Une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M.Brian Ames a séjourné en République démocratique du Congo du 27 octobre au 10 novembre 2009 pour passer en revue les déve­loppements économiques récents et leurs impacts sur le programme économique du Gouvernement, y com­pris le projet de budget 2010 présentement à l’examen au Parlement.

La mission a rencontré le Président du Sénat, M. Léon Kengo, le Premier ministre, M. Adol­phe Muzito, le Ministre des Finances, M. Athanase Ma­tenda, le Ministre du Bud­get, M. Michel Lokola, le Gouverneur de la Banque centrale, M. Jean-Claude Masangu, ainsi que d’autres hauts responsables du gou­vernement. La mission a aussi participé dans des activités de sensibilisation sur le budget 2010 avec les commissions économiques et financières (ECOFIN) de l’Assemblée nationale et du Sénat.

La mission s’est entretenue avec les autorités sur l’impact de l’accé­lération de l’inflation et de la dépréciation du taux de change sur le programme économique du Gouver­nement depuis fin août. La mission a également discu­té des hypothèses macro­économiques et de recet­tes sous-tendant le projet de budget 2010 soumis au Parlement en septembre dernier. La mission s’est entendue avec les autorités sur un cadre macroécono­mique révisé conforme aux objectifs d’une forte crois­sance, d’une faible inflation, de réserves en devises éle­vées, et d’une réduction de la pauvreté.

M. Brian Ames a fait la décla­ration suivante aujourd’hui à Kinshasa. L’objectif principal de la mission a été de discuter avec les autorités de l’im­pact des récents dévelop­pements économiques sur le programme économique du Gouvernement pour 2009 et le projet de budget 2010 actuellement au Par­lement.

La croissance économique est projetée à 2,7%  la crise  financière mondiale sur l’économie locale. Après avoir baissé de mai a août, l’inflation est remontée en septembre-octobre en ré­ponse à l’augmentation des liquidités et la dépréciation du franc congolais, qui s’est déprécié par rapport au dol­lar des EU de 35 pourcent entre décembre 2008 et septembre 2009.

Les réser­ves internationales brutes ont augmenté de leur faible niveau historique de 25 millions de dollar E.U en février, à 894 millions de dol­lar E.U à fin septembre (soit 10 semaines de couverture des importations) à la suite du décaissement des aides d’urgence de la part du Fonds monétaire internatio­nal et d’autres partenaires au développement, du dé­caissement de la première tranche du pas de porte au titre de l’Accord de Coopé­ration Sino-Congolais, ainsi que des récentes allocations générales et spéciales des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI en faveur des pays membres.

Dans ce contexte, les autorités ont mis en oeuvre leur programme économique pour 2009 de manière satisfaisante jusqu’à fin septembre, avec les recettes et les dépen­ses de l’Etat en ligne avec les projections. Cependant, le manque de coordination ponctuelle entre le Trésor et la Banque centrale a entra­vé la gestion des liquidités, résultant en une surliquidité dans l’économie. La mis­sion salue le récent renfor­cement de la politique mo­nétaire, qui devrait aider à modérer l’inflation ainsi que les efforts en cours pour améliorer la coordination dans la prévision de liquidi­té à travers des réunions de coordination hebdomadai­res plutôt que mensuelles.

Concernant le projet de budget 2010, bien que les développements récents auront un impact sur la va­leur nominale des recettes projetées et des crédits de dépenses, ils n’influence­ront pas en termes réels la composition de la dépense. Les autorités ont indiqué que tout en demeurant ouvertes à la révision du cadre macroéconomique qui sou­tient le budget, leurs priori­tés économiques et social­es ainsi que les politiques pour 2010 devraient rester les mêmes.

Les discussions de la mission avec les deux commissions ECOFIN ont eu lieu dans le cadre d’un atelier technique, centre sur les changements des hypo­thèses macroéconomiques et leur impact probable sur les recettes, les dépenses et le financement du budget 2010. La mission a apprécié cet échange, particulière­ment l’accent, qui a été mis sur l’évaluation des risques et des incertitudes dans les mois à venir.

La mission a félicité les autorités pour les révi­sions apportées à l’Accord de Coopération Sino-Con­golais ainsi rendu compati­ble avec la viabilité de la det­te. Quoique le financement des infrastructures garanti par l’Etat augmentera con­sidérablement les indica­teurs du service de la dette extérieure du pays à moyen terme, les services du FMI et de la Banque mondiale n’ont pas estimé qu’il aura un impact important sur la viabilité de la dette à long terme.

Cependant, en cas d’absence d’allègement de la dette, les indicateurs de la dette du pays continueront à présenter un haut niveau de surendettement. Sur cet­te base, les services du FMI souhaitent demander des assurances de financement de la part des créanciers du Club de Paris concernant le rééchelonnement de la dette officielle de la RDC. Si tout va bien, l’examen, par le Conseil d’Administration du FMI, de la requête des autorités pour un program­me triennal dans le cadre de la Facilité pour la Ré­duction de la Pauvreté et la Croissance pourrait suivre immédiatement après.

La mission tient à remercier les autorités de leur cha­leureuse hospitalité ainsi que l’excellente coopération pendant son séjour. »

La balle dans le camp congolais

Le bulletin de santé financière de la République Démocra­tique du Congo n’est ni catastrophique, ni flatteur. Telle est l’im­pression que laisse, dans l’opinion natio­nale, le tout récent passage des experts du Fonds Monétaire International (FMI) à Kinshasa. L’on re­tient particulièrement leurs observations relatives au phénomène des surliquidités, dont personne n’ignore le sens dans les milieux politiques et écono­miques de la capitale congolaise. On a com­pris que, quelque part, l’ordonnancement des dépenses n’a pas tenu compte de la réalité de la « caisse ».

D’où, l’effort ti­tanesque de mobilisa­tion des recettes, de la menace de cessation de paiement avec 25 millions de dollars Us en février 2009 à 894 millions de dollars a été annihilé par ce qu’ils appellent le man que de coordina­tion ponctuelle entre le Trésor et la Ban­que Centrale ». Ceci sous-entend qu’une rigoureuse discipline budgétaire doit ca­ractériser les gouvernement congolais. Il est suggéré, pour le bien du pays et de son peu­ple, des concertations hebdomadaires entre  « ordonnateurs »  des dépenses de la Répu­blique.

L’autre crainte manifestée par la délégation du Fmi est devoir la dette exté­rieure d’Etat de la RDC prendre du volume, dans l’hy­pothèse du refus des bailleurs regroupés au sein du Club de Paris de souscrire for­mellement à l’option du rééchelonnement. Par conséquent, une attention particuliè­re serait accordée au plaidoyer des autori­tés congolaises appelant de tous les voeux la conclusion d’un programme triennal en prise directe avec la lutte contre la pau­vre.

Ce qu’il y a lieu de retenir de la mis­sion du FMI est que notre pays reste sous haute surveillance de ses partenaires aussi bien bi que multila­téraux. L’effacement d’une grosse partie de notre dette extérieure et la mobilisation, en faveur de notre peu­ple, des facilités de paiement compati­bles avec nos besoins de croissance ne dé­pendent que de notre manière de nous auto­gérer. La sanction des autres serait positive ou négative selon que nous aurions bien ou mal tenu les comp­tes de notre Républi­que. Voilà le terrible challenger à affronter jusqu’au 30 juin 2010, échéance annoncée pour la sortie du tunnel.

Kimp/Le Phare


(DN/Milor/GW/Yes)