La plénière de jeudi à l’Assemblée nationale a été dominée par l’intervention du ministre de l’Intérieur qui a présenté aux députés le projet de loi sur la réforme de la Police nationale en vue de doter le pays d’une police vraiment nationale, civile et responsable
Après le ministre des Finances le mercredi, c’était hier le tour de Célestin Mbuyu, ministre en charge de l’Intérieur de franchir le seuil de l’Assemblée Nationale. Et pour cause? La machine de la production législative étant en marche, les élus du peuple ont eu droit à l’audition de la politique générale du projet de loi portant réforme de la Police Nationale, présenté par le ministre de l’Intérieur.
Pour le ministre ce projet de loi répond au besoin de la réforme de la sécurité en Rdc. Elle consiste à doter le pays d’une police véritablement nationale, civile, responsable et digne de ce nom. Célestin Mbuyu a laissé entendre que cette restructuration ne date pas d’aujourd’hui. Mais de 2004 sous l’impulsion des partenaires de la Rdc, en prévision des élections qui pointaient à l’horizon. Tout compte fait, on est parti pour un débat houleux en plénière, avant que ce projet de loi n’atterrisse à la table de la commission Défense et Sécurité.
Affaire Unikin et la Faculté de médecine : la commission sollicite un délai
Auparavant, les Députés ont suivi le rapport de la Commission socioculturelle sur l’enquête menée à l’Université de Kinshasa et plus précisément à la Faculté de médecin. L’on se souvient qu’en son temps, l’honorable Mata avait présenté à la plénière de la Chambre basse une motion d’information dans laquelle il révélait l’existence à l’Université de Kinshasa d’un test à l’attention des étudiants de 1er doctorat.
La Commission Ndombe Sita avait reçu de la plénière, une mission d’enquêter sur la régularisation de ce test et pas plus. Le débat qui s’en est suivi a laissé entrevoir que la commission est allée très loin avec ses investigations en passant au peigne fin tous les autres aspects de la crise qui mine présentement le système de l’Enseignement Supérieur en général et l’Université de Kinshasa en particulier (la relève des professeurs, l’insuffisance des Infrastructures la non prise en compte des recommandations en cette matière par le gouvernement, la clochardisation des assistances professeurs).
Lors du débat, des voies se sont élevées afin de réclamer la présence à l’Assemblée Nationale du ministre en charge de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et Recherche Scientifique, Mashako Mamba. Question d’expliquer le bien-fondé des extensions universitaires, les responsabilités, etc. Prenant la parole pour répondre aux préoccupations des Députés, l’honorable Ndombe Sita a sollicité un délai pour mûrir les réponses à donner aux Députés.
Néanmoins, elle a spécificité le sens de la mission confiée à sa commission. Soit la régularité de ce test. En quelques mots, elle ne s’oppose pas à ces derniers, mais plutôt à la manière dont il a été conçu. C’est-à-dire sans consulter personne dans la précipitation. Tenant toujours à la qualité de l’enseignement et de médecins formés autant s’abstenir de faire des extensions s’il n’y a pas de moyens pour les bibliothèques, laboratoires, etc. Elle a eu les mots pour donner l’exemple d’autres pays comme la France, la Belgique, etc., où ce n’est pas facile de faire la médecine à l’Université.
La thèse de Mukonkole !
Martin Mukonkole tout en félicitant la commission pour la travail abattu, n’a pas manqué de relever quelques failles dans le chef de celle-ci. Il a laissé entendre que la commission, au chapitre des extensions est restée muette quant a l’Université de Lubumbashi dont lui-même est un produit. C’était le lieu de citer nommément Kabinda (Kasaï Oriental) et Kindu (Maniema).
S’agissant des recommandations, a-t-il dit, elles sont vagues par rapport aux différentes extensions. Comme pour relayer l’honorable Ndombe : « restons dans le prescrit, et pas ouvrir les extensions pour le plaisir de les ouvrir ». Il faut dire que les points de vue des Députés sont restés partagés, quant à la régularité du test d’admission.
Pour les uns, la mesure est discriminatoire en ce sens qu’elle sacrifie les étudiants qui sont inutilement victimes. Pourquoi deux poids deux mesures avec leurs collègues qui étudient à l’Unikin. D’ailleurs, n’est-ce pas à cause de l’explosion démographique et l’insuffisance des infrastructures d’accueil que les extensions universitaires ont vu le jour? Tandis que pour d’autres Députés, ce texte a sa raison d’être pour doter Mbandaka, Bandundu et Kikwit, de bons médecins. Car, on ne badine pas avec la santé.
E. Boshab établit les responsabilités
Le Président de l’Assemblée Nationale, chaque fois qu’il le faut, intervient séance tenante pour faire des mises au point et partant amener les pendules à l’heure. Pour lui, l’Assemblée Nationale, en tant qu’autorité budgétaire, n’a rien fait pour la mécanisation de nouveaux assistants engagés à l’Unikin. Elle préfère condamner et c’est tout. D’où, au lieu de rendre l’Etat responsable, la responsabilité doit être partagée, a-t-il laissé entendre. A propos de l’essaimage, oui, mais il faut des moyens.
Un bâtiment administratif pimpant neuf de la PNC à Lingwala !
Les travaux de construction du bâtiment administratif de l’inspection générale de la Police nationale congolaise, dans la commune de Lingwala, dont l’exécution a été assurée par les services techniques de génie de la police, sont terminés, a confié jeudi le colonel Kalala Tshiembe, commandant dudit service. L’inauguration de ce bâtiment interviendra incessamment. Ces travaux d’une architecture moderne et réalisés après le bâtiment du commandement sont financés par l’Union européenne pour un montant total de 16 millions 600 mille euros (16.600.000 euros), équipement compris, a précisé la source, ajoutant que l’intervention de la Police nationale se situe dans des volets technique et conception, étude, contrôle et suivi. L’autre volet porte sur l’équipement de la salle informatique comprenant 60 tables en commande, un grand comptoir pour la sécurisation du bâtiment et les travaux de l’environnement extérieur.
Selon l’ingénieur colonel Kalala, ce bâtiment n’abritera que les services administratifs de la PNC conformément au programme de la réforme de la police initiée par le gouvernement avec l’appui des partenaires extérieurs dont la France et la Grande-Bretagne. Ainsi, dans les différents bureaux de cet immeuble à 2 niveaux, seront récoltées et traitées toutes les données sur la rémunération, les ressources humaines en tenant compte des effectifs réels de la police.
Les services du budget et finance devant préparer et suivre le montant à débloquer chaque année pour la rémunération après le contrôle biométrique, a-t-il expliqué, y seront installés confortablement.
En ce qui concerne les projets à venir, le colonel Kalala a annoncé l’érection l’année prochaine d’un bâtiment de génie devant asseoir dignement tous les services ad hoc, sur financement de l’Union européenne.
La construction des niches pour les chiens policiers (police canine) chargés de la détection de la drogue, des explosifs et pour disperser les manifestants est en cours tandis que les travaux de réhabilitation de l’hôpital de la police au camp Lufungula réalisés à 75 % n’attendent que l’autre partie de financement pour son achèvement. Des équipes sont déjà dépêchées en Chine et en Turquie avec mission de prospecter les équipements modernes indispensables au fonctionnement harmonieux de cette formation médicale.
Le colonel Kalala Tshiembe a également révélé la construction prochaine dans l’enceinte de l’inspection générale de la police, d’un centre hôtelier moderne comprenant un service de divertissement des policiers avec un restaurant et un bar, une salle de gymnastique, de billard et de sport, des paillotes et une salle des fêtes et de conférences. Ce centre hôtelier, une fois réalisé, servira aussi et surtout à rapprocher les policiers avec des civils dont la collaboration harmonieuse est souhaitée en vue de la protection des personnes et de leurs biens.
Le commandant de génie de la police qui a reconnu que la reconstruction est un problème d’hommes exigeant de nombreux sacrifices et d’abnégation, a félicité l’inspecteur général de la PNC, John Numbi, qui s’est entièrement investi afin de doter cette institution de ses propres installations.
ACP
(DN/TH/GW/Yes)