Le ministre Esdras Kambale est revenu sur son cheval de bataille ayant trait à la lutte contre les anti-valeurs. Pour le ministre de la culture et des arts, la musique ne doit pas contribuer à la dépravation des mœurs, à la détérioration de l’image de la femme.
Le Ministre de la Culture et des arts, Esdras Kambale a procédé, lundi 2 novembre au Jardin de son ministère, au lancement officiel des cartes biométriques pour l’identification et le recensement des artistes congolais. Cette carte biométrique a un délai de validité de trois ans. Les artistes congolais ont trois mois pour se faire identifier au ministère de la Culture et des arts.
Cette carte a l’avantage d’être sécurisée, infalsifiable et numérotée. Donc, chaque artiste congolais aura droit à un numéro personnel, avec l’avantage de suivre sa traçabilité. Pour l’obtenir, l’artiste doit remplir une fiche d’identification reprenant certaines rubriques.
Le Secrétariat général du ministère de la culture et des arts détient le pouvoir d’approuver la qualité et l’expertise du potentiel détenteur de la carte d’artiste. Et, après cette opération, l’artiste aura à verser 25 Usd comme montant à payer pour la délivrance de sa carte. L’expertise pour l’impression de ces cartes biométriques est assurée par une société belge Semnex.
Et, dans le 25 Usd; 10 Usd sont versés pour le compte du trésor public via la DGRAD. Le 15 Usd restant reviennent à la société belge ; avec une rétrocession de 10% pour la mutuelle des artistes.
Pour le ministre Esdras Kambale, cette carte d’artiste fait partie des actes générateurs de recettes. La délivrance de ce document annule la multiplicité de cartes d’artistes existants en circulation.
Une situation occasionnait l’anarchie et un manque à gagner pour le Ministère de la culture et des arts. La nouvelle carte quant à elle, va permettre au ministère d’être pourvu d’une banque des données importante à la suite de cette identification fiable de chaque artiste congolais. Et, ce répertoire sera disponible sur Internet pour une éventuelle vérification.
Cette démarche administrative découle du séminaire des ministres des cultures des pays ACP initié dernièrement par l’Union Européenne qui a lancé entre autre, une sonnette d’alarme sur l’identification des artistes.
A l’issue de cette rencontre des ministres de culture des pays ACP, la RD Congo a été pointé du doigt à la suite de l’anarchie qui multiplicité des cartes d’artistes.
Un Bureau des droits d’auteur en gestation Kinshasa
Au cours de ce point de point de presse, le ministre Esdras Kambale a épinglé aussi la situation de la liquidation de la Soneca. Il ressort de cette société plusieurs remous ayant trait à sa gestion et à son existence.
Créée en 1970 pour une durée de 30 ans, ces sociétaires n’ont pas pu proroger son existence. La Soneca devrait donc être dissoute pour la création d’une autre structure de gestion des droits d’auteur en RD Congo.
Un premier temps, un comité de liquidation était mis en place pour gérer des affaires courantes. De ce comité, il ressort, selon le ministre de la culture et des arts, une gestion catastrophique. Face à cette situation, le ministre vient de diligenter un audit pour voir clair sur la gestion de cette société des droits d’auteur congolais en liquidation.
Le ministre a promis des sanctions à l’encontre de mauvais gestionnaires. A la fin de cette liquidation, le ministère de la culture et des arts envisage, d’ores et déjà, la mise sur pied d’une nouvelle structure des droits d’auteur.
Le ministre de la culture, prévoit, à cet effet, la création du Bureau national des droits d’auteur, en sigle Bunada.
Au cours de cette rencontre avec la presse et les artistes toutes tendances confondues, le ministre Esdras Kambale est revenu sur son cheval de bataille ayant trait à la lutte contre les anti-valeurs. Pour le ministre de la culture et des arts, la musique ne doit pas contribuer à la dépravation des mœurs, à la détérioration de l’image de la femme. La musique doit plutôt contribuer à la lutte contre les anti-valeurs.
« Nous devons aider la commission de censure, … la vraie censure doit résider dans la tête de l’artiste lors de la conception de son œuvre », a indiqué le ministre. Cette réforme dans l’octroi de cartes d’artiste vient d’apporter une petite avancée dans les griefs exposés par les artistes dans le chapelet de leurs préoccupations.
Les artistes réclament encore le statut de l’artiste. A ce sujet, le ministre a rassuré les artistes en ces termes qu’il existe déjà une ébauche de ce statut dans son cabinet. « Nous travaillons sur un projet sur le statut de l’artiste. Le moment voulu, il sera soumis aux artistes pour d’éventuels échanges et appréciation », a indiqué le ministre de la culture et des arts.
Saint Hervé M’buy/Uhuru
(Tkm/BT/PKF)