L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo désigné émissaire spécial de l’Onu dans la région des Grands Lacs a présenté devant le Conseil de sécurité son rapport évaluant la situation des opérations militaires menées dans le cadre de la pacification de l’Est de la RDC
Bien que préoccupée par la crise humanitaire dans l’Est de la RDC, l’Onu a l’intention de réduire son rôle dans la région des Grands Lacs, où un progrès est apparu dans les rapports entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.
Le Conseil de sécurité de l’Onu a exprimé, le lundi 9 novembre sa profonde préoccupation au sujet de la crise humanitaire qui sévit dans l’Est de la RDC et de l’impact des activités militaires sur les civils, a déclaré l’ambassadeur d’Autriche Thomas Mayr-Harting, président du Conseil en novembre.
Le Conseil qui venait d’entendre un rapport d’évaluation de l’émissaire spécial de l’Onu dans la région des Grands Lacs africains, l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, a approuvé la décision de la Monuc de cesser de coopérer avec la 213ème brigade des FARDC impliquée dans les violations de droits de l’homme.
L’envoyé spécial du secrétaire général pour la région des Grands Lacs qui mène depuis un an aux côtés de son co-facilitateur, l’ex-président tanzanien Benjamin Mkapa, des efforts pour aider les parties à trouver une issue aux crises successives, a estimé que le rapprochement entre la RDC et le Rwanda avait eu des résultats positifs pour la paix et la stabilité de la région. L’ancien président nigérian a indiqué la menace que représente la présence des groupes armés dans la région, notamment les FDLR, avait considérablement baissé, grâce aux opérations militaires conduites par les FARDC.
M. Olusegun Obasanjo a dit avoir informé le président Joseph Kabila, de son intention de réduire son rôle actif dans le processus de paix dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs. Il a affirmé aussi que dans un mois, son conseiller spécial dirigerait une équipe en RDC chargée de faire une nouvelle évaluation et que fin janvier 2010, son homologue de l’UA, M. Benjamin Mkapa et lui-même soumettront un rapport définitif aux dirigeants de l’Union africaine.
Rapprochement entre Kinshasa et Kigali
L’envoyé spécial travaille actuellement à transformer son bureau d’appui de Nairobi en un « bureau d’alerte » réduit et spécialisé, qui continuera d’évaluer la mise en œuvre des Accords du 23 mars et le rapprochement régional.
L’envoyé spécial a reconnu qu’il y avait eu des progrès substantiels, dans la mise en œuvre des accords du 23 mars et que le rapprochement entre la RDC et le Rwanda lui donnait un signe d’espoir pour l’avenir. L’Envoyé spécial s’est, en outre, félicité de la conclusion d’accords de coopération économique entre la RDC et le Rwanda et du rétablissement de leurs relations diplomatiques marqué par l’échange d’ambassadeurs entre Kinshasa et Kigali.
Enfin, M. Obasanjo a aussi signalé que le retour structuré des réfugiés et des personnes déplacées continuait à poser problème, même si le nombre de retours spontanés des déplacés a récemment augmenté.
« Le processus de retour des réfugiés dispersés dans le pays voisins de la RDC devra être géré de manière prudente pour éviter une reprise des hostilités entre les communautés des deux Kivus », a-t-il préconisé.
Arrestation à Dungo d’un officier des FARDC ayant violé des consignes militaires
Un officier des Forces armées de la République démocratique du Congo a été arrêté, le lundi 9 novembre 2009, au cachot de l’auditorat militaire de Dungu, dans la province Orientale. On lui reproche le fait de n’avoir pas arrêté, pour besoin d’enquête, deux de ses subordonnés suspectés de meurtre d’une femme et de son enfant d’environ deux ans, précise l’auditeur militaire de ce territoire, cité par radiookapi.net
Selon la chronologie des faits, le drame ayant conduit à la mort de la dame et de son enfant s’est produit, le samedi 7 novembre à 27 kilomètres à l’Est de Dungu, sur la route de Faradje, renseigne la même source. Avant de préciser : « L’officier arrêté est un sous lieutenant. Ses deux subordonnés étaient absents lors de l’appel nominal effectué par leur supérieur quelques heures après le meurtre ».
D’après l’auditeur militaire du parquet détaché à Dungu, l’officier aux arrêts a reçu des instructions pour arrêter ses subordonnés, pour raison d’enquête. Instruction qu’il n’a pas exécutée. C’est pour cette raison qu’il est poursuivi pour violation des consignes, a-t-il indiqué. Le même soir du drame, les deux soldats suspects ont réussi à se soustraire de leur unité pour se volatiliser dans la nature, a également indiqué la même source.
De son côté, la Société civile du territoire de Dungu a fait savoir qu’il y a eu des rescapés lors de ce drame. L’un des rescapés serait admis à l’hôpital général de Dungu pour des soins médicaux. Un autre rescapé, conducteur de moto, est jusque là porté disparu, après avoir été touché par balles.
L’indiscipline et le non respect des ordres de la hiérarchie sont parmi les fautes qui nécessitent des sanctions. C’est pourquoi, les porteurs d’armes sont obligés de se conformer aux exigences de leur profession pour éviter de tomber dans l’insubordination. Un comportement qui, à en croire certains observateurs, dénote un manque de respect à l’endroit de supérieurs.
Louis-Paul Eyenga Sana/T.M./RO/Le Potentiel
(DN/Th/GW/Yes)