Le ministre de la Santé Auguste Mopipi a procédé, le mardi 10 novembre 2009, au lancement de la campagne de vaccination intégrée contre la rougeole, la poliomyélite, la déficience en vitamine A et les parasitoses chez l’enfant.

Ces interventions à haut impact, conduites à large échelle, dans les provinces du Bas-Congo, de Kinshasa et du Nord-Kivu, contribueront à la réduire significativement de la mortalité infantile en vue de permettre à la RDC d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement, notamment la réduction des 2/3 de la mortalité infantile d’ici 2015. Malheureusement, la province du Bandundu n’est pas concernée faute du financement promis par le gouvernement.

Organisée selon les recommandations de l’OMS sur l’intégration des interventions de santé à haut impact sur la mortalité et la morbidité des enfants, la campagne va consister en la vaccination contre la rougeole et à la supplémentation en vitamine A ainsi que le déparasitage avec le Mébendazole des enfants de 6 à 59 mois. La vaccination contre la poliomyélite des enfants de 0 à 59 mois dans les provinces du Bas-Congo et de Kinshasa dans le cadre de la poursuite des campagnes de vaccination visant l’arrêt de la circulation du poliovirus sauvage d’ici la fin de cette année dans le pays.

Cette campagne va mobiliser plus de 3 millions de doses de vaccins contre la rougeole, plus de 4 millions de doses de vaccins contre la poliomyélite, plus de 3 millions de capsules de vitamine A et plus de 2 millions de comprimés de Mébendazole.

Dans son intervention, la représentante de l’Unicef en RDC, Mme Pierrette Vu Thi, a, au nom des partenaires, souligné que le lancement de cette campagne interpelle tous sur la situation de la République démocratique du Congo qui compte parmi les pays africains où de nombreux enfants meurent encore des maladies évitables.

Elle a affirmé que la rougeole compte parmi les premières causes de décès des enfants de moins de cinq ans. Cette situation est aggravée par l’état de malnutrition de ces enfants dont plus de la moitié ont une carence en vitamine A et sont anémiés en partie par l’infestation des vers intestinaux. Pourtant, les moyens pour prévenir ces maladies les plus meurtrières de l’enfant existent.

Selon Mme Vu Thi, le coût global de l’organisation de cette campagne intégrée est estimé à 4 millions de dollars américains mobilisés dans un cadre de partenariat, notamment par l’Unicef, l’OMS et le CDC Atlanta auprès de leurs principaux bailleurs dont le gouvernement du Japon, le JICA, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le gouvernement du Canada, la Fondation des Nations unies, la Croix-Rouge américaine, la Fondation Rotary International et Helen Keller International.

La polio risque de ne pas être éradiqué en RDC d’ici 2014

La poliomyélite demeure un problème de santé majeure dans la province du Bas-Congo du fait de l’enregistrement de nouveaux cas à Seke-Banza, Luozi, etc. A l’origine, certaines croyances religieuses, fétichistes et coutumières qui font que certaines personnes refusent de faire vacciner leurs enfants sous prétexte que les vaccins entraîneraient d’autres maladies. Cette mentalité rétrograde risque de freiner l’éradication de la polio d’ici 2014 dans cette province.

Les partenaires de la République démocratique du Congo (OMS, UNICEF, Rotary Club, CTB/Santé) mettent à la disposition du gouvernement congolais d’importants moyens tant matériels que financiers pour lutter contre la poliomyélite et d’autres maladies transmissibles.
Seulement voilà, ils déplorent et s’étonnent que la poliomyélite soit encore un problème de santé majeur dans la province du Bas-Congo du fait de l’enregistrement d’autres nouveaux cas à Seke-Banza (district du Bas-Fleuve), à Luozi (district des Caractes), etc.

Situation pour le moins déplorable et inexplicable du fait que d’autres parties de la République démocratique du Congo et d’Afrique ont déjà éradiqué cette maladie ou mieux. Ou, à tout le moins, sont sur le point de le faire. Particulièrement pour la province du Bas-Congo, suite à certaines croyances soit religieuses, soit fétichistes et soit encore coutumières, la couverture vaccinale n’atteint pas 95 voire 99 % de réussite.

Situation qui est à l’origine du refus de certains parents à faire vacciner leurs enfants âgés de 0 à 5 ans tant dans des milieux urbano-ruraux que dans la ville de Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo, et celle de Boma, dans le district du Bas-Fleuve. Alors que les zones de santé rurales et les vaccinateurs sont à la disposition de la population, bien que parfois les problèmes des routes et de déplacements se posent avec acuité.

Pourtant, ce n’est pas un plan d’éradication de la poliomyélite qui fait défaut au Programme élargi de vaccination (PEV)-LMTE dans la province du Bas-Congo. Il en existe un. Qui, il convient de le rappeler, a un triple objectif. Le premier consiste à faire progresser toutes les zones de santé du Bas-Congo au stade des zones exemptées de cas de poliomyélite. Le deuxième, quant à lui, consiste à arrêter la transmission du poliovirus sauvage dans des zones de santé «exemptées de polio» et le troisième, enfin, rendre opérationnel le réseau national des laboratoires aussi bien dans la capitale que dans les provinces dont le Bas-Congo et contrôler régulièrement son caractère performant.

Les contraintes majeures à la réalisation de ces objectifs, consécutives aux croyances évoquées ci-dessus, font croire que les vaccins en général entraîneraient plusieurs autres maladies aux enfants vaccinés. La démotivation du personnel vaccinateur, mobilisateur, sensibilisateur et la modicité de leurs primes sont également à l’origine de la baisse de la couverture vaccinale dans le Bas-Congo.
Mais la mentalité rétrograde observée dans le chef de certains Bas-Congolais risque de constituer un frein à l’éradication de la poliomyélite d’ici l’an 2014. Cela, en dépit des efforts et la volonté entrepris par le Programme élargi de vaccination avec le concours du gouvernement central et des partenaires habituels (OMS, UNICEF, ROTARY international, CTB/Santé, USAID, etc.)

19.475 enfants en rupture familiale encadrés par Caritas/Congo à matadi

 La mairie de Matadi et l’ONG confessionnelle CARITAS/Congo viennent de signer un accord de partenariat, aux termes duquel les deux entités se sont engagées à assurer l’encadrement de 19.475 enfants des deux sexes en rupture familiale, recensés récemment dans la ville de Matadi, a-t-on appris mardi de source urbaine.

Selon la source, les deux structures sont déterminées à assurer la prise en charge de cette catégorie sociale vulnérable dans les domaines de la scolarité et de l’apprentissage des métiers dans la perspective de leur réinsertion dans le processus du développement du Bas-Congo. Pour le maire de Matadi, Jean-Marc Nzeyidio Lukombo, qui a qualifié la recrudescence actuelle du phénomène « enfants de la rue ou en rupture familiale » dans la ville portuaire de « bombe à retardement », « il est plus qu’urgent d’encadrer cette jeunesse désœuvrée et inoccupée, en vue d’éviter tout débordement de nature à perturber la paix sociale acquise grâce aux efforts inlassables des dirigeants du pays tout entier et de la province, en particulier ».

La source qui ne précise pas les domaines d’intervention de chaque partie dans l’exécution de cet accord de partenariat, souligne néanmoins que des dispositions pratiques ont été arrêtées pour atteindre les objectifs convenus.

Le Potentiel/Acp


(DN/Milor/GW/Yes)