Finies les zones d’ombre avec l’achat conclu du Boeing 737-200 que vient ainsi d’acquérir la compagnie nationale d’aviation LAC, mais ce seul avion suffira-t-il à résoudre tous les problèmes d’une société vautrée dans de longues décennies d’inactivité ?
Après plusieurs années d’inactivité due au manque d’outil de travail. Les lignes aériennes congolaises (Lac) tentent aujourd’hui de sortir de la zone de turbulence grâce à l’acquisition d’un boeing 737-200 dont l’inauguration a été saluée avec pompe par le gouvernement central.
Cette acquisition, indique-t-on est le fruit des démarches initiées par les mandataires actuels des Lac qui, à la différence de leurs prédécesseurs, sont passés par un concours de recrutement organisé par le comité de pilotage pour la réforme des entreprises publiques (Copirep). Pour doter l’entreprise d’un outil de travail, ce comité de gestion a sollicité et obtenu un crédit d’environ 2 millions de dollars auprès de la Fibank, institution bancaire nouvellement installée en République Démocratique du Congo.
L’aboutissement de cette démarche a certes redonné espoir aux nombreux travailleurs des Lignes Aériennes Congolaises qui ont cette fois-ci crus au redecollage de leur compagnie. Mais, le doute a commencé à reprendre place dans l’esprit des agents lorsque des mois passaient sans que Boeing 737-200 acquis en Afrique du Sud soit mis effectivement en exploitation.
Quelques agents Lac qui sont sans ignorer qu’un avion cloué au sol est plus coûteux que s’il vole, ont commencé à spéculer sur les raisons du retard enregistré dans l’exploitation de l’appareil. Certains sont allés Jusqu’ à douter de la fiabilité de l’avion acheté. Soupçonnant même le comité de gestion de Lac d’avoir acheté un cercueil volant et compromis davantage l’avenir de la compagnie qui risque de ne pas avoir les moyens de rembourser le crédit de 2 millions Usd obtenus auprès de Fibank. D’autres agents ont même insinué que le coût réel de l’avion acquis diviserait les membres du conseil d’administration de Lac, citant comme preuve l’audit qui a été organisé autour de l’achat de cet avion. Dans cette confusion, la spéculation est allée bon train concernant le coût réel de l’avion. Certaines langues estimant que l’avion n’aurait pas coûté plus de 500.000 dollars Us (Cinq cent mille dollars Usd) !
Réaction d’un membre du comité de gestion
Joint par notre Rédaction pour dissiper les zones d’ombre autour de cette affaire, un membre du comité de gestion ayant requis l’anonymat a fait savoir que l’acquisition n’a jamais visé le comité de gestion ni le conseil d’Administration. A propos de l’audit, ce haut cadre de Lac contacté précise que c’est bel et bien le comité de gestion qui a demandé la conciliation des comptes avec le partenaire africain. Et tout en soutenant qu’il n’y a jamais une demande d’explication de la part du président du Conseil d’Administration à ce sujet. La même source rappelle que rien ne pouvait se faire sans que celui-ci soit associé à toutes les démarches. A en croire le mandataire joint par notre Rédaction, la conciliation des comptes a permis aux partenaires sud-africains de justifier les écarts. Et à en croire la même source, le partenaire sud-africain doit encore fournir aux Lignes Aériennes Congolaises un équipement appelé « RVSN » dont le coût serait estimé à 400.000 dollars Usd. Une fois cet équipement livré, Lac sera en possession de la totalité d’équipements qui devaient venir ensemble avec l’avion acheté par Lac et dont le G44 est estimé à 1.9 million de dollars Usd.
A la question de savoir pourquoi le « RVSN » doit être livré en retard, notre source fait remarquer que les transferts au profit du partenaire sud-africain se faisaient par étapes.
Le comité de gestion se veut aussi rassurant en ce qui concerne le remboursement du crédit obtenu auprès de la Fibank. Remboursement qui se fait déjà grâce à un très bon montage financier fait avec Kenya Airways à travers les royalties que cette compagnie étrangère paye à Lac.
Quant au Boeing acquis, il est déjà opérationnel et dessert les lignes intérieures de la Rdc. Mais, les recettes réalisées restent insignifiantes par rapport aux charges qui elles, sont immenses; fait-on remarquer. Tout en faisant observer qu’un seul avoir ne peut pas régler tous les problèmes de Lac, le mandataire contacté a révélé que tout est mis en œuvre pour l’acquisition d’un deuxième avion. A en croire notre source, les responsables de Lac ne sont nullement surpris par les attaques dont ils sont actuellement l’objet.
Car conclut notre source, l’acquisition de cet avion par Lac semble déranger certains intérêts.
Dieudonné Mbuyi K./La Tempête des Tropiques
(DN/Tkm/GW/Yes)