Le procès devant la Cour militaire de Kinshasa opposant le ministère public au chef insurrectionnel F. Yangambi et consorts a été marqué à l’ouverture de sa première audience d’instruction par la révélation du représentant de l’organe de la loi indiquant que le principal inculpé « voulait assassiner le Chef de l’Etat »
Surprise à la Cour militaire de Kinshasa/Gombe ! Le général Munkutu vient de révéler que selon les premières informations, Me Firmin Yangambi voulait s’armer pour assassiner le chef de l’Etat.
Le jeudi 11 novembre 2009, c’était la première audience d’instruction dans le procès qui oppose le ministère public aux prévenus Eric Kikunda, Me Firmin Yangambi Libote, Benjamin Olangi et le colonel Elia Lokundo devant la Cour militaire de Kinshasa/Gombe pour détention illégale d’armes et tentative de participation à un mouvement insurrectionnel.
Evoquant les articles 136 et 137 qui parlent du mouvement insurrectionnel et de son modus operandi, Me Peter Ngomo a fait voir à la Cour que l’organe de la loi se base sur l’achat d’armes pour asseoir son accusation de mouvement insurrectionnel. Or, a-t-il fait remarquer, aucune disposition de ces articles ne fait allusion à l’achat d’armes comme élément constitutif de cette infraction.
En guise de réaction, le ministère public a trouvé que la défense était pressée, du moment qu’on était encore qu’à la première audience de l’instruction. Le premier avocat général Munkutu en a profité pour faire la révélation que voici : « Selon les informations que nous avions au départ, Me Firmin voulait s’armer pour assassiner le chef de l’Etat ». L’organe de la loi a ajouté que par la suite, le prévenu a voulu l’amener sur la voie de l’insurrection. Et aujourd’hui, on veut l’amener sur celle de l’autodéfense. Il a en outre ajouté qu’il pouvait même arrêter Me Firmin Yangambi sur le boulevard à Kinshasa, d’autant plus qu’il a eu à le gérer sans qu’il le sache.
Surprise par cette déclaration, Me Ntoto Aley Angu s’est ainsi adressé à la Cour : « Le ministère public nous apprend publiquement que Me Firmin voulait assassiner le chef de l’Etat ».
Pour calmer les esprits, le premier président de la Cour militaire a fait comprendre aux conseils de la défense que si le ministère public le dit, il doit le confirmer par une décision de renvoi. Et lui de trancher : « La Cour n’est pas saisie de cette infraction ».
A la base de cette discussion : les propos de Me Firmin Yangambi contenus dans les procès-verbaux. En effet, celui-ci avait déclaré chez l’officier du ministère public que son projet était de doter la population locale des moyens d’autodéfense. Et ce, dans le cadre de son ONG. Cela, en réponse à la question du magistrat verbalisant qui mettait sur son dos un projet d’insurrection de la population de Kisangani.
A propos de l’autodéfense, le ministère public a allégué qu’elle ne pouvait se faire qu’au moyen des armes. Dans sa réplique, la défense a dit à la Cour que le ministère public faisait une lecture anormale des faits. Et selon elle, on ne peut pas asseoir une instruction sur des propos que chacun interprète à sa manière.
Juste à ce moment, Me Ntoto Aley a annoncé aux juges que l’un des tortionnaires des services spéciaux de Kin-Mazière – qui se trouvait dans la salle d’audience – était en train de fuir. Réaction du premier président : « Les avocats font maintenant des enquêtes ! ». Rires dans la salle…
Donatien Ngandu Mupompa/Le Potentiel
(DN/TH/GW/Yes)