Le Premier ministre A. Muzito s’est entretenu avec les présidents des Assemblées provinciales sur les préoccupations qu’ils lui ont exprimées en rapport avec l’application de la décentralisation pour des entités appelées à se prendre en charge alors que les moyens quant à ce ne sont pas conséquents
Un passionnant et fructueux échange d’idées a eu pour acteurs le Premier Ministre Adolphe Muzito d’une part et d’autre part, les présidents des Assemblées Provinciales. Le menu du tour s’est articulé autour d’un sujet archiconnu : la maximisation des recettes. A ce propos, le chef du gouvernement a exhorté les « patrons » des parlements provinciaux à s’inscrire à l’école de l’auto- prise en charge, notamment en actionnant les mécanismes nécessaires à l’accroissement des moyens financiers que requiert la reconstruction de leurs entités respectives.
Franc et réaliste, Adolphe Muzito leur a fait savoir que le Budget national était insuffisant pour répondre aux besoins de chaque province dans les secteurs du social de l’économie, des infrastructures et autres. En clair, la matérialisation des objectifs des 5 chantiers de la République serait impossible dans l’arrière-pays. Si les gouvernements et parlements provinciaux ne remplissent pas leur part du contrat des performances dans la mobilisation des recettes publiques.
Pour ce qui le concerne, le Premier ministre a réitéré sa volonté de s’investir totalement dans la recherche des solutions à leurs préoccupations relatives au « fonctionnement ». S’exprimant au nom de ses pairs, le doyen d’âge des présidents des Assemblées provinciales, Alidor Denis Kabuba (Kasaï Oriental) a résumé ces doléances en termes de retards dans le versement des dividendes résultant de la rétrocession, de révision à la baisse des « enveloppes » budgétaires libérées sous cette rubrique, de cumuls d’arriérés, de non tenue de la promesse de formalisation d’un ordre permanent de paiement de la rétrocession par le système bancaire, conformément à une résolution de la conférence des gouverneurs de provinces organisée à Kisangani.
S’agissant de la baisse de la cagnotte rétrocédée aux provinces, le Premier ministre l’a imputée à la faiblesse générale des recettes du Trésor Public pendant une bonne partie de l’année 2009, pour des raisons de conjoncture que personne n’ignore. Il a promis une amélioration des états de paie dès que les indicateurs économiques et financiers vireraient sensiblement au « vert » qui s’observe depuis un certain temps au pays.
Le discours sur l’auto prise en charge rappelle aux compatriotes une recette fort prisée à l’époque de M’zée Laurent Désire Kabila, relayée par son fils, Joseph Kabila, à la faveur des 5 chantiers de la République dont certains pensaient qu’ils devraient être totalement financés par les bailleurs extérieurs.
Tout récemment encore, à l’occasion du sommet de la SADC à Kinshasa, le Président de la République a exhorté nos compatriotes à ne pas trop compter sur la « manne » éventuelle que cette institution ferait tomber sur les terres congolaises. A demi-mot, les présidents des Assemblées Provinciales ont compris que tout ne devrait pas venir de Kinshasa.
Kimp./Le Phare
(DN/TH/GW/Yes)