Virtuose de la guitare, Pépé Felly Manuaku Waku est à Kinshasa depuis quelques mois mais invisible au public pour la simple raison qu’il est dans la capitale congolaise pour la réalisation d’un projet. Le « magicien » de la guitare, Pépé Manuaku, prépare la mise en place d’une école de musique au sein de laquelle, seront formés les jeunes qui veulent s’engager dans l’art d’Orphée.

Non seulement la création de cette structure musicale qui le préoccupe mais aussi, le professeur de la guitare est en collaboration avec ses collègues, ancien de Zaïko Langa Langa, pour la réalisation d’un album. Avec le conseiller Efonge Gina et Grand père Bozi Boziana, patron du groupe Anti Choc, ils travaillent en circuit fermé, presque chaque jour.


Dans l’interview qu’il nous a accordé, Manuaku Waku annonce sa première production scénique pour le 18 décembre prochain au Centre Wallonie- Bruxelles de Kinshasa. Suivez

Visa :
Bonjour Manuaku
Pépé Felly Manuaku : Bonjour Visa

Visa : Vous êtes présent à Kinshasa, mais invisible au public. Serait-elle une stratégie pour Pépé Felly?
P.F.M. : Je suis présent à Kinshasa, je suis venu faire un travail qui ne nécessite pas la présence de tout le monde. J’apparaîtrai en public le vendredi 18 décembre prochain au Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa où je donnerai un spectacle musical pour faire plaisir à mes nombreux fans.

Visa :
Nous vous trouvons entourer de Gina Efonge et Grand père Bozi Boziana, vos anciens collègues du groupe Zaïko Langa Langa. Est-ce le même travail évoqué ci-haut que vous le faites ensemble avec eux ?
P.F.M. : Non ! Ma rencontre ou encore les retrouvailles d’antan avec mes anciens collègues de Zaïko Langa Langa, les chanteurs Gina et Grand père Bozi se situe autour de la création musicale. Donc, on est en train de travailler sur un album, cela n’a rien à voir avec mon projet, ni avec le programme qui fait que je sois à Kinshasa.

Visa : Le présent travail avec vos collègues de Zaïko Langa Langa serait-il dans le cadre du groupe « Le Quarto », le clan Langa Langa ou encore une nouvelle structure musicale?
P.EM. : On travaille avec la nouvelle génération et on ne doit pas faire allusion avec la présence des anciens de Zaïko Langa Langa.

Visa : L’album en préparation sera-t-il produit par qui et que sera son titre phare ?
P.F.M. : La préparation de l’album ressemble à celle d’un couple qui prépare la maternité. On ne donne le nom au bébé que lorsqu’il est né. Donc, c’est lorsqu’on sera vers la fin du studio que nous donnerons le titre de l’album.

Visa : Grand père Bozi, le Conseiller Efonge Gina et le « sorcier » de la guitare forment un trio dans une œuvre. Cette union ne donnera-t~elle pas un nouveau nom en dehors de celui des anciens de Zaïko L.L.?
P.F.M. : Je crois que les noms de Bozi, Gina et Manuaku forment déjà un cachet, une marque déposée. Pourquoi devons ­nous encore chercher une autre appellation. On n’en a pas besoin car, en Europe je me produis avec le nom de Pépé Felly et Fend.

Visa : Il semblerait que Pépé Felly entretiendrait un groupe à tendance folklorique pour accéder à la World Music ?
P.EM. : Avant mon départ de Kinshasa, je faisais déjà la world music avec «  Les ya Toupas » depuis 1977. C’est faux, Manuaku n’entretient pas un groupe de ce genre. Je suis à Kinshasa pour installer une structure pour la formation des jeunes. Pour la jeunesse qui aspire à la musique, je suis venu apporter ma petite contribution. Dieu me donnant cette vocation de former les jeunes talentueux, je dois l’exercer comme il se doit et dans les normes qu’il faut.

Visa : Vous parlez de l’encadrement et de la formation des jeunes dans la vocation musicale qui demande beaucoup de moyens financiers et matériels. Bénéficiez-vous d’un partenariat d’une organisation quelconque ?
P.F.M. : C’est une école que je suis venu implanter au pays pour la formation des jeunes. Je travaille avec Music Fende qui est une association basée à Bruxelles en Belgique qui m’impose cette lourde tâche. Bien que j’apparais seul, je ne suis pas seul, il y a d’autres personnes que j’appelle les héros dans l’ombre.

Le temps que j’ai passé en Europe m’a appris à faire des choses ensemble car, dit-on, l’union fait la force. Quand on est seul, on limite aussi des possibilités.

Visa : A quand le début de la formation ?
P.F.M. : On est en train de produire les structures juridiques et matérielles qui vont prendre le temps qu’ils prendront et on peut démarrer quand les choses seront prêtes.

Visa : C’est de cette formation que sortira la personne qui va hériter le style Manuaku ?
P.F.M. : Il y a mon fils Gaël Manuaku qui étudie déjà le style Manuaku à l’université. Il est au Conservatoire, il travaille sur mon style.

Visa : Grand Zaïko Wawa cédé à Pépé Tumba par Pépe Manuaku. Le confirmez-vous et si oui, pourquoi ?
P.F.M. : Je le confirme. Tout simplement parce que Pépé Tumba est un frère, il m’a demandé la marque Grand Zaïko Wawa et je l’ai cédé. Il est artiste musicien, il compose bien et il chante bien. C’est pourquoi je lui ai cédé la marque Grand Zaïko Wawa.

Visa : Que sera l’apport de Pépé Felly à Pépé Tumba pendant l’utilisation de la marque Grand Zaïko Wawa ?
P.F.M. : En lui cédant la marque Grand Zaïko Wawa, mon apport se limite là. C’est déjà quelque chose de grand et de plus important. Dans son parcours s’il a besoin de moi, je n’hésiterai pas et j’irai les yeux fermés.

Visa : On peut dire, Grand Zaïko Wawa appartient au passé pour Pépé Felly ?
P.F.M. : On peut le dire mais cela appartenait au passé je n’allais pas lui céder cette marque ou ce label Grand Zaïko Wawa à pépé Tumbas. Comme la marque continue à exister, ça signifie qui le nom n’appartient pas au passé.

Visa : Lors de votre prestation sur scène au cours de la présentation de l’album « Crise financière » de Bozi à Limete, on a senti une parfaite amélioration de la guitare de Manuaku dont les notes sont jouées avec finesse qu’avant votre départ en Europe. Le secret ?P.F.M.: Le temps que j’ai passé en Europe m’appris beaucoup de choses. J’ai fait de grandes scènes et au cours des dernières années, j’ai enseigné la musique a l’école secondaire aux élèves de et 8ème et 9ème. Donc, ce n’est que normal que je puisse connaître cette finesse des notes et jusqu’aujourd’hui, je continue à apprendre.

Visa : Pépé Manuaku est un artiste non seulement de la musique, mais aussi un véritable peintre. Avez-vous abandonné le pinceau et la peinture ?
P.F.M. : Je n’ai pas abandonné. Bien que le temps ne me donne pas l’occasion d’exposer mes œuvres à cause de productions musicales qui m’accablent, les tableaux réalisés par Corel Drow seront exposés incessamment. Quand je serai calme, j’organiserai une grande exposition qui va attirer autant de monde.

Visa : la conclusion de Pépé Felly Manuaku Waku ?
P.F.M. : Présent  à Kinshasa mais absent du public comme vous l’avez dit au début de l’entretien, Pépé Manuaku va apparaître en public le vendredi 18 décembre prochain au Centre Wallonie Bruxelles de Kinshasa. Le public qui veut me voir n’a qu’à être-là ce soir.

B.G/Visa


(Tkm/BT/PKF)