Le communiqué que la délégation du FMI en mission en RDC a publié au terme de son séjour présente des félicitations de cette institution financière internationale aux autorités congolaises pour avoir fait réviser l’Accord de coopération sino-congolaise
La mission du Fonds monétaire international (FMI) qui vient de séjourner en RDC du 27 octobre au 10 novembre 2009, sous la conduite de M. Brian Ames, a félicité les autorités congolaises pour les révisions apportées à l’Accord de coopération sino-congolaise, rendant ainsi compatible la viabilité de la dette extérieure de ce pays.
C’est ce qui ressort d’un communiqué de presse du FMI publié mardi soir au terme de cette mission. Le document rappelle que l’objectif principal de la mission a été de discuter avec les autorités de l’impact des récents développements économiques sur le programme économique du gouvernement pour 2009 et le projet de budget 2010 actuellement en discussion au Parlement.
La croissance économique projetée se chiffre à 2,7 % en 2009 suite aux effets de la crise financière mondiale sur l’économie locale. Après avoir baissé de mai à août, l’inflation est remontée en septembre-octobre en réponse à l’augmentation des liquidités et la dépréciation du Franc congolais, qui s’est déprécié par rapport au dollar américain de 35 pour cent entre décembre 2008 et septembre 2009.
Les réserves internationales brutes ont augmenté de leur faible niveau historique de 25 millions de dollars des Etats-Unis en février, à 894 millions de dollars US, à fin septembre, à la suite du décaissement des aides d’urgence de la part du FMI et d’autres partenaires au développement. La source poursuit qu’il s’agit aussi du décaissement de la première tranche du pas de porte au titre de l’Accord de coopération sino-congolais ainsi que des récentes allocations générales et spéciales des Droits de tirage spéciaux (DTS) des FMI en faveur des pays membres.
Dans ce contexte, indique le communiqué, les autorités ont mis en oeuvre leur programme économique pour 2009 de manière satisfaisante jusqu'à fin septembre, avec les recettes et les dépenses de l'Etat en ligne avec les projections. Cependant, le manque de coordination ponctuelle entre le Trésor et la Banque centrale a entravé la gestion des liquidités, résultant en une surliquidité dans l'économie. La mission salue le récent renforcement de la politique monétaire, qui devrait aider à modérer l'inflation ainsi que les efforts en cours pour améliorer la coordination dans la prévision de liquidité à travers des réunions de coordination hebdomadaires plutôt que mensuelles.
Concernant le projet de budget 2010, bien que les développements récents auront un impact sur la valeur nominale des recettes projetées et des crédits de dépenses, ils n'influenceront pas en termes réels la composition de la dépense. Les autorités ont indiqué que tout en demeurant ouvertes à la révision du cadre macro-économique qui soutient le budget, leurs priorités économiques et sociales ainsi que les politiques pour 2010 devraient rester les mêmes.
Les discussions de la mission avec les deux commissions ECOFIN du Parlement ont eu lieu dans le cadre d'un atelier technique, centré sur les changements des hypothèses macro-économiques et leur impact probable sur les recettes, les dépenses et le financement du budget 2010. La mission a apprécié cet échange, particulièrement l'accent qui a été mis sur l'évaluation des risques et des incertitudes dans les mois à venir.
La mission a félicité les autorités pour les révisions apportées à l'Accord de Coopération sino-congolais ainsi rendu compatible avec la viabilité de la dette. Quoique le financement des infrastructures garanti par l'Etat augmentera considérablement les indicateurs du service de la dette extérieure du pays à moyen terme, les services du FMI et de la Banque mondiale n'ont pas estimé qu'il aura un impact important sur la viabilité de la dette à long terme.
Cependant, en cas d'absence d'allègement de la dette, les indicateurs de la dette du pays continueront à présenter un haut niveau de surendettement. Sur cette base, les services du FMI souhaitent demander des assurances de financement de la part des créanciers du Club de Paris concernant le rééchelonnement de la dette officielle de la RDC.
Si tout va bien, l'examen, par le Conseil d'Administration du FMI, de la requête des autorités pour un programme triennal dans le cadre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté, la Croissance pourrait suivre immédiatement après. La mission a rencontré plusieurs activités durant son séjour à Kinshasa.
ACP
(DN/TH/GW/Yes)