversant la chaussée leur causent de gros ennuis. Pour contourner cette difficulté, ils sont entrés en contact avec la SNEL et la Régideso pour voir s’il y a possibilité de remonter les câbles et conduites d’eau en vue de dégager totalement la section utile de la rivière.
Hormis le CNCTPC, une équipe de contrôle mixte composée du Bureau technique de contrôle (BTC) et le CEREMA est aussi à pied d’œuvre, surveillée par une mission de surveillance représentant l’administration publique. Bien que l’OVD et l’Office des routes se partagent les deux secteurs de la modernisation du Boulevard Lumumba, le chef de mission de contrôle est d’avis que cela n’aura aucun inconvénient dès lors que le projet a été conçu et étudié par un même bureau, le Bureau d’étude de développement (BED). ‘‘Les travaux seront uniformes pour les deux secteurs, même configuration’’, a-t-il laissé entendre.
Appel à la population
L’ouvrage coûtera tellement pour le Gouvernement congolais que les ouvriers veulent voir la population être conscientisée de manière à ne pas jeter des immondices dans les caniveaux de peur de voir la chaussée s’abîmer avant les délais prévus. Les ingénieurs à l’ouvrage renseignent ‘‘si la chaussée est conçue selon les normes, il faut 15 à 20 ans de vie. La vie d’une structure comme celle-ci dépend aussi de l’entretien’’, ont-ils déclaré.
Rachidi Mabandu/Forum des As
(Milor/DN/GW/PKF)