Le ministère de l’Agriculture distribue à travers les provinces des tracteurs. Beaucoup de provinces, à en croire certains députés, auraient malheureusement réceptionné ces tracteurs sans accessoires. D’où, ces engins destinés à l’agriculture seraient à l’arrêt.
Pendant ce temps, personne ne peut aujourd’hui avancer les critères de base selon lesquels ces tracteurs sont entrain d’être distribués. Est-ce à des hommes politiques, à des entités territoriales, à des collectifs de paysans... ?
Pourquoi le Gouvernement ne se donne pas la peine de dire si ce sont des dons ou des prêts. Quel est le plan de soutenabilité qu’il y a derrière cette opération et qui garantit de sa rentabilité. A quoi donc répondent ces achats massifs de tracteurs parce qu’on parle de 700 de marque John Deer.
Si on n’a pas de plan, ces investissements de l’ordre de 70 millions USD vont se traduire en gaspillage planifié. Où est le garage d’entretien et de maintenance de ces engins ? Qui offre le service après vente ? Ceci pose toute la question de comment se passent les marchés publics ?
En effet, pour acquérir 700 tracteurs, l’Etat est en droit d’exiger une représentation géographique suffisante pour assurer la maintenance. Ceci aurait été une des conditions lors de l’offre. Malheureusement, même pour des achats aussi importants, l’Etat Préfère acquérir les biens de gré à gré.
Ce genre de choses arrive souvent lorsque le fournisseur des biens et équipements joue sur les modalités de paiement face à un client qui n’a pas de cash et se montre prêt à bénéficier des faveurs. Et cela sans aucune comparaison de prix et de qualité. Quitte à engager la course pour se faire payer après.
Violation massive des principes de bonne gouvernance
Le ministère de l’Agriculture devrait expliquer la vision qui est derrière ces équipements. Va-t-on faire comme feu le maréchal Mobutu.
Est-ce pour des besoins électoralistes ? Le Premier ministre Adolphe Muzito, chef du Gouvernement, pourquoi laisse-t-il un secteur aussi sensible comme l’agriculture sans plan stratégique ?
Pourquoi assiste-t-il à des. violations massives des principes de bonne gouvernante dictée par la loi sur la passation des marchés. Est-il nécessaire de respecter les erreurs au nom du fait que feu le président Mobutu les a commises ?
Un peuple où la population est le pilier de l’économie, car constitué de consommateurs, moteur du commerce. Mais lorsque les consommateurs sont sans pouvoir d’achat, cela ressemble ’ un moteur sans carburant, ni source électrique.
Des véhicules pour les professeurs achetés sans appel d’offre
L’idée de la Banque mondiale et du Fonds Monétaire International de garder les salaires bas est un piège à l’économie congolaise qui, du reste, est extravertie.
On voudrait résoudre des problèmes stratégiques avec une approche tactique en donnant des véhicules aux joueurs ; on a tous vu qu’ils les ont vendus.
Pourquoi donc recommencer les mêmes choses avec les professeurs d’université qui au lieu de résoudre définitivement le problème qui est le leur : celui d’améliorer leurs revenus, on leur crée d’autres problèmes, notamment avec l’achat de carburant, l’entretien des véhicules, la maintenance... Alors que leurs salaires sont faibles.
De plus, parce qu’il s’agit des professeurs d’université, c’est-à-dire les plus intelligents d’entre nous ; pourquoi on ne leur laisse pas le choix de l’utilisation de la ligne de crédit qu’on leur a donné. Pourquoi leur imposer des véhicules, une marque et dans la marque un modèle.
On l’a vu sous le régime Mobutu avec les voitures Mitshubishi. Aujourd’hui, ce sont des Nissan. Il est évident que tout se joue sur les facilités de paiement mais de qui est donc le plan ? Est-ce une demande des professeurs ou une imposition des pouvoirs publics ?
Nécessite de transparence
La leçon à retenir reste la nécessité de transparence, d’initiative et la libre adhésion aux projets. Faute de cela, de gros soupçons ont pesé, pèsent et pèseront smür les initiatives des projets qui peuvent être bons. On ne gère pas un peuple contre son gré en le mettant devant des faits accomplis. Il faut tenir compte de son opinion.
Magouille dans la passation des marchés
On observe dans le pays des abus, les uns plus élégants que les autres mais beaucoup d’abus. C’est comme l’appel d’offre de la Banque centrale du Congo pour installer des pompes à essence. Dans ces appels d’offre, on vous donne la marque de la pompe et le système à installer. Un appel d’offre taillé sur mesure mais pour quel, objectif ?
On rencontre également ce genre de pratiques dans les organisations dépendant des institutions internationales (UCOP, BCECO.J. Quand ces institutions commandent des véhicules, ils prennent le soin d’indiquer leur marque, les privant, du coup, de toute possibilité de jouir des bénéfices de la concurrence.
Ceci pose la question de la pratique du commerce en RD. Congo et interroge le Parlement et le Gouvernement sur la nécessité d’une loi sur la concurrence. Le commerce au Congo est régi jusqu’à ce jour par une loi datant de l’époque coloniale et elle profite beaucoup aux commerçants véreux.
L’Avenir
(Tkm/CL/PKF)
Last edited: 16/11/2009 15:05:48