Pascal Contet, accordéoniste français virtuose, verse tant dans le répertoire classique que dans le jazz et les musiques extra occidentales est l’invité principal d’Okwess International sur son prochain album (en cours d’enregistrement).

Le concert du 30 octobre à l’occasion de la programmation consacrée aux 10 ans de la présence du Centre culturel français de Kinshasa a permis la rencontre de Jupiter Bokonji et de Pascal Contet).

Quant au public, il a savouré cet échange fructueux et en même temps célébré la pérenne collaboration de Jupiter avec le CCF.

Jupiter Bokondji a ce talent artistique de réactiver les rythmes et mélodies oubliés du grand Congo en y injectant le groove urbain de la grande ville.

Il baptise ce mélange détonnant « Bofenia rock ». Son premier groupe, Bongofolk, fondé en 1983, sera son laboratoire.

En 1990, 1 crée Okwess, un groupe qui va accueillir en son sein des artistes avant-gardistes de talent originaires de toutes les provinces du pays.

Dans les lignes qui suivent les commentaires sur un film Jupiter’Dance qui résume la recherche artistique de ce musicien hors pairs.

Kinshasa, la dérive d’une capitale sans ethnie

Avec 450 ethnies la RD. Congo constitue à elle seule un grand vivier culturel. Elle a une capitale Kinshasa avec 7 millions d’habitants.

Elle se reflète comme une vitrine de cultures entrecroisées Malgré la misère qui accable la musique reste le seul vecteur d’Unité des ethnies constituant la population de cette métropole africaine.

Ces mélanges de sons et des rythmes qui découlent de ce foisonnement des cultures variées, constituent donc la préoccupation de Jupiter.

C’est dans les banlieues de Kin que l’artiste procède à un inventaire de sons. Sans relâche avec des instruments de fortune sortis de ghetto, Jupiter et le groupe Okwess forgent des créations tout en puisant dans la richesse culturelle du terroir.

Il se bombe le torse en anthropologue en quête des sons enfouis dans les traditions. Cette démarche constitue donc a substance d’un documentaire accrochant.

Celui-ci au delà de la recherche artistique de I’artiste et son groupe, II peint aussi la fresque des réalités d’une capitale confrontée à des dures réalités sociales.

L’ oeuvre apparaît un peu lyrique, on se plaint un peu trop comme pour désenvoûter cette misère noire de la banlieue, on s’extasie dans une musique endiablée.

L’ennemi n°1 de toutes ces ethnies qui peuplent Kinshasa, c’est le gouvernement qui n’assure pas te quotidien, le social. C’est au pied de gratte-ciel que l’opposition est farouche.

Comme si cela ne suffisait pas le délestage mêle à la fête avec des coupures d’électricité monnaie courante à Kinshasa. Jupiter ne désarme pas comme autant des Kinois qui vivotent. Il recourt au groupe électrogène.

A Kinshasa. on ne pleure plus des morts, on en compte par centaines de deuil. Plutôt, c’est une grande fête pour célébrer la misère.

On marche aux rythmes de la fanfare pour enterrer des morts, on exhibe des danses traditionnelles d’une manière saccadée à Dieu Léopoldville de nos aïeux où faisait bon vivre.

« Difficile à construire, facile à détruire... » s’écrie es rappeurs face à cette dure réalité. Ce film documentaire Jupiter Dance a été réalisé en 2007.

Saint Herve M’buy/Uhuru


(Ern/BTPKF)